« Les Nombrils T6 : Un été trop mortel » par Delaf et Dubuc

Le 25 janvier 2006 paraissait chez Dupuis « Pour qui tu te prends ? », premier tome d’une série tout public, mettant en scène deux adolescentes, très centrées sur elles-mêmes, donc sur leur apparence et leur nombril. Jenny et Vicky, toujours impeccables, sont prêtes à tout pour qu’on les remarque, y compris à piétiner les autres.
Cette série made in Québec a vite trouvé un public très large, séduit par le ton, l’humour acide, le graphisme efficace et coloré et le regard juste que Marc Delafontaine, le dessinateur, et Maryse Dubuc, la scénariste, portent sur l’univers impitoyable de l’adolescence.

Les Nombrils 6 page 6

Dans la famille « Nombrils », il y a le duo de base infernal, Vicky et Jenny, inséparables, exaspérantes et parfois méchantes.

Autour d’elles, gravitent Karine, leur « meilleure amie » qu’elles maltraitent sans aucun scrupule, Dan, volage et vaniteux, John John, le motard de service, joli garçon stupide, Mélanie, la jolie lycéenne qui pourrait se révéler fort dangereuse pour nos deux pimbêches potiches, Murphy, le dépressif boutonneux. L’on rencontre aussi Hugo, le rondelet amoureux de Jenny, Albin, leader du groupe « Albin et les albinos », personnage trouble et manipulateur, et enfin Mégane, rebelle gothique et nouvelle voisine de Vicky. Tout ce petit monde joue au théâtre de la vie : ils s’observent, s’épient, s’attirent, se fâchent, se « likent » et s’aiment au gré de leurs humeurs et amours.

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Après une première page dédiée au résumé des épisodes précédents, ce sixième volume s’ouvre sur une scène estivale et ensoleillée. Vicky et Jenny sont à la plage, inaugurant ainsi leurs nouveaux mini maillots de bain et prenant enfin le temps de lire des ouvrages passionnants, comme « Séduire à coup sûr ». C’est aussi l’occasion pour elles d’évaluer leurs capacités de séduction en face des beaux surfeurs musclés. De son côté, Karine, la longiligne à la voix magnifique, est accaparée par les répétitions avec Albin et les musiciens.

Mais cette félicité est bientôt troublée par plusieurs grains de sable : un camp d’anglais obligatoire pour Vicky, un plan ourdi pour Albin et ses comparses pour séparer Karine de ses deux amies insupportables, James, un nouveau voisin magnifique, que Vicky et sa sœur Rébecca vont se disputer, Mégane, la sœur de James, qui tente de convertir Vicky à sa vision de la société, et puis enfin un danger qui plane. Bref, un été vraiment … mortel.

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Le nouvel opus toujours très coloré et enjoué, est riche de nombreux rebondissements, de retournements, d’espoirs déçus et d’amours contrariés. Dans ces pages denses en texte au dessin vif, on s’amuse à suivre les démêlés de Vicky, on s’exaspère devant l’insupportable Jenny, on grince parfois devant l’inconséquence de ces ados décoratives et leur manière de parler. Mais derrière l’apparente superficialité des personnages, se glissent quelques notations intéressantes sur notre société occidentale où le paraître et l’avoir priment sur l’être et où la tendresse peut tout de même adoucir le propos.

Tome 2 : « Sale temps pour les moches » (janvier 2007) – Le tome 3 : « Les Liens de l’amitié » (mars 2008) – Tome 4 : « Duel de belles » (septembre 2009) – Tome 5 : « Un couple d’enfer » (novembre 2011)

Catherine GENTILE

« Les Nombrils T6 : Un été trop mortel » par Delaf et Dubuc

Éditions Dupuis (10,60 €) – ISBN 978 2 801 5716 0

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