« The Silver Age of DC Comics : 1956-1970 » par Paul Levitz

Les fans de l’univers DC sont aux anges depuis cette année grâce à l’éditeur Taschen qui a commencé une réédition augmentée en 5 volumes du monumental « 75 Years of DC Comics » paru fin 2010… Après « The Golden Age of DC Comics » dont je vous avais parlé ici-même lors de sa sortie, « The Silver Age of DC Comics » continue aujourd’hui l’aventure…

Cette édition est un vrai bonheur, constante dans sa qualité éditoriale et sa profusion d’images toutes plus sublimes les unes que les autres. Selon la même logique que les autres volumes, cet album s’ouvre par une interview d’une figure emblématique de la période traitée. Pour le Silver Age, c’est le grand Neal Adams que Paul Levitz est allé interviewer, l’homme ayant été l’un des artistes les plus importants de cette époque par la révolution visuelle qu’il apporta, vous le savez. L’interview est relativement courte, mais elle donne un bon éclairage sur la manière dont Adams entra – puis sortit avant d’y revenir – dans le monde des comics. Puis Paul Levitz introduit l’iconothèque magique de l’ouvrage par un texte qui revient sur l’histoire de DC à l’époque, nous parlant autant – voire plus – des personnes qui ont fait l’industrie DC que des personnages de papier, offrant par cela une meilleure connaissance globale, contextuelle, de l’histoire des comics aux lecteurs et aux fans. Le talent de concision et de clarté de Paul Levitz rend son texte passionnant, riche de noms et de faits qui n’avaient souvent été traités que sous un seul angle succinct, réussissant à faire revivre l’époque et le genre par des anecdotes relatant des événements fondateurs et fondamentaux. Ainsi, il sera question de choses aussi variées que le contexte du milieu des années 50, le damier qui ornera un moment le haut des fascicules DC, l’arrivée de Neal Adams, la réaction de Goodman face à Liebowitz (qui aura pour conséquence l’explosion créatrice de Marvel), ou bien encore la fameuse série TV de Batman au milieu des années 60, le développement du fanzinat, le statut des dessinateurs et des auteurs, l’évolution des titres DC, le changement de format de la planche originale, le rôle primordial de Carmine Infantino quant à l’identité visuelle de DC, etc., etc…

 

La bibliothèque visuelle qui s’ensuit sur des centaines de pages est toujours aussi merveilleuse, ne laissant de côté aucun genre et donnant donc un bon aperçu de l’éclectisme de DC qui publiait bien d’autres choses que « Superman ». C’est avec un immense plaisir qu’on peut alors admirer les sublimes couvertures de titres tels que « Strange Adventures », « Mystery in Space », « House of Mystery », « The Unexpected » ou encore celles des comics de romance, de western ou de guerre… Bien évidemment, les super-héros DC sont tous là, de Superman à Batman en passant par Wonder Woman, Metamorpho, Flash, les Metal Men, Deadman, Green Lantern, Hawkman, Atom, Aquaman, les Teen Titans, etc. ! Outre les couvertures, de nombreuses splash pages et autres reproductions de cases ou de planches ornent aussi l’ouvrage, souvent en grand format, impeccablement restaurées car non pas dans l’excès. De même, des photos d’époque parfois truculentes constituent un complément parfait aux œuvres reproduites, aidant à replacer les choses dans leur contexte ou témoignant avec force de l’atmosphère de l’époque. Affiches, publicités, cartes, annonces et autres documents photographiques s’ajoutent avec délice à la liste… Certaines « sections » sont aussi consacrées à de grandes figures de DC, comme Carmine Infantino, Gil Kane, Mort Weisinger, Curt Swan, Wally Wood, Joe Kubert, Steve Ditko, et… Neal Adams, bien sûr ! Bref, une Bible que tout fan se doit d’avoir, inutile de le préciser…

Cecil McKINLEY

« The Silver Age of DC Comics : 1956-1970 » par Paul Levitz

Éditions Taschen (39,99€) – ISBN : 978-3-8365-3578-6

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