« Warlord » T1 par Kim Sung Jae et Kim Byung Jin

Avec « Warlord », l’éditeur Ki-oon nous prouve qu’il n’y a pas que le Japon qui est capable de faire de bonnes histoires mélangeant le fantastique et la fantasy. Ce projet dû à deux artistes coréens démarre très fort. Dès les premières pages, on est dans l’ambiance avec ces enfants transis de froid, résignés à mourir. Les amateurs de baston et de monstres sanguinolents devraient y trouver leurs compte…

Comme toute bonne aventure d’heroic fantasy, l’histoire commence par une quête. La princesse Arasol, entourée de ses meilleurs guerriers part à la recherche de la cité mythique d’Arkanzel. C’est soi-disant en haut d’une montagne que le royaume du roi Bayren est juché. Il vit dans une forteresse imprenable avec ses troupes de mercenaires : de redoutables guerriers prêts à en découdre à la moindre demande sonnante et trébuchante. La princesse a besoin de leur aide afin de combattre les démons qui ont envahi son royaume. Depuis qu’ils sont là, le pays est en proie à la désolation et la mort est plus qu’une délivrance pour son peuple. Bien décidée à changer le cours de l’histoire, elle va se rendre compte que louer les services des guerriers légendaires de Bayren n’est pas aussi aisé que cela peut paraître. Quand en plus, se greffent complots politiques et autres magouilles fourbes, on se rend bien compte qu’elle n’est pas au bout de ses surprises.

Kim Byung Jin (aux dessins) et Kim Sung Jae (au scénario) se sont rencontrés dans le même club de graphisme, alors qu’ils n’étaient encore que des adolescents. En France, nous avons découvert ce duo avec la série « Chonchu », un manhwa (manga coréen) en 15 tomes publié chez Tokebi. Leur collaboration était d’un tel niveau qualitatif qu’ils se sont fait repérer par l’éditeur japonais Square Enix et ils ont eu une proposition qui ne se refuse pas : adapter le jeu vidéo « Final Fantasy XI » en bande dessinée. Du coup, le tome 15 de « Chonchu », dernier de la série, se finalise malheureusement sur un gros clifhanger. Il est toujours question que les auteurs reprennent cette histoire afin de lui donner la conclusion qui s’impose. Pour le moment, ils travaillent sur « Warlord », dont quatre volumes sont déjà parus. L’histoire est toujours en cours et se situe dans la plus pure tradition de ce qui se fait au Japon chez l’éditeur Square Enix, même si leurs origines ne trompent pas. Les deux auteurs peuvent être fiers car leurs travaux sont reconnus dans plusieurs pays ; d’ailleurs, le ministère de la culture coréen ne s’y est pas trompé en leur décernant le Today’s Manhwa Award, en 2012, pour cette nouvelle série. Ils l’avaient déjà reçu du temps de « Chonchu ».

Avec un graphisme anguleux, mais réaliste, Kim Byung Jin sait retranscrire à merveille des scènes violentes et dynamiques. Ses personnages sont charismatiques et même si on peut avoir un doute sur le sexe de la princesse Arasol lors de sa première apparition, la suite, elle, n’offre aucune ambiguïté. Les guerriers sont majestueux et les démons imposants. On sent bien la force de chaque coup et la puissance inégale des combattants face à cette meute démoniaque qui les assaillent de partout. Ce premier volume se passant quasi exclusivement dans la montagne, les décors sont du coup assez inexistants. On voit bien que c’est l’action qui prime. Pourtant, la trame scénaristique de « Warlord » ne se résume pas à un simple enchaînement de combats. Derrière cette invasion de démons sanguinaires se cache un complot qui entrecoupe intelligemment les scènes de violences : ceci afin de dévoiler une machination politique bien plus importante qu’il n’y paraissait au départ pour asseoir le pouvoir d’une minorité illégitime.

Ce titre est assurément ce qui se fait de mieux en matière de fantasy actuellement. Les fans du genre ne peuvent absolument pas passer à côté. S’il faut près de la moitié de ce premier tome pour que l’histoire se mette en place, la suite laisse entrevoir une quête pleine de rebondissements.

Gwenaël JACQUET

« Warlord T1″ par Kim Sung Jae et Kim Byung Jin
Éditions Ki-oon (7,65 €) – ISBN : 978-2-35592-523-8

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