COMIC BOOK HEBDO n°93 (17/10/2009)

Cette semaine : CONAN LE BARBARE?

LES CHRONIQUES DE CONAN 1977 (éditions Panini Comics).
Les éditions Panini continuent d’éditer la superbe série des Chroniques de Conan, le dernier en date étant ce quatrième volume couvrant l’année 1977. Une année entièrement réalisée par nos deux compères Roy Thomas et John Buscema, duo talentueux s’il en est ! Donc rien d’étonnant à ce que les pages de ces Chroniques soient d’une si belle facture, et que les récits d’Howard aient été ainsi respectés dans leur esprit. Le texte de Lin Carter qui ouvre l’ouvrage revient d’ailleurs sur le succès de Conan dans les pages de Weird Tales et le parcours tragique de Robert E. Howard, auteur étonnant qui se suicidera à l’âge de 30 ans alors que son personnage d’heroic fantasy était en train de le mener vers une belle destinée. Les adaptations de Thomas que nous pouvons lire dans le présent album reprennent quelques textes importants d’Howard, dont The People of the black circle, la plus longue saga du Barbare, qui ici s’étale tout de même sur presque 120 pages. Saga où Conan va croiser la route de Yasmina, princesse en danger dont il va tombé amoureux. Mais l’amour Barbare est souvent soumis à de sombres sortilèges et des cheminements où le muscle initiatique est le bienvenu. Sorciers, esclaves, guerriers, califes et cavaliers assoiffés de sang, Conan va devoir braver bien des dangers avant de retrouver sa belle… et anéantir les plans de ces mystérieux hommes du cercle noir. Vous pourrez ensuite lire quatre histoires plus courtes où Conan va affronter une immonde créature reptilienne et rencontrer des créatures féminines tout aussi dangereuses, à leur façon… Et à sa façon à lui, il aidera ensuite Amalric et Lissa, couple courageux qui doit combattre séparé afin de se retrouver après quelques vilains sortilèges… Puis il fera un petit bout de chemin avec la belle Sancha, sur mer comme sur terre, avec cité pleine de monstres perdue dans la jungle sauvage au bout du voyage… Enfin, vous lirez l’extraordinaire et très étrange The Tower of the Elephant où les créatures animales les plus inquiétantes vont vous plonger dans de grands délires. Je ne vous dirai rien de plus sur tous ces récits, pour les raisons habituelles que vous savez… Par contre, réjouissons-nous particulièrement de la reproduction des couvertures originales en fin de volume, car elles sont vraiment magnifiques, c’eut été dommage de ne pas voir ça ! Et puis, je ne peux finir cette chronique sans parler encore une fois du superbe travail d’encrage qu’opère Alfredo Alcala sur les dessins de Buscema : c’est à tomber par terre. Comparez avec l’encrage plus simple de Sonny Trinidad. Bon, on peut apprécier, mais franchement, à côté des merveilles encrées d’Alcala, le reste semble bien faible, même si parfois on ressent quelques échos hogarthiens. Alfredo Alcala transcende totalement le dessin de Buscema en l’amenant là où personne d’autre ne l’avait amené : un rendu de gravure à la Hetzel, presque, parfois, dans un sens de la hachure, des rayures, du contraste, des volumes et des reliefs qui laissent pantois d’admiration. Mon dieu c’que c’est beau… De ces dessins qu’on pourrait regarder des jours entiers sans arrêté d’être estomaqué par la beauté du travail d’enlumineur d’Alcala : bravissimo, maestro !

Cecil McKINLEY

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