JE BOUQUINE

On parle rarement du mensuel Je Bouquine dans les revues ou sur les sites spécialisés?

Et pourtant, destiné principalement aux collégiens, Je Bouquine est un excellent magazine du groupe Bayard Presse (au format, pratiquement constant à quelques exceptions près, avoisinant les 18 x 22 cm.) qui a toujours fait la part belle à notre moyen d’expression favori : d’autant plus que, depuis le n°292 de juin 2008, il contient même, carrément, une quarantaine de pages de bandes dessinées, dont un classique de la littérature adapté par quelques grands noms du 9ème art et accompagné d’une courte présentation de l’auteur d’origine.

Dans la plupart des cas, il s’agit de reprises du fonds de l’éditeur Adonis comme « Robinson Crusoé » par Jean-Christophe Vergne et Christophe Lemoine au n°292, « Un conte de Noël » par Jean-Marc Stalner et Patrice Buendia au n°298, « Madame Bovary » par Michel Janvier et Daniel Bardet au n°299, « L’Île au trésor » par Jean-Marie Woehrel et Christophe Lemoine au n°302, « Tartarin de Tarascon » par Pierre Guilmard au n°303, « Contes des mille et une nuits » par Rachid Nawa et Daniel Bardet au n°304… ; ou même d’inédits prévus pour cet éditeur (diffusé par Glénat) qui a, manifestement, énormément réduit sa cadence de production et ses ambitions : « L’Odyssée » par Miguel Lalor Imbiriba et Christophe Lemoine au n°295, « Voyage au centre de la terre » par Frédéric Garcia et Curd Ridel au n°296, « Le Capitaine Fracasse » par Bruno Marivain, Jean-Blaise Djian et Philippe Chanoinat au n°297, « Guerre et paix » par Thomas Campi et Frédéric Brémaud au n°300 et 301, « Le Livre de la jungle » par Tieko et Jean-Blaise Djian au n°307…

On peut aussi y trouver quelques reprises (« Le Scarabée d’or » de Jacques Ferrandez au n°293 et « Les Quatre de Baker Street » par David Etien, Jean-Blaise Djian et Olivier Legrand au n°305) ou ré-exploitations (signées Pierre Wazem et Denis Lapière,

Christian Perrisin et Michel Pierret ou Bruno Rocco et Benoît Marchon) du temps de la formule précédente : quand les adaptations de romans en bande dessinée étaient des créations commandées par Je Bouquine, mais qui ne comportaient qu’une dizaine de pages.

Équivalent de J’aime lire réalisé pour les 7-10 ans et complément du généraliste Okapi (revues publiées par ce même éditeur qui lança ensuite, sur le même modèle, DLire pour lecteurs pré-adolescents), ce périodique propose également, dans chaque numéro, un roman inédit dû à des écrivains aussi célèbres que Jean-Philippe Arrou-Vignod, Brigitte Aubert, José-Louis Bocquet, Maryse Condé, Marie Desplechin, Anna Gavalda, Alain Gerber, Christian Grenier, Jean-Marc Ligny, Jacqueline Mirande, Patrick Modiano, Marie-Aude Murail, Pierre Pelot, Daniel Pennac, Huguette Pérol, Anne-Marie Pol, Patrick Süskind, Didier van Cauwelaert ou encore Joëlle Wintrebert : collaborateurs réguliers de ce mensuel.

Ces écrits sont souvent illustrés par des grands du 9e art (surtout au début où l’on pouvait trouver les signatures de Philip Caza, Fred, Paul Gillon, Philippe Berthet, Jacques Ferrandez, Michel Blanc-Dumont, Vittorio Giardino, Yves Chaland, André Juillard,

Claude Lacroix, Frank Margerin, Daniel Ceppi, Christian Rossi, Alexandre Coutelis, Jean Solé, Francis Carin, Arno, Pierre Frisano, Tito, Victor de la Fuente, Laurent Vicomte, Didier Convard, Colin Wilson, Frank Le Gall, Jean-Louis Tripp, Michel Faure, Andreas, Éric Warnauts, Ruben Pellejero, Jean-Pierre Gibrat, Philippe Adamov, Michel Crespin, Dupuy et Berberian, Jacques de Loustal, François Avril, Serge Clerc, Philippe Gauckler, Jacques Tardi, Stan et Vince…) ou, plus récemment, par des graphistes BD qui se sont fait également remarquer dans l’illustration jeunesse (Yvan Pommaux, Jean-Claude Götting, Myles Hyman, Stanislas, Olivier Balez, Frédéric Rebena, Jeanne Puchol, Walter Minus, Nicolas Wintz, Louis Alloing, Martin Matje qui en fut le directeur artistique pendant une longue période, Benjamin Bachelier, Daphné Collignon, Régis Lejonc, Anne Simon, Erwann Surcouf, Patricia Lyfoung, Vanyda, Arnaud Monin…).

Signalons également une rubrique sur l’actualité culturelle (livres, films et musique), des feuilletons illustrés par Catel (« Marion »)

et Lucie Durbiano (« Quatre sœurs »),

ainsi que quelques bandes dessinées humoristiques, lesquels complètent ce très intéressant magazine : ainsi retrouve-t-on « James Bonk » par Manu Boisteau et Paul Martin (créé en 1995) ou « Pat’Bol » par Anne Guillard (créé en 2005) dans chaque numéro, d’amusantes séries qui ont succédé à « Pierrot, Blochon & Tom » de François Avril et Olivier Kuntzel (1984) puis Yann (1985), « Barnabé envoyé spécial » (1986) ou « Big Bang Orchestra » (1988) par Philippe Bercovici et François Corteggiani, « Raphaël et les timbrés » par Jacques Sandron et Raoul Cauvin (1986),

« Radio Bahut » par Franck Isard, Jean Léturgie et Xavier Fauche (1987), « Nabuchodinosaure » par Roger Widenlocher et Herlé (1989), « Le Journal d’Henriette » par Philippe Dupuy et Charles Berbérian (1995), « Rebecca bouquine » par Martin Matje et Jean-Claude Götting (1995), « Aventures sur Mars » par Lewis Trondheim, « Grand vampire » par Joann Sfar (2002), « Léo & Léa » par Tim Tirabosco et Véronique Grisseaux (2003), « De cape et de crocs » par Jean-Luc Masbou et Alain Ayroles (2004), « Mayo » par Soledad » (2004), « Focu » par Diego Aranega (2004), « Double Pote » par Moniri et Didier Levy (2004), « Le Chat » par Philippe Geluck (2005), « Aya de Yopougon » par Clément Oubrerie et Marguerite Abouet (2006)…, et même à un manga de Jirô Taniguchi datant de 2005 (« Retour à la mer ») : trente-sept pages publiées dans le n°264 de février 2006, puis en album chez Casterman dans le recueil « L’Homme de la toundra ». Enfin, il ne faudrait pas oublier les dessins d’humour inédits de Jean-Jacques Sempé qui ont été publiés sur en deuxième et troisième de couverture, dans les premiers numéros, pendant quelques années !

Les plus curieux d’entre-vous pourront se reporter au tableau récapitulatif de toutes les adaptations littéraires en bandes dessinées proposées depuis le n°1 – cliquer ici : Je Bouquine

En découvrant l’incroyable quantité de noms de dessinateurs et de scénaristes importants (car ayant contribué à donner ses lettres de noblesse au 9e art) présents dans ce listing, vous constaterez, alors, que Je Bouquine est bien une revue de qualité que les amateurs de bandes devinées ne devraient pas sous-estimer !

Gilles RATIER

 

Galerie

Les commentaires sont fermés.