PLUS DE LECTURES BD DU 29 JUIN 2009

Comme ça sent les vacances, voici une sélection de la semaine pas trop prise de tête : ? Tony Corso T.5 : Vendetta ? par Olivier Berlion, ? Robin T.1 : Les Trois bâtards ? par Héloret et Pierre Boisserie et ? Britten et associé ? par Hannah Berry.

- ? Tony Corso T.5 : Vendetta ? par Olivier Berlion – Editions Dargaud (10,40 Euros)

Le détective privé toujours paré de chemisettes à fleurs peu discrètes, et dont la devise est « Si l’argent ne fait pas le bonheur, nul doute qu’il fasse le mien », reprend son activité sur la Côte d’azur… Et nous en sommes ravis ! Ce polar pas comme les autres, qui ne nous présente pas moins de deux enquêtes en parallèle, nous plonge, cette fois-ci, dans l’univers de la mafia, à travers une affaire où notre beau brun ténébreux, au langage cru et direct, va revivre un passé douloureux : un ami paparazzi l’appelle au secours car il a été confronté au meurtre d’une star montante du football italien, assassinée par un groupe de mafiosi. Tony quitte alors Saint-Tropez et la Jet Set pour Rome, une ville qu’il a dû fuir avec son père, trente ans plus tôt, suite à l’assassinat de sa mère membre des brigades rouges… Dialogues cyniques et drôles à souhait (même si le ton de ce nouvel opus est nettement plus grave que les précédents), découpage séquentiel (servant remarquablement bien une narration fort originale) et graphisme affirmé de plus en plus réaliste et efficace (très proche du style utilisé par certains dessinateurs américains comme Butch Guice) sont devenues les marques de fabrique d’Olivier Berlion : certainement l’un de nos plus inventifs dessinateurs francophones (sur le plan de la BD dite « classique ») qui nous prouve, album après album, qu’il est aussi un véritable « auteur complet » , son personnage prenant, quant à lui, de plus en plus d’épaisseur et d’humanité !

- ? Robin T.1 : Les Trois bâtards ? par Héloret et Pierre Boisserie – Editions 12 bis (13 Euros)

Voilà un récit d’aventures historiques classiques, très bien mené et dessiné, où le scénariste Pierre Boisserie revisite avec talent et originalité la jeunesse tumultueuse de Robin Loxley ; alors que ce bâtard fréquentait déjà les autres protagonistes mythiques de la légende anglaise immortalisée par le film de Michael Curtiz (avec Errol Flynn) : Marianne, Petit Jean, Will Scarlett, frère Tuck, le shérif de Nottingham et l’infâme Gisbourne… Ce jeune Saxon élevé par un maître archer, avant de se réfugier dans la forêt de Sherwood, se révèle belliqueux et rebelle à souhait contre l’envahisseur et oppresseur Normand : l’enfance que l’on nous raconte étant aussi mouvementée que celle que l’on pouvait espérer ! Comme le dessin soigné et vivant d’Héloret est tout à fait à la hauteur de ce scénario mouvementé et bien documenté concocté par un scénariste qui a su s’imposer dans le monde de la bande dessinée d’aventures pour le grand public, ces prémices aux révoltes d’un hors-la-loi au grand cœur (qui détroussait les riches pour redistribuer ensuite son butin aux pauvres) est un vrai bonheur de lecture ! Détail amusant, le vrai nom du dessinateur breton Héloret est Stéphane… Robin : c’était prédestiné !

- ? Britten et associé ? par Hannah Berry – Editions Casterman (24 Euros)

Quand on ouvre ce surprenant polar en bandes dessinées, on est frappé d’emblée par le trait maîtrisé, les couleurs opaques ou délavées et les cadrages recherchés qui résultent sur cette ambiance particulière qui, pourtant, ne nous dépayse pas complètement : la jeune créatrice responsable, originaire de Brighton (en Grande-Bretagne), ayant eu soin de planter son récit policier dans un décor empreint de classicisme (avec un enquêteur privé coiffé d’un feutre, typique des années 40, à qui une belle, riche et mystérieuse femme confie la suite des recherches sur le « suicide » de son fiancé) tout en réussissant à s’en affranchir ! Spécialiste des affaires de mœurs minables (dans le milieu, on le surnomme le « bourreau des cœurs »), Fernandez Britten a perdu depuis bien longtemps le feu sacré et se confie fréquemment à un sachet de thé parlant : ce partenaire improbable nommé Stewart lui fournissant même certains indices… Entre un humour « so British » à la Agatha Christie et un suspense bien noir à la Raymond Chandler, ce premier album possède une vraie originalité, même si l’intrigue peine parfois à nous transporter vraiment, malgré des dialogues subtils et des voix-off désabusées ou avides de bons mots. La jeune anglaise, qui a évidemment un potentiel énorme, travaille déjà sur un deuxième album (une histoire de fantôme) et nous ne doutons pas qu’il sera au moins aussi réussi que cette première tentative !

Gilles RATIER

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