Willy Vandersteen dans Tintin

Si il y a un auteur de bandes dessinées qui a eu du mal à s’imposer auprès d’Hergé, alors directeur artistique de Tintin, c’est bien Willy Vandersteen? Pourtant, sa renommée dans les pays flamands n’était déjà plus à faire !

Cependant, aujourd’hui, l’éditeur de ce périodique (Le Lombard) réédite avec fierté, et en un seul volume, le diptyque « La Révolte des gueux » et « Fort-Amsterdam » : les deux aventures de « Thyl Ulenspiegel » (1), un fleuron de leur patrimoine, publié de 1951 à 1953 dans leur vénérable hebdomadaire ; le flamand Vandersteen y ayant quand même réussi à imposer, auparavant, quelques épisodes de ses célèbres « Bob et Bobette » (dès 1948) et farces de « Monsieur Lambique » (en 1949). Ceci en attendant d’y placer un petit bijou de la bande dessinée enfantine : « Son altesse Riri » (de 1953 à 1959) (2).

En attendant, ce livre de cent trente-deux pages, publié dans sa bichromie rougeâtre d’origine, le tout sous une couverture cartonnée au dos toilé, est de nouveau mis à l’honneur au catalogue de l’éditeur bruxellois dans la superbe collection « Millésimes » : laquelle valorise de belle manière les trésors du journal Tintin, ceci à l’occasion de l’exposition Willy Vandersteen à l’Hôtel de Ville de Bruxelles (du 24 juin au 27 septembre 2009).

Né le 15 février 1913 à Anvers et décédé le 28 août 1990, Willebrord Jan Frans Maria (dit Willy) Vandersteen est l’un de nos plus prolifiques auteurs de bande dessinée (3) . Il débute dans ce secteur vers 1939, après avoir étudié à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers et exercé les métiers de sculpteur ornemaniste (dans l’atelier de son père), de menuisier et de décorateur-étalagiste. Ses premiers héros, souvent signé du pseudonyme de Wil, ont pour nom « Kitty-Inno » (1939), « Tor » (1941), « Simbat », « Piwo » (1943), « Bert » (1944), « Lancelot », « L’Inspecteur Briket », « La famille Guignon » (1945)… Mais sa série la plus connue est publiée, dès le 30 mars 1945, dans De Nieuwe Standaard : il s’agit de « Rikki en Wiske » qui devient très rapidement « Suske en Wiske » (« Bob et Bobette » en français).

La popularité de cette bande ne l’empêchera pas de lancer de nombreux autres personnages qui auront également beaucoup de succès dans les pays néerlandais : « Les Joyeux lurons » et « Les Commandos de Mars sur la Terre » (1946), « Judi » et « Bessy » dans La Libre Belgique (1952), « Le Cirque Zim-Boum » (1954), « Les Joyeux vagabonds » (1958), « La Famille Tirelire » (1958), « Jérôme » pour Ons Volkske (et Junior en version française en 1960) et surtout « Le Chevalier rouge » (1959), « Karl May » (1962), « Biggles » (1965), « Safari » (1969), « Robert et Bertrand » (1972) (4), « Pats » (1974), « Tits » (1979), « Les Gueux » (1985) et « Fanfreluche » (1986), créés directement pour De Standaard.

Á noter qu’en ce qui concernait ses scénarios, le fantaisiste Willy Vandersteen pouvait les écrire entièrement de A à Z, comme n’être que l’auteur du synopsis ou n’y être absolument pour rien (et ceci dès les premiers épisodes dont certains sont dus à Wim Goderis, homme d’affaire ami et complice, qui participe donc, très tôt, à la gestation des histoires inventées par Vandersteen, lequel est, toutefois, reconnu comme un maître sur le plan de la narration !

Et toutes ses créations n’ont pas disparu avec son décès car, en homme avisé, il avait tout prévu, comme le prouve une interview qu’il avait accordée à la Radio Télévision Belge (et reprise dans le n°48 de Hop ! en 1990) : « J’ai arrangé mes affaires, il y a quelques années, car j’ai beaucoup de collaborateurs…, et je ne veux pas les laisser là, comme ça ! Comme ce fut le cas de mon grand ami Bob De Moor qui s’est retrouvé à la rue quand le studio Hergé a cessé, après la mort de ce dernier… En ce qui me concerne, après moi, ça continuera… Il y a trop de personnes derrière moi ! Les dessinateurs, la maison d’édition, les imprimeurs… Voilà, c’est mon côté social, je suis comme ça ! »

Très vite dépassé par son succès, Willy Vandersteen est donc obligé, dans un premier temps, de mettre à l’ouvrage son épouse (Paula van den Branden) sur l’encrage de ces bandes dessinées, puis d’embaucher, pour l’assister, Karel Boumans (après les collaborations plus sporadiques de Bob De Moor, de Tibet, de François-Joseph Herman et même de Maurice Tillieux sur près de cent cinquante pages réalistes réalisées pour l’hebdomadaire Ons Volkske, entre 1947 et 1949) et Karel Verschuere (essentiellement sur ses bandes réalistes), au tout début des années cinquante… Si quelques bandes sont signées Wirel (alliage des deux prénoms), très vite, seul le nom de Vandersteen est mentionné.

Par la suite, il formera son propre studio en employant d’autres dessinateurs comme Eduard et Erik De Rop, Frank Sels, Edgar Gastmans, Karel Biddeloo, Jeff Broeckx, Paul Geerts, Robert Merhottein alias Merho, Eugène Goossens, Ronald Van Riet, Anne De Velde…, et des scénaristes comme Daniel Janssens, Jacques Bakker, Hugo Renaerts, Marck Meul… Ceci afin de faire face à la demande et pour animer tous ses personnages, dessinant et scénarisant alors de moins en moins : se « contentant » de superviser la plupart de ses séries.

Et ce n’est pas par hasard si, dans les oeuvrettes de Willy Vandersteen, l’influence des encreurs et de ses collaborateurs est déterminante, particulièrement pour la série « Bob et Bobette » qui atteint aujourd’hui les 293 titres (5). Ainsi peut-on, d’un simple coup d’œil, voir quand démissionne Karel Boumans, certainement le meilleur des encreurs du studio Vandersteen (entre 1953 et 1959), alors qu’il est en profond désaccord avec les nouvelles conceptions qu’ont Vandersteeen et le Standaard de la série, et que Eduard De Rop lui succède : les traits étant plus épais et les personnages plus stéréotypés (6).

Cependant, la plupart des spécialistes s’accordent tous pour considérer, cependant, que le meilleur de la production de Willy Vandersteen, c’est dans le journal Tintin (et dans Kuifje, son équivalent néerlandophone) qu’on la trouve ! Et pourtant, ce dernier a mis un certain temps avant de faire admettre ses qualités au responsable artistique de ce magazine…

En effet, même si Hergé suit attentivement les productions du jeune créateur de « Bob et Bobette », il trouve son humour « un peu trop vulgaire » et son graphisme « pas assez ligne claire ». C’est pourtant le grand patron lui-même (Raymond Leblanc), sur les recommandations de Karel Van Milleghem (rédacteur en chef de Kuifje), qui avait demandé à Vandersteen d’être publié dans Tintin, en espérant que sa contribution favoriserait le démarrage de son journal en Hollande, pays où ce dernier connaissait un succès croissant. « J’ai tout de suite accepté. Qui refuserait de faire partie d’une si fine équipe ? Mais quand je suis arrivé, je me suis cependant fait taper sur les doigts par le directeur artistique ! Mes dessins étaient trop caricaturaux. Cela manquait surtout de lisibilité… Il est vrai que, jusqu’à lors, je ne me souciais guère des proportions et des perspectives. Je laissais courir mon crayon. Hergé, qui est un perfectionniste et qui entend volontiers imposer son style à tout le monde, m’a contraint à plus de discipline. Tout en sachant que je ne parviendrai sans doute jamais au niveau d’épuration qui est le sien, je me suis plié à ses exigences. » (7)

Mais ce n’est pas tout car le papa de « Tintin », soucieux de cohérence, par rapport à la rigoureuse ligne graphique et esthétique du magazine, lui demande aussi de supprimer certains personnages secondaires de « Bob et Bobette » (comme la tante Sidonie et le colossal Jérôme) et de modifier l’aspect des protagonistes pour leur donner une allure plus nette, tout en changeant certains de leurs caractères : ainsi l’insupportable Bobette devient-elle une charmante fillette et Bob un courageux garçon qui laisse toutefois toutes les responsabilités au bon et jovial Lambique (amaigri pour l’occasion) dont le rôle devient alors sensiblement moins loufoque. N’ayant pas d’autres alternatives (Hergé menaçant de refuser la série), ce conteur-né, qui attachait lui-même beaucoup d’importance à la clarté du récit, s’applique donc alors à perfectionner la netteté de ses images. Résultat des courses, huit histoires mythiques (8) et un enthousiasme tardif d’Hergé qui finira par déclarer dans « Tintin et moi » (où il se confiait à Numa Sadoul) : « Willy Vandersteen, c’est le Breughel de la bande dessinée ! ».

Et c’est ce XVIe siècle de Breughel qui, après le hautement fantaisiste « Fantôme espagnol » (la première aventure de « Bob et Bobette » publiée dans Tintin, en 1948, et qui se déroule à la même époque), est évoqué dans sa belle adaptation de la légende de « Thyl Ulenspiegel » : un récit qui le fascine depuis son plus jeune âge. Ce saltimbanque malicieux et farceur, issu des contes populaires allemands, est connu dans tous les pays germaniques pour les facéties qu’on lui prête ; mais ce personnage a pris, sous la plume du journaliste, écrivain et professeur de littérature Charles De Coster (en 1867), une dimension historique bien plus importante puisqu’il en fit le héros et le symbole de la résistance flamande contre les armées d’occupation espagnoles, retraçant ainsi une des plus sombres pages de l’histoire des Flandres.

Le premier épisode (« La Révolte des gueux », réalisé à la demande de Karel Van Milleghem, rédacteur en chef de la version néerlandophone de Tintin, et publié du n°39 du 26 septembre 1951 au n°52 du 24 décembre 1952) est presque entièrement de la main de Vandersteen, lequel adopte un style graphique proche des gravures du XVIe.

Devant l’accueil enthousiaste des lecteurs de Kuifje et de Tintin, l’éditeur Raymond Leblanc demande une suite à cette histoire : ce sera « Fort-Amsterdam », publié du n°1 du 7 janvier 1953 au n°49 du 10 décembre 1953 ; mais pour cela, Vandersteen, accaparé par ses « Bob et Bobette », doit se résoudre à se faire assister par ses collaborateurs du moment et s’accorde pas mal de libertés avec le roman de Charles De Coster, en envoyant Thyl, Nele et Lamme combattre les Indiens en Amérique, dans une colonie hollandaise. Et c’est à Karel Verschuere (et non à Bob De Moor ou à Tibet comme semble l’insinuer Jacques Pessis dans la postface de cette pourtant très recommandable édition en bichromie) qu’échoit la mise en images : son trait réaliste étant particulièrement bien mis en valeur dans la version en noir et blanc concoctée par les éditions RTP d’André Leborgne (diffusées par Distri BD en 1974) (9).

Mais, en 1959 (après avoir créé « Son altesse Riri », son chef-d’œuvre nonsensique), alors qu’il venait de prendre trois mois de vacances pour faire le tour du monde, Willy Vandersteen va se poser plein de questions sur son avenir professionnel : doit-il continuer de travailler méticuleusement pour Tintin pour obtenir une reconnaissance artistique méritée ou faut-il qu’il se consacre corps et âme aux bandes quotidiennes réalisées parallèlement pour la presse flamande (De Standaard) et pour son éditeur anversois (Érasme) ? « Comme ce dernier me faisait des propositions très alléchantes, j’ai choisi la deuxième solution. De plus, le nombre des collaborateurs de Tintin s’était multiplié, et il était de plus en plus difficile d’avoir des contacts étroits avec l’éditeur et les gens qui faisaient le journal. » (10)

Cependant, Willy Vandersteen a toujours regretté d’avoir quitté Tintin où régnait une ambiance extraordinaire au sein du petit groupe constitué par Hergé, Jacobs, Laudy, Cuvelier et quelques autres ; d’autant plus qu’il y avait eu un référendum dans l’édition française où il avait obtenu la deuxième place avec « Bob et Bobette ». Mais le journal et la maison d’édition qui avaient le copyright (De Standaard et Érasme) n’ont jamais mis le paquet pour promouvoir la série. Toutefois, les ventes de ses albums francophones ont toujours été largement en dessous de ceux destinés au public flamand : même en Belgique ! En Wallonie, à la fin des années quatre-vingt, les albums de « Bob et Bobette » se vendaient à 50 000 exemplaires, contre 500 000 en pays néerlandais.

Malgré les griefs que l’intransigeant Hergé lui assénait régulièrement, le jovial Willy Vandersteen a toujours gardé une grande estime pour ce génial créateur. Le n°90 du Collectionneur de Bandes Dessinées (hiver 1999/2000) a publié une interview du maître flamand que Jacques Bisceglia réalisa en 1985 et où le créateur des populaires « Bob et Bobette » raconte une anecdote arrivée à Hergé alors que sa voiture était tombée en panne. Il doit alors prendre le train et c’est là qu’il rencontre un ami d’enfance : « Que deviens-tu ? Je suis employé dans une banque. Et toi ? Je dessine des bandes dessinées. T’en fais pas, mon vieux, ça ira mieux un jour. » Et Vandersteen de rajouter : « C’est à Hergé que nous devons la place que nous avons aujourd’hui…, notre respectabilité. »

Gilles RATIER, avec Laurent TURPIN aux manettes

(1) L’ouvrage contient aussi un maigre dossier de cinq pages concocté par Jacques Pessis qui y fait preuve de sa grande culture générale en nous rappelant les nombreuses versions littéraires, théâtrales, musicales et cinématographiques de la légende de « Thyl Ulenspiegel », mais aussi de ses carences en ce qui concerne le 9ème art puisqu’il oublie de mentionner toutes les autres adaptations « bandesdessinéesques » : la mise en cases humoristique que réalisa le Flamand Ray Goossens en 1945 (gags publiés dans KZV), celle de son compatriote Buth dans T’Kapoentje et Zonneland en 1951, celle de l’Anglais Gray Groucher dans les publications de la Bonne-Presse de l’Abbaye d’Averbode, celle du Portugais Eduardo Teixeiras Coelho (alias Martin Sièvre) dans les pages de l’hebdomadaire Vaillant (en 1956), celle que prépara François Craenhals pour Le Soir illustré et qui ne fut publiée qu’en 1977 dans le n°34 du fanzine RTP (lequel proposait, en outre, l’une des rares interviews de Vandersteen) et surtout celle de l’Italien Dino Battaglia (adaptation de Piero Zanotto), en 1976, pour Il Giornalino : un autre chef-d’œuvre que l’on peut aisément se procurer aujourd’hui, puisque réédité aux éditions Mosquito depuis 2007.

(2) « Son altesse Riri » est une bande humoristique pleine de finesse et de subtilité sur la place de l’enfant-roi dans notre société, devenu, avec le temps, l’archétype de la ligne claire et de l’esprit « Atomium » de l’Expo 58 de Bruxelles. Les éditions Magic-Strip ont compilé l’intégralité des gags en trois volumes (en1981 et 1982) sous couvertures inédites d’Yves Chaland et les éditions Standaard les ont réédités en quatre tomes, entre 1994 et 1997 : ce sont ces quatre volumes qui vont être proposés chaque samedi, du 14 août au 5 septembre prochain, par le quotidien belge Le Soir : http://www.lesoir.be/services/minisites/_BobetBobette/index.php

(3) Pour en savoir plus sur Willy Vandersteen, on peut peut-être encore se procurer le beau livre de Peter van Hooydonck publié en 1994 aux éditions Standaard : « Willy Vandersteen, le Breughel de la bande dessinée ! »

(4) Quarante-sept tomes (plus un hors-série édité pour l’année internationale des sans-abri) de « Robert et Bertrand », l’une des meilleures séries réalistes de Vandersteen, ont été publiés en français par les éditions Érasme (de 1975 à 1987). On trouve aussi une autre aventure de ces deux vagabonds (« L’Enfer de Solferino ») dans le très beau petit ouvrage « Poste de secours » édité par le Centre Belge de la Bande Dessinée et La Poste, en 2003 ; lequel contient, en sus, une évocation assez complète de l’œuvre de Vandersteen par Kris De Saeger.

(5) En fait, le dernier album de cette série (qui fut reprise après le décès de Vandersteen par Paul Geerts puis par Marc Verhaegen et enfin par Luc Morjaeu pour les dessins et Peter Van Gucht pour les scénarios) est le n°303, mais comme les albums 57 à 66 n’existent pas, on obtient bien le nombre de 293 aventures différentes : ce qui est quand même un sacré record !

(6) Voir à ce propos le passionnant article sur « Bob et Bobette » dû à Thierry Martens dans le n°90 du Collectionneur de Bandes Dessinées (hiver 1999/2000).

(7) In « Le Lombard 1946-1996 : un demi-siècle d’aventures » (tome 1) de Jean-Louis Lechat, aux éditions Le Lombard en 1996.

(8) Ces huit petits joyaux (« Le Fantôme espagnol », « La Clef de bronze », « Le Casque tartare », « Le Trésor de Beersel », « Le Gladiateur-mystère », « Les Martiens sont là ! », « Les Masques blancs » et « La Cavale d’or ») ont été réédités, de 1993 à 1997, dans la collection « Classique Bleue » des éditions Standaard : la seule à être (en langue française) à peu près respectueuse des originaux parus dans la presse. Ces albums vont de nouveau être proposés chaque samedi, du 20 juin au 8 août prochain, par le quotidien belge Le Soir (http://www.lesoir.be/services/minisites/_BobetBobette/index.php). Cependant, l’idéal n’existe pas en français mais seulement en néerlandais dans les « Classiques Rouges » ou plus précisément dans les « Suske en Wiske Klassiek, Rode reeks ». Il est donc urgent de proposer, enfin, une version de référence pour les francophones !

(9) « Les Aventures de Thyl Ulenspiegel » de Willy Vandersteen ont connu une première édition au Lombard (dos toilé rouge et quatrième plat peau d’ours bleu) en 1954 et 1955 et furent aussi rééditées chez Érasme en 1982, après qu’elles aient été reprises dans cette édition souple en noir et blanc chez RTP-Distri BD, en 1974. Enfin, en 1991, « La Révolte des gueux » fut republiée, totalement colorisée pour l’occasion, dans Hello Bédé (du n°87 au n°107), ce qui donna lieu à une nouvelle édition au Lombard, la même année : et, en 1992, le même traitement (album et parution dans Hello Bédé du n°122 au n°132), eu lieu pour « Fort-Amsterdam ».

(10) In Schtroumpf : les cahiers de la bande dessinée n°51 (3ème trimestre 1981) : interview réalisé par Thierry Groensteen et Didier Pasamonik

Galerie

3 réponses à Willy Vandersteen dans Tintin

  1. Bdzoom dit :

    « Sublime Vandersteen !
    Saviez-vous qu’il existe un « Bob et Bobette » jamais traduit en français pour cause de « flamingantisme » ( « De Krimson crisis ») ? Je l’ai lu et il s’agit plutôt de la mise en avant de héros populaires, parfois connus des seuls flamands, auxquels Lambique, révolté par la robotisation de la Flandre, redonne vie… Une fable étrange, peut-être l’un des derniers titres valables d’un studio bien mal en point depuis le décès du maître. »
    Amitiés
    Arnaud De la Croix

  2. Gilles Ratier dit :

    En ce qui concerne la participation de Tibet sur « Thyl Ulenspiegel », elle se résume en fait à 1 seule page, dans le 1er épisode. Tibet s’en explique très bien dans l’excellent ouvrage de Patrick Gaumer (« Tibet la fureur de rire« ) paru au Lombard en 2000 : « En réalité, le malheureux Vandersteen était tellement en retard sur son « Thyl Ulenspiegel » que je lui ai donné un coup de main durant une journée. Il habitait à l’époque Jette, l’une des communes de Bruxelles. J’ai mis à l’encre une planche de « La Révolte des Gueux« . Il s’agissait d’une scène de guerre, il y avait des canons, des balustrades faites avec des branches entrecroisées. il s’agissait en fait d’un travail plutôt compliqué et je n’étais pas mécontent de m’en être sorti… »
    Quant à la collaboration sporadique de Vandersteen avec Bob De Moor, elle date d’avant l’embauche de Karel Verschuere, en 1951, donc avant la réalisation de « Fort-Amsterdam » : un épisode qui est donc bien dû, principalement, à Karel Verschuere, sur le plan graphique !
    Gilles Ratier

  3. Robert Bilodeau dit :

    Excellent texte sur la contribution de Vandersteen à la bande dessinée! Il est toutefois malheureux de constater qu’une grande partie de son oeuvre demeure largement méconnue du lectorat francophone. Vous l’avez souligné notamment au niveau des ventes de Bob et Bobette au marché francophone versus le marché néerlandophone où le ratio est de 1 pour 10. À l’exception de Bob et Bobette, beaucoup de ses séries n’ont jamais été traduites en français ou simplement en partie. Je ne parlerai pas de la distribution déficiente ou inexistante de ses rares albums en français dans les pays francophones à l’extérieur de la Belgique.
    On reconnaît à juste titre la qualité graphique et le scénario fantaisiste de ses histoires durant son incursion dans le journal Tintin, mais qu’en est-il de l’imagination totalement débridée présente dans les aventures de Bob et Bobette des années ’50 et ’60? Un trésor d’absurde et d’humanisme, de rebondissements et de situations délirantes, de merveilleux et de fantastique, sans oublier un attachement à la Flandre du 17e siècle dont sa dernière série De Geuzen en est un hommage. Plusieurs des histoires de Bob et Bobette publiées dans la «rode reeks» sont, à mon avis, des incontournables en bande dessinée: Le trésor de Fiskary, Les mousquetaires endiablés, Le castel de Cognedur, Le testament parlant, Le Père Moustache, etc.
    Il manque une réédition en français de qualité de tous les classiques de Vandersteen qui sont, pour le moment, uniquement accessibles en néerlandais.
    Est-ce que les éditions Standaard (ou un autre éditeur) feraient plaisir aux amateurs francophones de Vandersteen?

    Terminons en disant que la production actuelle des Studio Vandersteen, notamment les Bob et Bobette avec une toute nouvelle équipe, m’apparaît comme un pauvre héritier de l’imaginaire de Vandersteen et semble dépourvu de cette étincelle de merveilleux qui caractérisait l’oeuvre de Vandersteen. Un bon mot toutefois pour Paul Geerts qui, à la suite de Vandersteen, a continué la série Bob et Bobette. Certains titres (je pense notamment à La pluie acide, Les sept pions, La perle du Lotus, L’étoile diabolique, Les elfes enchantés, etc.) s’arriment avec l’esprit de la série de Vandersteen. Ensuite, Marc Verhaegen a comme insufflé un certain «modernisme» dans la série avec des préoccupations bien particulières. On ne l’a pas laissé aller bien loin dans cette avenue puisque le Studio l’a viré manu militari pour le remplacer par une équipe qui produit du «bonbon» quelque peu insipide pour un public âgé de 10 ans. Jugement sévère, mais l’esprit du maître a complètement disparu des pages des nouvelles aventures. Et, oh sacrilège!, on a changé le design des couvertures des Bob et Bobette qui étaient caractérisées par un rouge dominant! Signe des temps ou exigence marketing?

    À quand une intégrale ou une sélection de Vandersteen?

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