« La Grande Évasion : Fatman » par Denys et David Chauvel

Le scénariste David Chauvel multiplie, en tant que responsable éditorial, les séries concepts mainstream chez Delcourt (« 7 », « Le Casse » ou cette « Grande Évasion »), tout en s’y accordant, parfois, une petite place en tant qu’auteur. C’est ainsi qu’il était retourné à ses premiers amours, c’est-à-dire le polar dur et noir, pour un épisode du « Casse » (« Soulman ») où il avait retrouvé la verve et l’efficacité narrative de ses premiers scénarios : « Rails » avec Fred Simon, « Les Enragés » avec Erwan Le Saëc ou « Nuit Noire » avec Jérôme Lereculey dont l’intégrale va être rééditée en février…

Dans ce scénario machiavélique, où il collaborait pour la première fois avec Denys Quistrebert (« Comptine d’Halloween », « Dans la nuit » ou « District 77 »), dessinateur au trait cinématographique et très réaliste, il avait déjà fort bien mis en adéquation ses références à certains comics américains ou aux meilleurs thrillers télévisés « made in USA ».

Il en fait de même pour ce « Fatman », alors qu’il s’agit de raconter ici, en un seul album, une histoire d’évasion qui soit la plus originale possible. Ceci dit le scénariste breton – Chauvel vit à Quimper – utilise pourtant les bases d’un récit dont la trame semble très classique : un spécialiste britannique de l’évasion est recruté pour faire évader un parrain de la mafia new-yorkaise emprisonné à perpétuité mais qui doit être transféré pour comparaître devant un grand jury, occasion unique de tenter quelque chose.

Toutefois, dès les premières pages, entre la description d’une femme fatiguée qui rêve d’égorger son mari et l’évocation de la vie tranquille de Fatman, cet expert obèse et flegmatique qui doit libérer le mafioso américain alors qu’il n’hésite pas à rendre service à sa vieille voisine en lui promenant son petit chien, on sent que rien ne tourne vraiment très rond, comme cela devrait se passer dans n’importe quelle autre aventure policière du même acabit : les protagonistes, tous plus attachants les uns que les autres, font tout pour s’éviter et on se rend compte, bien vite, que les auteurs sont en train de nous manipuler et qu’ils nous proposent une intrigue bluffante, parfaitement construite, autant sur le plan narratif que graphique…, et ceci jusqu’à la conclusion finale !

 Gilles RATIER

« La Grande Évasion : Fatman » par Denys et David Chauvel

Éditions Delcourt (16,95 €) – ISBN : 978-2-7560-2786-9

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