Philippe Caza (première partie)

Pour saluer la parution de deux nouveaux albums de Philippe Caza (« Le Jardin délicieux », bande dessinée de soixante pages où ce fabuleux dessinateur revisite, avec autant de talent que d’humour, le mythe originel d’Adam et Eve, et « La Fin du monde ne passera pas ! », beau recueil de cinquante dessins écolos ; voir http://www.bdebookcaza.com), nous allons évoquer, le temps de trois « Coins du patrimoine » successifs, sa déjà longue carrière, en ressortant de nos tiroirs une interview fleuve que Jean Depelley avait réalisée en vue d’un livre qui devait paraître aux USA.

Depuis les années 70, Philippe Caza partage sa prolifique carrière entre la bande dessinée et l’illustration de science-fiction, livrant ses visions fantastiques aux couleurs flamboyantes, teintées d’un écologisme sincère, loin du parisianisme du milieu de la presse. Son style reste fortement associé aux pages de Métal hurlant, à l’instar de celui d’un Moebius ou d’un Druillet, bien que ses collaborations soient rares pour la revue. Cette interview a été réalisée pour « Heavy Metalurgy » (en collaboration avec Jon Cooke, chez TwoMorrows Publishing), un projet de livre américain sur Métal hurlant qui n’a jamais vu le jour. Elle fut conduite, par téléphone, le 23 mai 2001 et éditée par l’artiste. Un grand merci à Caza pour sa disponibilité, sa simplicité et sa gentillesse.

 bdzoom.com : D’où venez-vous exactement ? Quelles étaient les professions de vos parents ?

Caricature réalisée par le sportif André Caza.

 Philippe Caza : Je viens d’une famille plutôt artiste. Mon père était caricaturiste au journal L’Équipe et ma mère était professeur de dessin dans une institution catholique. Par ailleurs, j’avais un grand-père et un oncle peintres… Une lourde hérédité ! Ma famille était originaire du Sud-ouest, mais je suis né à Paris, le 14 novembre 1941. J’ai grandi à Paris, puis j’ai vécu en Haute-Savoie, entre 10 et 18 ans.

Une peinture de son grand-père maternel, Pierre-Gaston Rigaud.

bdzoom.com : Votre formation dans la publicité vous a-t-elle amené à une approche de l’illustration plutôt figurative ou plutôt abstraite ?

 Philippe Caza :Formation sur le tas : je n’ai pas suivi d’école… J’ai eu l’occasion de travailler dans la publicité dès l’âge de18 ans. Mais là, en fait, j’ai fait très peu d’illustration. J’ai plutôt travaillé le graphisme, la maquette, la mise en page, la recherche d’idées visuelles, le rough qui sert ensuite à faire des photos… Finalement, assez peu de dessin proprement dit…

Une autre œuvre signée de son oncle maternel, Jean Rigaud.

 bdzoom.com : Aviez-vous à cette époque des influences artistiques fortes ?

 Philippe Caza : Pour l’enfance, c’est difficile de se souvenir… J’ai été élevé entouré de peintures de style plutôt classique. Mon grand-père et mon oncle étaient des paysagistes post-impressionnistes.  J’ai donc baigné dans cette peinture « de bon goût »… Plus tard, en tant que jeune homme des années soixante, mes préférences allaient, peut-être, plus vers ce qui était à la mode : le Pop-Art, le surréalisme, l’abstraction pas trop, mais l’Op-art avec Vasarely, par exemple, et puis les affiches psychédéliques américaines.

bdzoom.com : La BD a également eu son mot à dire, je suppose ?

 Philippe Caza : Oui, mais elle était un peu en marge. Quand j’ai commencé dans la publicité, je n’avais pas dans l’idée de faire de la BD ! Cela me semblait tout à fait au-dessus de mes moyens. À juste titre, d’ailleurs, parce que je dessinais quand même assez mal ! J’admirais beaucoup des gens comme André Franquin, mais leur habileté me semblait vraiment impossible à approcher…

 bdzoom.com : Vous étiez donc plutôt école Spirou qu’école Tintin ?

 Philippe Caza : J’étais un peu les deux. J’ai commencé tout petit par l’école Tintin, pour ensuite, une fois adolescent, m’intéresser à l’école Spirou qui me semblait plus « moderne ». L’école Tintin semblait un peu figée, un peu raide, alors que chez Spirou, c’était plus souple, plus mouvementé, cela bougeait plus… Même si je ne pensais pas en réaliser un jour, j’ai été quand même nourri de bandes dessinées dès mon plus jeune âge. Je pense aussi à la BD américaine – pas les comic books mais les strips classiques – par exemple les « Tarzan » de Burne Hogarth, les « Flash Gordon », plus quelques autres bandes que l’on voyait dans les magazines, juste après-guerre. Dans Cœurs vaillants, le journal des boy-scouts – plutôt que dans Vaillant d’ailleurs, parce que « Pif le Chien », on ne connaissait pas – il y avait un certain nombre de BD américaines (ndlr : il y avait, par exemple, « Gasoline Alley », sous le titre « Patatras »).

Une page du dimanche américaine de « Gasoline Alley », série qui paraissaient en France dans Cœurs vaillants.

Il y avait aussi des choses assez bizarres. Je me souviens d’une BD italienne « Saturne contre la Terre» dont je ne me rappelle plus l’auteur, ni dans quelle revue c’était publié, mais qui m’avait beaucoup frappé dans mon jeune âge (ndlr : la série « Saturne contre Terre » de l’Italien Giovanni Scolari est sortie dans Le Journal de Toto, en 1938-39).

« Saturne contre la Terre».

Contrairement à beaucoup, mes parents n’étaient pas allergiques à la bande dessinée, qui rentrait à la maison sans problèmes. Les parents les lisaient aussi bien que les enfants… Il y avait aussi « Les Pieds Nickelés » et « Bibi Fricotin », Alain Saint-Ogan… Tout ce que qui pouvait se faire à l’époque, en fait…

bdzoom.com : Aviez-vous également un intérêt pour le cinéma, pour les films de science fiction ?

 Philippe Caza :Et bien non ! Pendant mon enfance et mon adolescence, les films de science fiction étaient plutôt rares : dans les années 50, j’ai dû voir « La Guerre des mondes » et « Le Choc des mondes »… Peut-être « Le Jour où la terre s’arrêta », aussi… Plus tard, oui, dans ma période parisienne et publicitaire, j’ai un peu suivi ce qui sortait au cinéma Midi-Minuit, des films fantastiques, des films d’horreur, du cinéma-bis… Mais le gore, ce n’est pas trop mon truc… En fait, j’ai plus fréquenté ce genre à travers les magazines qu’à travers le cinéma lui-même. Cela dit, j’ai quand même vu pas mal de Hammer films, qui font partie de mes références bien aimées.

Le Midi Minuit, mythique cinéma du boulevard Poissonière à Paris, diffusait les chefs-d'œuvres de la Hammer Films.

bdzoom.com : Avez-vous toujours été attiré par la littérature de science-fiction ?

 Philippe Caza : Je me suis intéressé à la science-fiction très tôt. Ça fait vraiment partie de mes racines. J’ai commencé enfant avec les Jules Verne. Adolescent, je suis tombé assez vite sur les Fleuve Noir des années 50. Il y avait tout un tas de navets, bien sûr ! Jimmy Guieu, hélas ! Enfin, il faut bien commencer quelque part ! J’ai bien aimé Stéfan Wul qui est apparu un peu plus tard dans la collection. Il a fait assez peu de titres, c’est dommage — il était dentiste et écrivait entre deux clients — mais ils ont frappé tout le monde. C’est certainement l’auteur le plus marquant de cette époque, en France.

Après le Fleuve Noir, je suis assez vite passé à des choses de meilleure qualité. La collection Le Rayon fantastique, où étaient publiés les Asimov, Heinlein, Van Vogt, Sturgeon… La collection Présence du futur, qui est aussi née dans ces années-là, avec Bradbury, en particulier…

bdzoom.com : Avez-vous lu « Le Matin des magiciens » de Bergier et Pauwels, prélude à la revue Planète et à la publication de Lovecraft en France ?

« Le Matin des magiciens » de Bergier et Pauwels et « Démons et merveilles » chez Opta, illustré par Druillet.

Philippe Caza : Oui, j’ai lu « Le Matin des magiciens » et j’ai suivi Planète mais c’était un petit peu autre chose, pas de la science-fiction, en tout cas… Quant à Lovecraft, je ne suis pas de ceux qui ont été frappés jeunes par ses nouvelles ou ses bouquins. Il y a certains titres comme « Par-delà le mur du sommeil » ou « Démons et merveilles », des livres très poétiques, où il y a vraiment une écriture… C’est peut-être ce que j’aime le mieux, parce que j’ai un peu de mal à « marcher » à « l’indicible »… En fait, quand il veut faire peur, cela me fait rire ! Je me suis même amusé à le parodier, à l’occasion, dans le texte de certaines de mes BD. Avec des citations en forme de clin d’œil : « sous une lune gibbeuse »…

bdzoom.com : C’est vrai que l’on retrouve souvent dans vos textes un style d’écriture proche de celui des auteurs américains de la revue Weird Tales, des Lovecraft, Clark Ashton Smith ou Robert Howard. Je pense à ce que vous faisiez dans les années 80 pour les petites histoires de Métal hurlant comme « Arkhé » (MH # 74), qui renvoient par son écriture à « L’âge Hyborien » de Howard.

L’éditeur Éric Losfeld.

Philippe Caza : Il y a certainement quelque chose dans le style… Ces auteurs américains se sont inscrits dans la continuité des Romantiques Noirs et autres Gothiques de la fin du dix-neuvième siècle et du début du vingtième… En ce qui me concerne, en écrivant mes textes lyriques, un peu exacerbés et bouffis, je me réfère plutôt à une littérature plus classique, à des gens comme le Victor Hugo de « La Légende des Siècles » par exemple, ou Dante, William Blake. ..

bdzoom.com : Pour en revenir à votre carrière, vous avez commencé – c’est assez amusant – chez Losfeld,  comme Philippe Druillet, en 1970, avec l’album « Kris Kool ».

Philippe Caza : Oui ! La maison d’édition Losfeld se tenait dans une petite librairie sur la rive gauche. On frappait, on entrait et derrière un bureau se trouvait Monsieur Losfeld. Il y avait en plus sa femme qui venait de temps en temps pour gérer les affaires avec lui et quelqu’un qui s’occupait des paquets. Losfeld faisait à peu près tout lui-même sauf la distribution… Je crois que j’ai bien aimé ce personnage !

« Kris Kool ».

Philippe Druillet

bdzoom.com : Est-ce à cette époque que vous avez rencontré Druillet ?

 Philippe Caza : Sans doute un peu plus tard dans les années 70, après « Kris Kool ». On se croisait soit chez Opta, soit à Pilote ou Métal hurlant. Parce que, après Losfeld, le grand lieu de rassemblement des amateurs, des auteurs et des illustrateurs de science-fiction furent les éditions Opta, qui publiaient Fiction, Galaxie et le CLA (le Club du Livre d’Anticipation), sous la forme de gros livres de luxe à couverture toilée, format club, vendus uniquement par correspondance et souvent très illustrés. Druillet en a fait beaucoup, ainsi que Mœbius et moi-même. On est tous passés par-là. C’est notre terreau commun…

Jean-Pierre Dionnet, à l’époque de Pilote.

bdzoom.com : Et pour Dionnet ?

 Philippe Caza : J’ai dû croiser Dionnet chez Opta. Je ne sais plus… Il devait être très jeune à l’époque…

Il s’occupait d’un fanzine et  – déjà – faisait venir d’Amérique des magazines bizarres.

C’est par lui que j’avais découvert un certain nombre de dessinateurs américains, comme Basil Wolverton  qui a fait évoluer mes goûts du Pop à l’underground et son pape Robert Crumb — un des génies du siècle !

Mad n°11, avec une couverture de Wolverton + Zap Comix 0 de Crumb.

Pilote n°688.

 bdzoom.com : Comment êtes-vous rentré à Pilote ? Avez-vous rencontré Goscinny ?

 Philippe Caza : Oui, puisque c’est Goscinny qui prenait toutes les décisions à cette époque. J’y suis allé avec un dossier sous le bras, après avoir sorti « Kris Kool » chez Losfeld, en 1970, donc. Quand un jeune auteur allait présenter un dossier à Pilote, il n’était pas directement reçu par Goscinny, mais par Gérard Pradal, secrétaire de rédaction qui a d’ailleurs été caricaturé par Mœbius dans « La Déviation » sous la forme d’un type grand et gros qui porte un bouclier sur lequel est écrit « on passe pas ».

Photo de Jean Giraud par Peggy Siméonin. Retouche infographique par Caza pour les Stéréoscopages de Katia Martin-Maresco, en 2002.

(En fait, au cours de « La Déviation », Moebius et Claudine affrontent une troupe de féroces empêcheurs de passer, et ce n’est que sur la couverture du Pilote (# 688), qu’on voit Pradal avec son bouclier. Cette couverture est sûrement reprise quelque part dans une des compilations « œuvres complètes » de Moebius…). Pradal, c’était « l’empêcheur de passer ! »  En fait, il faisait le tri parmi les artistes parce que Pilote était très demandé à l’époque. Une fois par semaine, il y avait donc un défilé de jeunes avec leur carton sous le bras et Pradal faisait l’écrémage. Il jetait donc un bon nombre de gens et quand il voyait un dossier qui lui semblait intéressant ou prometteur, il le mettait de côté et là, c’était Goscinny qui prenait la décision de faire travailler la personne ou non. Goscinny a bien aimé une petite histoire en deux pages qui faisait partie de mon dossier et qui s’appelait « Quand les costumes avaient des dents ». Il y en a eu par la suite plusieurs épisodes publiés dans le journal.bdzoom.com : Cette première série, « Quand les costumes avaient des dents » est très différente, par son côté graphique expérimental, de ce que vous avez fait par la suite.

Le premier épisode des « Costumes » dans Pilote n°602.

Couverture de Pilote n°627.

Philippe Caza : Au niveau du style, c’était dans la continuité du Pop-Art à la Folon ou Heinz Eidelman (qui avait fait le dessin animé « Yellow Submarine » avec les Beatles).

Parmi les influences, il y avait aussi le Push-Pin Studio de Milton Glaser, qui faisait souvent des petits bonshommes tous seuls sur une grande plaine avec une ombre portée, un prolongement de certaines images surréalistes, Magrittiennes… Glaser a dû également marquer Moebius…

bdzoom.com : C’est à partir de Pilote que votre style change. On passe des séries « Quand les costumes avaient des dents » et « La Longue quête de la Princesse Glucide » à quelque chose de beaucoup plus abouti, en 1972, avec « Les Scènes de la vie de banlieue ».

Le style a complètement changé en devenant dynamique et réaliste. Est-ce le fait de côtoyer les artistes de Pilote de l’époque qui vous a fait évoluer dans cette direction ?

Pilote n°644.

Philippe Caza : Je ne sais pas… Je ne les côtoyais pas tellement, sinon par magazine interposé… Mais question style et évolution de style, si on regarde ce que je faisais en dehors des « Costumes », mes illustrations aux éditions Opta, c’était hyperréaliste, aux petits points en dégradé (ce qui me prenait beaucoup de temps d’ailleurs), en modelé noir et blanc très lithographique, travaillé d’après photo. Donc, en ce qui me concerne, cela n’a pas toujours été une évolution linéaire, mais des choses différentes que je faisais en parallèle. J’aime bien changer de manières… sans doute parce que j’ai peur de m’ennuyer, ou parce que je veux faire une expérience, ou parce qu’un travail me repose d’un autre…

« La Longuequête de la Princesse Glucide» (Pilote n°657).

Couverture « Scènes de la vie de banlieue ».

J’avais dû présenter à Pilote des choses relativement diverses mais, à partir du moment où Goscinny avait pris cette histoire des costumes, il fallait que je continue dans la même veine. C’est ce que j’ai fait, tout en faisant évoluer mon style tout doucement. Pour « La longue quête de la Princesse Glucide », cette série de petites histoires avait encore le côté naïf, le côté Pop, mais avec autre chose. Il y avait des recherches graphiques vers la gravure, un lettrage médiéval. Je pense que c’est surtout les sujets abordés dans les « Banlieues » qui ont amené une évolution vers le réalisme, mais un réalisme plus dynamique, plus adapté à la BD que celui de mes illustrations SF.

bdzoom.com : Votre conscience politique s’exprime de plus en plus fortement dans votre œuvre. « Quand les costumes avaient des dents » était une gentille satire de l’establishment et des individus « costumes-cravates ». Avec « Les Scènes de la vie de banlieue », vous affinez votre propos avec un message beaucoup plus clair.

 Philippe Caza : Oui. Déjà, il s’est passé mai 68… C’était quelque chose !

 bdzoom.com : Comment avez-vous vécu cette période ?

« Virage dangereux » (Pilote n°714).

« Rêve d'eau » dans le n°6 d'Actuel, en 1971.

Philippe Caza : Je travaillais encore dans la publicité à Paris. Je l’ai d’abord vécue comme une gêne.

C’était embêtant parce que j’habitais en banlieue et les trains étaient en grève. Il fallait que je prenne ma voiture et il y avait des embouteillages.

En même temps, je m’intéressais à ce qui se passait. Je n’étais pas spécialement politisé, car souvent on se politise quand on mène une vie d’étudiant, et je n’étais pas passé par-là.

J’ai mis un certain temps à comprendre, à digérer et à m’approprier la philosophie de 68 et du mouvement hippie américain, pour en faire quelque chose, qui est ressorti dans les « Scènes de la vie de banlieue »…

Dans les années 60-70, je lisais Hara-Kiri, Charlie Mensuel, Charlie Hebdo, Actuel…, avec des gens comme Cavanna, Gébé, Reiser, Wolinski, Cabu.

Ces artistes faisaient partie de ma nourriture quotidienne. Ça vous forme la tête !

D’un côté, il y avait le Gaullisme et de l’autre, ce bouillonnement  de contestation.

Page publiée dans La Gueule ouverte en 1978 : un remake en a été réalisé, 20 ans plus tard, pour l'album collectif « La BD des resto (du coeur) ».

Fin de la première partie

 Jean DEPELLEY

 Avec un tout petit peu de Gilles RATIER pour l’introduction et la mise en page !

Galerie

5 réponses à Philippe Caza (première partie)

  1. Ping : Caza eBOOK : ils en parlent… Merci !!! | CAZA eBOOK

  2. Mario dit :

    Aaah ! ça fait plaisir de retrouver Le Grand Caza !
    Merci pour cette initiative.
    ;o)

  3. Jean Depelley dit :

    De rien ! Avec un tel artiste, ce n’est que du plaisir… N’oubliez pas de lire la deuxième partie.

  4. Merci pour cet hommage bien justifié à un grand auteur dont on ne parle pas assez!

  5. Ping : Le choix du robot qui rêvait de Caza | ReS Futurae – le carnet