LE RETOUR DE FANTAX

Une réédition des aventures de Fantax est en préparation. Tanguy Mouchot le petit fils de Pierre Mouchot et sa tante ont décidé de rééditer le N°1 (si rare) afin que les collectionneurs puissent enfin compléter leur collection. Une souscription sera lancée via des revues spécialisées et des sites de BD. Viendra ensuite une réédition de la collection complète collector (7-8 fascicules par album).
Claude Moliterni

Fantax
Chott (pseudonyme de Pierre Mouchot) & J.K. Melwyn-Nash (pseudonyme de Marcel Navarro)
Comme Zorro, Superman ou Batman, Fantax est un héros ambivalent. En apparence, il se nomme Lord Horace Neighbour, porte un monocle, est attaché d’ambassade et vit paisiblement auprès de son épouse, la charmante Patricia. Mais il peut aussi se transformer en justicier impitoyable, revêtant cape et cagoule. Il fait preuve alors de cruauté en jetant, par exemple, ses ennemis dans une fosse aux crocodiles.

Après un court passage dans l’éphémère Paris-Monde illustré de Lyon, Fantax a débuté en fascicules de récits complets à partir du 15 juillet 1946 aux éditions Pierre Mouchot. Sur trente-neuf numéros, avec un graphisme très inspiré de Hogarth, Chott a élaboré des couvertures superbes en laissant à ses assistants, Bob Roc et Claude Bardet notamment, le soin de dessiner les épisodes. Le succès fut immédiat (le premier numéro, épuisé dès janvier 1947, étant devenu un objet de collection mythique) et marqua profondément les gamins et adolescents de l’époque. Il est vrai que les scènes de violence, d’un réalisme outrancier, les changeaient des gentils héros du type Spirou et Tintin.
Un tel individu ne pouvait qu’avoir des ennuis avec la censure de l’époque. Après trente-neuf numéros, la série fut interrompue au cours du second trimestre 1949. Traîné devant les tribunaux de 1955 à 1961, Chott tenta plusieurs fois de faire revivre son héros, notamment sous forme de nouvelles dans Fantax Magazine (six numéros de juin à novembre 1949), dans Reportages sensationnels, aux splendides couvertures (cinq numéros d’octobre 1950 à février 1951), puis dans une autre série, Fantax, en format à l’italienne (neuf numéros de février à octobre 1959). Dans cette dernière mouture, la fille de Fantax, Barbara, que l’on croyait morte au n° 39 de la 1re série, ressuscitait.
Un seul album est paru, Fantax est de retour, publié par la revue Bédésup sous forme de numéro spécial en 1986.
En Italie, Fantax fut édité en 1948-1949 par Giovanni De Leo dans des fascicules qui rappellent les publications françaises, mais avec une couverture dessinée cette fois par Almay. Une réédition est réalisée en 1957. Puis, après différentes publications pirates, une parution légale a enfin lieu aux éditions Camilio Conti, en fac-similé, avec les vingt-quatre fascicules italiens de De Leo, auxquels s’ajoutent les n° 25 à 39 inédits en Italie.

CHOTT (pseudonyme de Pierre MOUCHOT)
France
7 juin 1911 à Montbard
1966
Chott se fait connaître à la fin de l’année 1940 en travaillant dans les journaux de la Sagédition repliée à Lyon : Jumbo et Aventures, ainsi que dans les récits complets correspondants : « Jeunesse nouvelle » et collection « Victoire » (série verte) où il fait surtout des calques et des retouches. Il crée ses propres bandes dans les périodiques de la S.A.E.T.L. : Cendrillon avec Passerose (1943) et Pic et Nic avec Tristan et Iseult (1943-1944), Gus et Gaëtan (1946).
Il publie aussi deux albums d’Achille Bouyan aux éditions du Chevalier Bayard à Toulouse en 1942.
Son œuvre majeure, Fantax, celle qui va le faire connaître auprès du grand public et le traîner devant les tribunaux, paraît d’abord dans l’éphémère hebdomadaire lyonnais Paris-Monde illustré, à partir de février 1946.
Chott devient son propre éditeur en fondant les éditions Pierre Mouchot en juillet 1946. Aussitôt, il publie Fantax sous forme de fascicules aux chatoyantes couleurs, un justicier masqué très inspiré des héros américains Tarzan, le Fantôme et Hour Man, confronté à des situations ultra-violentes avec quelques pointes de cruauté et de sadisme qui vont déchaîner les censeurs de l’époque. Après trente-neuf numéros (qui marqueront à jamais toute une génération de lecteurs), Chott, menacé par la fameuse loi du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, préfère saborder Fantax au milieu de l’année 1949. Mais il le fera renaître peu après dans des nouvelles policières (Fantax Magazine) et à nouveau en bandes dessinées dans Reportages Sensationnels, d’octobre 1950 à février 1951.

Parallèlement, Chott continue une carrière de dessinateur dans l’hebdomadaire franco-belge Wrill avec L’Or des Omahas (1946-1947), Mowg fils de la brousse (1947-1948) et Buffalo Bill (1948-1949). Dans sa propre maison d’édition, il se contente d’illustrer les couvertures de séries dessinées par des collaborateurs talentueux qu’il a formé : Bertrand Charlas, Claude Bordet, Robert Rocca (Bob Roc), Rémy Bordelet, pour Big Bill le casseur (1947-1954), Bertrand Charlas pour Robin des Bois (1947-1950), René Bertolo et Claude Rittau pour Gus et Gaëtan (1948-1954), mais il crée seul P’tit-Gars (1952-1953). Pour satisfaire à l’article 4 de la loi du 16 juillet 1949 (qui exige un comité de direction d’au moins trois membres pour les firmes publiant des périodiques destinés à la jeunesse), Chott dissout les éditions qui portent son nom et fonde, le 1er juin 1951, la Société d’éditions Rhodaniennes (S.E.R.). Mais la concurrence est rude et, afin de lutter contre elle, il va peu à peu diminuer le format de ses publications pour en augmenter le nombre de pages. Après Rancho (1954-1958), Rancho Spécial (1955-1961), Fantasio (1957-1961), Kiki Sprint (1958-1959), de tailles intermédiaires, il passe au petit format avec Bip Fiction (1958), Punch, Rangers.
Mais, préoccupé par les attaques des censeurs, Chott commence à se désintéresser de ses productions qui baissent en qualité. Car une longue série de procès a débuté en mars 1955 à l’initiative de l’Union départementale des associations familiales du Rhône. Pendant six années, les condamnations vont succéder aux relaxes. Mais le 12 janvier 1961, un jugement devant la Cour d’Appel d’Angers accélère la liquidation judiciaire de la S.E.R., rachetée par Édi-Europ à partir d’août 1960. Profondément marqué par les campagnes de presse qui ont fait de lui un bouc émissaire et par l’effondrement de sa maison d’édition, Chott meurt prématurément en 1966.
Michel Denni

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3 réponses à LE RETOUR DE FANTAX

  1. Anonyme dit :

    Bonjour,
    Nous sommes quelques amateurs suisses intéressés par ce projet. Pouriez-vous nous communiquer les coordonnées des éditeurs du futur Fantax afin de pouvoir, le cas échéant, souscrire à cette réédition?
    Par avance merci.
    Cordiales salutations
    Charles Hug
    charles.hug@bluewin.ch

  2. belinda dit :

    En possession de la bd ptit gars 1952 j aimerai connaître sa valeur merci d avance