« Gamaran » T1 par Yosuke Nakamura

« Gamaran », c’est un vrai phénomène dans son pays d’origine. Publié par Kodansha dans le Shônen magazine, cette série comporte déjà 17 volumes. En France, c’est l’éditeur Kana qui se lance, quatre ans après le Japon, dans la publication de ce feuilleton-fleuve destiné aux jeunes adolescents. Au menu, combat épique d’une tête brûlée de 14 ans, à l’époque médiévale.

Ce manga cible, avant tout, les jeunes de maintenant qui, il y a quelques années, auraient pu apprécier « Kenshin le vagabond », « Naruto » ou « DragonBall ». Le scénario est basique et assez répétitif : ce qui facilite sa parution en chapitres hebdomadaires. Un seigneur de l’époque Edo (1600 -1868) a 31 fils. Chacun pouvant prétendre à sa succession. Afin de les départager, il décide d’organiser un tournoi ou chaque enfant sera représenté par une école d’art martial de son choix. Bien évidemment, à la fin, il ne devra en rester qu’un en lice et, pour cela, toutes les techniques sont autorisées. Le 28ème de ses fils, Naoyoshi Washitzu jette son dévolu sur l’école Ogame où officie le grand maître Kurogane. Pourtant, à son arrivée, il est accueilli par un étrange garçon qui ne cherche que le combat et qui excelle dans son art, malgré son jeune âge. La déception de Naoyoshi n’en sera que plus grande lorsqu’on lui apprendra que le grand maître qu’il cherche a disparu depuis des années, en ne laissant derrière lui que ce garçon : Gama, dernier disciple du dojo et fils de Jinsuke Kurogane, le guerrier aux mille visages. Gama est impétueux, bagarreur, incontrôlable et d’une ténacité impressionnante. Tout ce qu’il faut pour mourir rapidement face à un adversaire encore plus fort que lui. Pourtant, il gagne ses combats grâce à un entraînement intensif auquel il s’est astreint a depuis l’âge de 9 ans. Ainsi commence la succession d’épreuves qui attend ce combattant hors normes.

Ce premier volume ne fait qu’introduire l’histoire et définit les règles du tournoi qui vont se dérouler de volume en volume. Rien de bien original et on pourrait même penser que le sujet n’offre qu’une suite de combat à répétition. Pourtant, si l’auteur a réussi à captiver son lectorat pendant 17 volumes, c’est bien qu’il a autre chose derrière. D’une part, les actions sont magistralement mises en scène, elles ne sont pas répétitives. Gama progresse en tenant compte de ses erreurs pour être prêt à affronter des combattants de plus en plus forts. D’autre part, il ne possède aucun pouvoir magique ou de coéquipier pour le sortir d’affaire. Ce sont bien ses aptitudes au combat et ses capacités physiques, dues à un travail acharné, qui constituent son seul recours face à des adversaires aussi déterminées que lui. Néanmoins, son arrogance et sa trop grande confiance rendent le personnage quelque peut antipathique. Il a tout du jeune homme fougueux complètement inconscient face à un adversaire à la force bien supérieure. Mais cela fait partie du personnage, et les autres protagonistes sont là pour contrebalancer ce trait de caractère.

« Gamaran » est clairement un manga d’action. Le héros ne se perd pas en longs palabres philosophiques sur sa condition et ce qui va l’amener à vaincre son ennemi. Il attaque de front celui-ci et les combats s’enchaînent ,sans moment de latence. La psychologie des personnages n’est pas le point central, contrairement à la plupart des titres du même acabit. Il faut que cela aille vite, mais aussi que le lecteur puisse suivre. C’est sur ce point que Yosuke Nakamura, le créateur de ce titre, est très fort. Il arrive à mettre en scène des séries d’affrontements toujours clairs et compréhensibles. Le dessin est soigné et on est à même de reconnaître tous les protagonistes tout en étant subjugué par les enchaînements survoltés de ces combattants. En revanche, comme c’est toujours le cas, le héros n’arrivera pas à vaincre ses ennemis du premier coup. L’issue de certains combats peut s’avérer incertaine, mais vous vous en doutez, pour que l’histoire continue, il faut que Gama progresse et avance vers le but final en éliminant les autres concurrents sur son passage.

Ce premier tome sert d’introduction à la série. Peu de combats épiques, même si on est vite dans le bain. Le tournoi se met timidement en place et c’est dans les volumes suivant que les talents du héros vont réellement se dévoiler. Il ne faut pas chercher un message quelconque derrière cette œuvre, c’est juste un divertissement faisant s’affronter un maximum de combattants. À destiner exclusivement aux plus jeunes amateurs de ce genre guerrier.

Gwenaël JACQUET

« Gamaran » T1 par Yosuke Nakamura.
Édition Kana (6,85 €) – ISBN : 978-2505015499

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