PLUS DE LECTURES DU 30 JUIN 2008

? Le marquis d’Anaon T.5 : La chambre de Kheops ?, ? Bigfoot T.3 : Créatures ? et ? Manson T.1 : Un jour dans la vie d’Eduardo Chavez ? par Paolo Bisi et Cédric Rassat.

? Le marquis d’Anaon T.5 : La chambre de Kheops ? par Matthieu Bonhomme et Fabien Vehlmann – Editions Dargaud (13 Euros)

Après avoir exploré la Savoie et l’Auvergne, voici que Jean-Baptiste Poulain part pour l’Egypte, après avoir hérité d’une somme rondelette de la part d’un total inconnu. En effet, l’ouverture du testament étant entourée de pas mal de mystères, notre marquis décide d’en savoir un peu plus sur ce monsieur Leone dévoré par trois crocodiles, lors d’une chasse au trésor au Caire, et qui, n’ayant pas de descendant, a décidé de procéder à la répartition de ses biens entre des gens qu’il ne connaissait pas mais qu’il avait jugées dignes de ces largesses ; ces derniers ayant déjà prouvé leur valeur par leur action ou leur travail dans cette société peu équitable du XIIIème siècle. Exotisme, Histoire, sociologie, amour et aventure font bon ménage dans ce cinquième opus aussi énigmatique que les précédents. A sa lecture, on sent que le talentueux scénariste Fabien Vehlmann (« Seuls », « Ian », « Les cinq conteurs de Bagdad »…) est passionné par son sujet, s’interrogeant, comme beaucoup, sur l’utilité de la célèbre pyramide de Khéops. D’ailleurs, il fait, de ses interrogations, l’une des trames les plus intéressantes de son récit naturaliste et documenté. On devine aussi que le formidable dessinateur qu’est Matthieu Bonhomme s’est également fortement impliqué dans le scénario, ainsi que dans la psychologie des personnages, tellement ses illustrations sont en totale synergie avec l’histoire. On ne peut qu’être admiratif devant sa représentation de cette ridicule noblesse française émigrée, repliée sur elle-même, et des dangers nocturnes des rues cairotes : la précision et la finesse de son travail (brillamment mis en valeur par les couleurs de Delf) devraient servir d’exemple à d’autres graphistes bien plus médiatisés que lui !

? Bigfoot T.3 : Créatures ? par Nicolas Dumontheuil – Editions Futuropolis (17 Euros)

Comme l’a fait Christophe Blain avec son « Gus », Nicolas Dumontheuil casse, lui aussi, les canons du Western, en retraçant l’itinéraire de deux tueurs professionnels du Middle West qui, avec leurs angoisses existentielles, ont perdu le goût de dégainer. L’un est accablé parce qu’il est moitié Indien, et l’autre est un Noir égaré dans un monde plus blanc que blanc… Ce récit, complètement loufoque, s’inspire des récits parodiques de l’écrivain américain Richard Brautigan et rassemble une galerie de portraits assez drôles (dont un John Wayne vieillissant, relégué au rang de simple figurant) : son ton trivial et son trait décalé allant de paire pour démystifier tous les codes de la conquête de l’Ouest ! A noter, pour ceux qui n’ont pas encore lu les deux premiers volumes, que les éditions Futuropolis proposent, désormais, les trois tomes dans un très beau coffret (47€ prix éditeur)…

? Manson T.1 : Un jour dans la vie d’Eduardo Chavez ? par Paolo Bisi et Cédric Rassat – Editions Glénat (9,40 Euros)

Adapter en bandes dessinées la scandaleuse affaire Sharon Tate, actrice dont le plus grand titre de gloire était d’avoir été la compagne du réalisateur Roman Polanski, à la fin des années soixante, et que l’on a retrouvée assassinée au milieu d’autres cadavres dans un somptueux appartement à Los Angeles, n’était pas une mince affaire. Pourtant, le scénariste Cédric Rassat (déjà remarqué sur deux autres séries policières chez Glénat : « La frontière » et surtout « William Panama ») s’en sort la tête haute, traitant le sujet avec retenue, en se concentrant sur les psychologies des différents protagonistes : qu’ils soient des gens comme vous et moi ou d’illustres protagonistes (tels l’acteur Steve McQueen sauvé par son penchant pour les prostituées, ou encore le célèbre leader illuminé et charismatique Charles Manson à la tête d’une communauté hippie). L’album, porté par un graphisme très réaliste, précis et détaillé (Paolo Bisi est l’un des dessinateurs employés par Bonelli sur la série « Mister No »), se lit d’une traite, comme une bonne série télé américaine, tout en provoquant nombre de questionnements et d’attentes. A suivre, vite…

Gilles RATIER

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