«  Hadès » T1 par Shô Aimoto

Pour leur nouvelle série «  Hadès », Akata nous propose un shônen pur et dur qui mélange atmosphère mystique et aventures style « Club des cinq » : un bon manga pour passer un été tranquille, même si l’action se passe dans une école (comme c’est bien souvent le cas…).


Itsuhito Hadès est le nouvel infirmier du collège Tokofushi où étudie Ashitaba, Mimasaka et Fuji. Il remplace Mlle Saori que tout le monde adorait. Ce nouvel infirmier est particulièrement flippant avec ses attitudes bizarres et son visage glauque couvert de craquelures. Ce que ne savent pas les élèves, c’est qu’en fait, Hadès est un chasseur de psycho démons. Ce sont des êtres malfaisants qui profitent des faiblesses et des moments de doute des humains pour s’emparer de leur esprit. L’hôte devient dépendant de ce parasite et risque de commettre des crimes sous l’emprise de la folie.

Ce manga est tiré du célèbre Jump. C’est dans ce magazine japonais que sont publiés « Naruto », « One piece », « Dragon Ball », « Bakuman » et beaucoup d’autres séries extrêmement populaires. De toutes les revues de prépublication, c’est celle qui affiche le plus fort tirage. Pour arriver à ce résultat, une seule recette depuis 1968, beaucoup d’aventures mettant en scène des jeunes garçons (la cible privilégiée de ce type de manga) et, aussi, une petite dose d’humour. «  Hadès » se fond dans le moule typique des mangas estampillés Jump. Tous les chapitres sont indépendants les uns des autres : à chaque fois, un nouveau démon apparaît et il faut que le héros, Hadès, réussisse à l’éliminer. Le groupe d’amis est très stéréotypé : un jeune naïf et un peu maladroit, mais terriblement normal ; un gros, peureux et de mauvaise fois, le beau gosse, sur de lui, mais assez froid avec les autres élèves et, bien évidement, une jeune fille forte, aventureuse et à la curiosité exacerbée. En plus des combats contre les démons, il fallait un fil conducteur pour pimenter un peu l’histoire. C’est pourquoi chaque épisode approfondit les relations qui existent entre les différents protagonistes. Chaque victime est prétexte à découvrir un vice typique de la nature humaine et ainsi mieux le connaître pour mieux le combattre.

Ce manga suit donc des règles bien établies, de quoi séduire facilement le plus de lecteurs possible. Pourtant, sous la simplicité de la trame de base (la chasse aux psycho démons) se cache une vraie histoire évoluant de chapitre en chapitre. Au fil des épisodes, on découvre ce qui a poussé M. Hadès à devenir ce qu’il est, quelle est le mystère entourant la principale du collège, ainsi que tous les secrets véhiculés par une vaste gamme de personnages secondaires, amis d’enfance ou amoureux transis. Cela permet d’offrir une trame parallèle et, ainsi, d’éviter la monotonie. Peu de combats dans ce titre, ou plutôt ils sont expéditifs, on est loin de « Dragon Ball » avec des bagarres pouvant s’éterniser sur trois ou quartes chapitres, ici, le problème est réglé en une ou deux pages. Il faut dire que ce n’est pas le propos de ce récit. L’auteur se penche plus sur les peurs irrationnelles des humains et sur ces démons venant s’infiltrer dans les âmes des personnages plus faibles. Ce sont eux, les possédés, qui sont les plus intéressants : car ils soufrent intérieurement et ont quelque chose à nous raconter. Comme dans la plupart des shônens, ce sont les questionnements existentiels propres à l’adolescence qui sont passés en revue. De quoi créer de nombreux chapitres, le sujet étant si vaste.

Si l’histoire est classique, «  Hadès » est un manga intéressant du fait des mystères entourant ses protagonistes. Comme les réponses ne sont délivrées qu’au compte-gouttes, le lecteur est facilement captivé par ce récit. C’est réellement la nature humaine et ses mystères qui donnent un ton et un piquant inhabituel, bien loin des sempiternels combats à rallonge entre le bien et le mal.

Gwenaël JACQUET

«  Hadès » T1 par Shô Aimoto
Édition Delcourt (6,99 €) – ISBN : 2756031747

HOKENSHITSU NO SHINIGAMI © 2009 by Sho Aimoto / SHUEISHA Inc.

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