Giraud-Moebius pour le disque : 33 tours et plus dans les étoiles

Après les mémorables « Coins du patrimoine » proposés par Jean Depelley, Gilles Ratier et Jacques Dutrey (1), voici un quatrième hommage à ce géant du 9e art qu’était Jean Giraud, plus connu sous le nom de Moebius, décédé le 10 mars 2012, à l’âge de soixante-treize ans, des suites d’une longue maladie. C’est aussi l’occasion, pour bdzoom.com, d’accueillir un nouveau collaborateur : Patrick Bouster, déjà responsable, notamment, d’un conséquent et très précis dossier sur les premières productions du créateur graphique de « Blueberry » et de « L’Incal », paru dans le n°100 de l’indispensable revue Hop !, en décembre 2003 !

Dans son immense univers, explorons la plus petite planète : les dessins pour le disque. À coté des dessins connus, on y découvrira, peut-être, d’autres qui le sont beaucoup moins.

 Période « ancienne » (1968-1977) :

Cinq ans après la création de Blueberry,  Giraud reçoit la commande d’illustrer un 33 tours d’Eddy Mitchell, bien connu pour apprécier la bande dessinée. Le chanteur n’a jamais caché son admiration envers Jean Giraud (et d’autres). Et il y restera fidèle, notamment en signant la préface du « portfolio Blueberry » édité par Stardom, en 1994, et en demandant à Moebius la couverture du collectif « Mr Eddy » (éditions Soleil, 2003). Pour « 7 colts pour Schmoll » (Barclay, 1968), Giraud ne fait pas dans la demi-mesure : une couverture, une BD de deux planches couleur (à savourer ci dessous et dans « Le Tireur solitaire GIR œuvres tome 2 », ouvrage publié aux Humanoïdes associés, en mai 1983), et sept dessins représentant Eddy-Schmoll et les musiciens en dos de couverture ! Dans cette BD clin d’œil à Blueberry mais sans lui, Eddy est l’acteur (comique) principal bien sûr, mais on y voit aussi Johnny Halliday en guest-star. D’emblée, le dessinateur place la barre très haut : cet investissement n’aura guère d‘égal.

Il faut attendre cinq ans pour qu’apparaisse à nouveau la patte de Giraud sur un disque : pour Marcel Dadi, la couverture du 45 tours « Blueberry – L’Écho des Savanes » (RCA, 1973). Le dessin, au style « crasseux » mais lisible, encré avec la maestria de l’époque de « L’Homme qui valait 500 000 $ » inspirée du style western italien, est, disons-le, splendide. L’Écho des Savanes est évidemment un clin d’œil à la jeune revue fondé par Gotlib, Brétécher et Mandryka, qui, on va le voir, a des liens avec les deux artistes.

Ensuite, la signature passe à Moebius pour longtemps.

Toujours pour ce guitariste, notre dessinateur illustre la couverture du 33 tours « Dadi’s folks » (Transatlantic, 1973), dans un style naïf et pastel rarement repris ensuite, où Dadi est entouré d’animaux improbables ; à voir aussi dans « Le Désintégré réintégré, Moebius œuvres complètes tome 5 », publié aux Humanoïdes associés, en janvier 1984.

L’instrumentiste est un habitué des dessinateurs BD : nombre de ses disques sont illustrés par Gotlib, Alexis, Mandryka, en gros l’équipe de L’Écho des Savanes, et du futur Fluide glacial si l’on ajoute Loup et … Moebius, qui collaborera aussi dans certains des quarante  premiers  numéros. 

Pour le groupe indépendant « Jazz septet-Ogoun ferraille », on a peut-être là le dessin le plus sombre et bizarre : un paysage presque abstrait. Non signé, il ne pourrait pourtant pas être d’un autre dessinateur. À noter que le titre exact du disque, ne figurant qu’au dos, est : « A Blueberry rides again ».

Avec le double disque de compilation française Jimi Hendrix 1/ « Are you experienced/Bold as love » (Barclay, 1975), Moebius signe sans doute sa couverture la plus célèbre. Le dessin en long, destiné à couvrir les deux couvertures du « fold-out » représente le chanteur-guitariste absorbant une soupe aux effets magiques, allusion limpide, qui donnera sa couverture (la moitié) à « Voodoo soup », un CD de compilation de 1995. Du Moebius typique de 1975, celui d’ « Arzach » et de Métal hurlant, repris dans « Le Désintégré réintégré, Moebius œuvres complètes tome 5 ». On retrouvera Hendrix-Moebius, mais beaucoup plus tard, une autre histoire non liée au disque… 

Pour Guy Béart (choix étonnant, mais il s’agit d’une commande, comme pour la plupart), il fera, en 1977, deux dessins pour « Futur Fiction Fantastique », souvent à tort intitulé « L’Avenir », titre d’une chanson mentionné en plus grand que les autres sur la couverture. Il faut y voir l’influence culturelle de Métal hurlant ces années-là.

Vraisemblablement à l’acrylique, le premier dessin campe un cosmonaute du futur, un peu à la Martin Kove plus tard (voir « Made in LA », page 48), en plus détaillé, tandis que le second, sans personnage, est plus évocateur, avec les vaisseaux dans une belle lumière spatiale.  Moebius a lettré tous les titres et crédits. 

 Période « intermédiaire » (1978-1991) :

Un seul disque, daté 1983 (et non 1984 comme certains sites l’affirment) appartient à cette époque,  une tranche de vie « Jean Gir », à la production empreinte d’une certaine naïveté et très inégale (portfolio «Cristal saga », « Destin 3 » pour Edena, dessins période Tahiti…).  La couverture de « Fugueur » pour la chanteuse Lucid Bausonge a la chance d’accueillir une belle vision de nuit d’un quai de gare d’où partent des elfes, créatures déjà présentes dans son univers avant même « Le Monde d’Edena ». Tronqué par le disque, ce dessin a été repris en entier dans le recueil « Starwatcher ». Il sera retravaillé pour la SNCF (sa compagnie des wagons-lits et de restauration) sous forme de carte postale publicitaire « France rail » offerte aux clients, en le simplifiant et en ajoutant le TGV naissant (très vraisemblablement 1984).

Période « récente » (1992-2011) :

Elle commence avec Sylvain Despretz qui a collaboré avec lui dans cette décennie 1990 : une couverture de la revue comics américaine Marvel Tales (1991), storyboards et études pour les projets de films « Starwatcher » (1991-1992) et « The Long Tomorrow » (1997)… Ils co-signent la couverture de « Dr Heavy & Mr Hard » (Carrere, 1992), compil de hard rock pas courante. Rien d’exceptionnel : un portrait évidemment divisé en deux parties contradictoires, pour lequel on ne sait pas qui a fait quoi…

Ensuite, retour au vinyl avec un EP 45 tours paru en 1995, « Le Bal des vauriens » : il s’agit d’une compilation qui se dénomme « Street Punk », des groupes Charge 69, The Herberts, Kro men et Total Regression. Moebius n’en a pas fait la couverture, confiée à Beltran.

Mais grâce à Alteau, dessinateur (et fondateur de The Herberts), qui connaissait Jean Giraud, le dos du disque a bénéficié de la collaboration de Moebius.

Le dessin, en noir et blanc, d’une jeune fille, d’un style similaire aux petits dessins des pages de gauche de « Griffes d’ange » (beaucoup moins crus et osés que les grands des pages de droite.) Outre ce disque, où trouver ce dessin vraiment pas courant ? Dans un catalogue d’enchères, ou … dans un Moebius Groove de 1995, éphémère feuillet d’un fan club de l’époque. 

Deux collaborations plus importantes que les autres : Tony Hymas et Faton Cahen, par amitié.

 Tony Hymas et son groupe :

Le coffret « Laissé pour mort » (1995) rassemble un portfolio Stardom, avec de très beaux offsets de Moebius, Boucq et Cabanes, et de six CD réunis en pochette tissu (NATO).

Pour la musique, il s’agit simplement d’une réédition du double CD « Left for Dead », illustré par Max Cabanes, augmentée des CD du même groupe de 1990 et 1995.

Datées de 1994, les six acryliques de Moebius représentent toutes des chefs Indiens, d’après les photos illustrant déjà le premier double CD « Oyaté » de Tony Hymas (NATO,1990).

Seul un dessin a été repris, en petit, à la quatrième de couverture du livre d’images « Blueberry’s » (1997).

Ensuite « Oyaté », réédité en long box 2CD (NATO, 2005), empruntait l’aquarelle du chef Indien sur son cheval sur fond de ciel gris d’un poster Stardom daté 1994 (in « Blueberry’s »).

Belle prise également, le deuxième travail pour ce groupe : « Eight Day Journal » (1998), avec neuf dessins couleurs, y compris la couverture inédite. Cependant on peut penser qu’ils n’ont pas tous été réalisés pour ce CD car plusieurs techniques, styles et dates coexistent :

-         six dessins noir et blanc et couleurs datées 1996 : superbes, en liberté, magnifiés par la transparence de l’encre de couleurs, non réédités sauf certains dans des catalogues d’enchères.

-         une acrylique couleurs datée 1997, au style et au traitement mat très similaire aux œuvres pour les ventes à la librairie « Les Petits Papiers » de Bruxelles (1997-1998), dont on peut voir certains dans « Infinito » (catalogue d’exposition en Italie, Nuages, 1998) et dans les huit offsets Moebius (Stardom, 1998). De taille originale réduite (souvent 13 X 16 cm), elles passent sans dommage sur un livret CD.

-         deux acryliques datées 1998, vraisemblablement liées au projet, dont une pour la couverture. 

Imprimés moins grands qu’une page de livret mais agréables et lisibles, tous semblent provenir d’originaux au format réduit, tel qu’il en produisait beaucoup dans cette fin des années 1990. La taille chez Moebius est accessoire, tant ses dessins sont ouvragés, fins, et les couleurs époustouflantes, contrairement à certains travaux de commande signés Gir dans cette période, des aquarelles rapides et plutôt « relâchées ».

« Hope street MN » de Tony Hymas  (2002) a une ultime couverture de Moebius, unique dessin, très beau, très pur, repris fidèlement en affichette carrée (la jaquette pliée en quatre dans le CD), ainsi qu’en tract avec des couleurs un peu plus soutenues (« Avec le temps »), les deux annonçant un concert le 28 janvier 2003 pour lequel Moebius oeuvrera en direct ! Ces dessins peuvent être vus dans le DVD « MétaMoebius » (de Damian Pettigrew, 2010).

La collaboration avec Faton Cahen, pianiste de jazz, est moins fournie.

D’abord, pour « Calme dans les étoiles » (1999), le plus complet, présente douze dessins inédits en noir et blanc, non datés. Ici encore, le format CD n’est pas ridicule : petits dessins dans des carrés, ligne claire, dont chacun prend le titre d’une des douze chansons. Dessins en stock, dessins exprès ? Le livret s’achève avec un dessin rapide représentant le jazzman, style dédicace.  Deux reprises : d’abord la couverture, superbe, d’un bloc cristal dans le ciel étoilé, publié en couleurs moins saturées, en 2000, dans « Impressions numériques », sous le titre « Barcelone 3/8 année 1996 » (en fait, un dessin initialement en noir et blanc d’une exposition de Dominique Mirambeau à Barcelone en 1992), repris dans « Le Sourire du cristal », en 2001, de la même Dominique. Ensuite, un dessin noir et blanc d’une carte de visite Stardom (en couleurs), antérieure d’un ou deux ans, et republiée également dans « Impressions numériques ».

« Cœurs à corps » est le deuxième et dernier CD pour le jazzman, rebaptisé Don Faton, en toute simplicité ! (Naive, 2008) : un dessin rapide noir et blanc comme une dédicace, daté 2008 pour le dos de la couverture et repris au livret, et une  aquarelle simple, datée 2005, de Faton aux cotés de son piano, qui semble être un cadeau au musicien.

Deux produits jumeaux Gir-Moebius : les CD digigipack de Blueberry et de Moebius, tous deux de 1997, chez le même éditeur (PRONEA).

Le dernier disque signé Giraud, « La Ballade de Blueberry », reprend largement des publications récentes : le superbe duel avec l’Indien (signé Moebius et publié en feuillet deux pages dans le port folio Stardom de 1994 !), le poster Chihuahua Pearl chantant au saloon (les deux repris dans « Blueberry’s ») et d’autres dessins. Seule la couverture est inédite, un portrait jaune-marron de Mike Myrtille, élégant et énigmatique, repris dans un ex libris signé. Les couleurs changent suivant ces impressions : gold et marron pour le CD, marronnasse terne très décevant pour le tiré-à-part, et gold, marron et fond gris varié qui n’est visible que sur la reproduction de l’original sur un catalogue d’enchères !

Le Moebius, « Dust Rider » du groupe Black out, offre plus : un paysage de désert avec moto pour les volets extérieurs et une taverne sombre, assez connue, car éditée en ex libris, pour les volets intérieurs. La couverture recto (le motard) a elle aussi été reprise en ex libris, faisant découvrir une moitié gauche inconnue sur le CD (le désert avec la taverne).

Revenons en 2008, avec la belle surprise de « La Planète bleue volume 05 », superbe couverture de la jaquette, complète sur les volets extérieurs et intérieurs : une antenne dans la végétation, dessin sur ordinateur. Une reprise : la créature dans un œuf, provenant d’une illustration pour La Vie (2004). Les autres dessins sont inédits : un bel Arzak en couleurs entre mer et ciel (republié partiellement dans le Cahier de coloriages de Cartier, expo Moebius Transe forme, 2010), deux dessins abstraits en couleurs, et un splendide dessin d’un extra-terrestre devant son ordinateur parmi les pierres de son antre. 

Quel dommage, surtout pour le dernier, qu’ils soient trop petits et souvent sur deux pages !!

« Tels – Alain Bashung » (2011) :

Moebius ayant fait un dessin nb en hommage au chanteur pour Libération, il était logique qu’il soit sollicité, pour ce CD où se croisent Biolay, M, Vanessa Paradis, Noir Désir, Raphael, etc.

Douze dessins noir et blanc illustrent le livret, au trait simple et clair, rêveur.

« Walking in Paris » (2011) : the very last one

L’ultime travail pour la musique, signe des temps, illustre une carte avec clé USB, pour l’album dématérialisé de Joseph Cotton, produit par « Moebsound ». Raphael, musicien, le troisième enfant de Jean (et le premier avec Isabelle), accompagne le chanteur. Un seul dessin est connu : celui du recto de la carte.

En-dehors des exceptions signalées, on ne trouvera pas les dessins pour disques dans les différents livres d’images de Moebius. Les amateurs intéressés doivent donc fouiner.(2)

D’autres disques reprennent des dessins conçus pour d’autres supports comme l’affiche de films : les B.O. de « La Trace » (de l‘excellent Nicola Piovani, avec Marc Perrone), des « Maitres du temps », …

Signalons pour mémoire, les dessins réalisés en direct lors de concerts-événements, comme pour le groupe de Tony Hymas et pour la « Soirée Nomade » avec la fanfare Piston Circus, en clôture de l’exposition Cartier le 10 mars 2011.

Dessin réalisé pour le concert Tony Hymas (« Avec le temps ») de 2003 ( Hope street MN).

On pourrait aussi évoquer le portfolio Jimi Hendrix ou d’autres, mais stop !  Sinon, les ramifications risquent de nous entrainer trop loin, avec un effet Grubert inévitable… (d’autant que je n’ai pas de rechange de palpeur de mirettes).

 Patrick BOUSTER

 Mise en page : Gilles Ratier

(1) Voir Pour se souvenir de Moebius…Pour se souvenir de Jean Giraud (alias Gir ou Moebius)… et Et Gir redevint Moebius… : genèse !

(2) Je me permets de recommander particulièrement, pour la qualité et la quantité, « Calme dans les étoiles » et « Eight Day Journal », qui comme par hasard, sont les plus Moebiusiens et surtout, sentent moins la commande.

 

 

 

Galerie

7 réponses à Giraud-Moebius pour le disque : 33 tours et plus dans les étoiles

  1. Christophe Compin dit :

    Excellent travail de compilation ! mais si l’on veut être plus exhaustif ou pinailleur (au choix), il manque les deux disques des « Maitres du temps » de 1982 (45T et livre-disque 33T) et le disque du groupe Part of Art de 1981 intitulé Moebius avec un petit arzach en couverture, mais dont on sait pas s’il est de Moebius. (lien ci-dessous)
    http://www.discogs.com/Part-Of-Art-Moebius/release/1033934

    Merci encore de vos articles toujours très intéressants !

    • Patrick Bouster dit :

      Merci beaucoup ! C’était intéressant…
      Je n’ai pas mis les disques des Maitres du temps car l’article se base sur les travaux originaux réalisés pour les disques. Or, tous les disques de ce dessin animé sont illustrés par le dessin de Moebius pour l’affiche.
      Le disque de La trace, dans le même cas, a été mis pour mémoire.

      Je découvre le petit Arzach sur « Moebius » de Part of art, et je suis perplexe. Ce dessin ne figure pas dans les différentes histoires d’Arzach : peut-être a t-il été fait par Moebius, peut-être est-ce un dessin imitation-hommage. A mon avis, il serait trop anecdotique pour être de Moebius, qui vraisemblablement aurait fait un peu plus pour la pochette, en 1981, si on lui avait demandé, surtout pour un disque intitulé « Moebius ».
      A suivre, merci en tout cas !

  2. dutrey jacques dit :

    Bravo Patrick! Beau boulot!

  3. Luke dit :

    Quel régal de voir toutes les illustrations des pochettes de disques réalisées par Giraud-Moebius ainsi réunies et commentées ! Bravo à Patrick, pour cet article !

  4. Patrick Bouster dit :

    Un petit complément : l’article a été légèrement actualisé concernant la couverture de « Calme dans les étoiles ». Si sa version couleur daterait de 1999 (pour « Impressions numériques », ou même avant, de 1996) sa version noir et blanc est bien antérieure : l’exposition « Cristal saga 22″ à Barcelone en 1992, réunissant entre autres, les 22 dessins noir et blanc publiés dans « Le sourire du cristal » (Trédaniel, 2001). D’où la confusion dans le titre « Barcelone 3/8, 1996, pourtant en partie vrai).
    Le titre originel est : « Vixoreati, Le givré ». Un grand merci à Mme Dominique Mirambeau, organisatrice de cette expo et auteur, entre autres, du « Sourire… », pour ces informations directes.

  5. Brindacier dit :

    Enfin! Grace à vous, j’ai enfin pu identifier ce petit original à l’acrylique que j’ai acheté il y a une bonne dizaine d’années à la librairie Brüsel. Il s’agit donc de la couverture du cd « Eight Day Journal »!
    Un grand merci pour cette révélation concernant une illustration que j’adore.

  6. Hors Serie dit :

    Bonsoir,
    Je viens de trouver cette couverture pour Abet Cuces de 2012.
    Tirée de « Les yeux du chat », pas sûr que Moebius ait pû être au courant!!!!!
    https://rateyourmusic.com/release/mixtape/abet_cuces/the_heinous_tape/
    Amicalement