Frank : l’esthétique de la nature et de l’émotion !

Le Centre Belge de la Bande Dessinée et Bpost viennent juste publier un nouvel opus de leur superbe collection Philabédé, consacré à Frank Pé : ce dessinateur qui a réussi à allier l’émotion et la représentation de la nature dans ses trop rares bandes dessinées (comme « Broussaille » ou « Zoo ») et qui signe de son seul prénom !

                       Ce « Frank Pé : cartes d’Afrique et d’ailleurs » (dont il existe aussi une version de luxe tirée seulement à six-cent-vingt-cinq exemplaires signés) va nous emmener à la découverte de son œuvre avec, entre autres, la reprise de deux aventures peu connues de « Broussaille » : « La Chapelle aux chats » et « Sandrine des collines ».

Cette dernière se déroulant en Afrique, c’était l’occasion rêvée de l’associer à une émission de timbres commémorant les cinquante ans d’indépendances du Burundi et du Rwanda.

Chaque album numéroté (de 1 à 1600) de la version normale reprend, d’ailleurs, la série Mystamp que la Poste Belge a consacrée à Frank, ainsi que les deux timbres réalisés spécialement pour cette occasion ; pour toutes précisions et commandes, voir le site du Centre Belge de la Bande Dessinée : http://www.cbbd.be/fr/editions/la-collection-phila-bd !            L’ouvrage contient, aussi, une longue biographie exhaustive et très illustrée de l’artiste, laquelle a été réalisée par votre serviteur. Ce « Coin du patrimoine » en reprend les grandes lignes, amputé des larges extraits d’interviews de Frank Pé, et tente de vous proposer des visuels adéquats, la plupart rares ou peu exploités.

            Frank Pé est né à Ixelles (sud de Bruxelles), le 15 juillet 1956. Issu d’une famille petite-bourgeoise traditionnelle, il nourrit son enfance de diverses lectures ; notamment celles des bandes dessinées où la poésie d’un coin de campagne dessiné par André Franquin dans « Spirou et Fantasio » ou dans « Gaston », par exemple, le marquera à tout jamais.

            Il collectionne aussi les livres sur les animaux  et il lui arrive, très souvent, de visiter les jardins zoologiques ; d’ailleurs, la première case de sa première bande dessinée, réalisée à l’âge de quatorze ans, représente l’entrée d’un zoo.

            Alors qu’il passe des heures à dessiner (encouragé par sa mère) et qu’il s’amuse à caricaturer ses professeurs, Frank abandonne l’école, en plein milieu d’une année scolaire. Embauché par José Dutillieu (qui deviendra, par la suite, responsable financier aux éditions Dupuis), il va travailler aux studios Belvision comme intervaliste, sur « Gulliver ‘s Travels », un film anglais de Peter R. Hunt, avec Richard Harris, qui sortira en 1976.

Mais il ne garde pas un très bon souvenir de cet emploi d’un mois qui consistait à passer son temps, dans une caricaturale ambiance de bureau, sur une table lumineuse avec un néon en dessous. Cette expérience le tiendra même longtemps éloigné du monde du dessin animé…

Entretemps, Frank va être fasciné par la lecture de « Comment devenir dessinateur de BD », le livre de Philippe Vandooren (futur rédacteur en chef de Spirou, de 1982 à 1987).

Esquisses réalisée à l'occasion de l'édition 2006 de la fête d'Andenne en Belgique et reprises dans le n°22 de L'Inédit, en septembre 2006.

Peu après, Frank décide de tenter sa chance dans cette voie qui semble lui convenir parfaitement et il réussit à publier une première « Carte blanche » dans le journal de Spirou, au n°1857 du 15 novembre 1973, alors qu’il n’a que dix-sept ans ; et une deuxième sera éditée, assez rapidement (un an plus tard, dans le n°1902 du 26 septembre 1974) !

première « Carte blanche » de Frank dans le n°1857de Spirou, daté du 15 novembre 1973.

           

Deuxième « Carte blanche » de Frank, dans le n°1902 de Spirou, daté du 26 septembre 1974.

Par le plus grand des hasards, la publication de sa première « Carte blanche » coïncide avec son entrée en section arts plastiques à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles, où il va rester trois ans.

À Saint-Luc, le jeune néophyte se passionne pour les peintures d’Alphonse Mucha (comme il se passionnera, plus tard, pour celles d’Egon Schiele ou de Gustav Klimt), ainsi que pour toute l’expression artistique de la fin du XIXe  et du début du XXe siècle.            À Saint-Luc, un groupe se crée autour du jeune Bernard Hislaire : Dédé, Bosse, Watch et Michel De Bom (le futur complice de Frank sur la série « Brousaille ») concoctent même un journal du nom de Zazou ; il n’y eut qu’un seul numéro, en 1976, auquel participèrent aussi Godi, Lagas, Guy Counhaye, Gust, Hugues Servé… et, bien entendu, notre étudiant dont les illustrations sont erronément créditées Franck.

            Ses études terminées, en 1977, l’apprenti dessinateur vit encore chez ses parents et effectue, parallèlement, divers petits boulots pour survivre. C’est aussi à cette époque qu’on lui présente le dessinateur et scénariste Jean-Marie Brouyère.

Ce dernier le remet en contact avec le rédacteur en chef de Spirou, lequel le prend sous son aile bienveillante et le fait travailler sur un récit d’aventures exotiques, teinté d’écologie, intitulé « Comme un animal en cage ».

« Comme un animal en cage ».

            Finalement, c’est Thierry Martens lui-même (sous le pseudonyme de Terence) qui va écrire cette aventure musclée et conventionnelle de « Vincent Murat » ; son ami Jean-Marie Brouyère, confronté à de nombreux problèmes personnels, lui en ayant délégué la réalisation technique ! Frank mettra six ans à la terminer (il a eu, entre autres, du mal à se débarrasser de l’influence graphique de Jean-Marie Brouyère, surtout visible dans les premières pages), alors que ce banc d’essai a été publié en seulement quatre semaines dans l’hebdomadaire, en 1984.

            Cependant, avec ce récit (et d’autres dus aux autres jeunes auteurs des éditions Dupuis), Frank Pé sera à l’origine de la création des collections Dupuis Aventures et Repérages, dont le but était de se démarquer du catalogue familial Dupuis. Cependant, même s’il eu, un temps, le projet d’en faire un deuxième épisode avec Philippe Tome (le scénariste des « Spirou et Fantasio » dessinés par Janry et du « Petit Spirou »), le personnage n’était pas destiné à continuer…            Entre-temps, et ce depuis 1978, Alain De Kuyssche a remplacé Thierry Martens à la tête du journal Spirou.

Demandeur de nouvelles séries moins traditionnelles, il tente de dépoussiérer l’hebdomadaire en imposant une équipe de jeunes auteurs où l’on retrouve Frank, Bernard Hislaire, André Geerts, Yann et Didier Conrad, Tome et Janry, Bosse et Christian Darasse…            En septembre 1978, Alain De Kuyssche confie la rubrique « Nature jeunesse » à Frank qui en avait déjà illustré quelques pages lors des deux années précédentes, alors qu’il venait juste de finir de passer ses derniers examens à Saint-Luc : « La Côte de lumière » et « La Saga des oies » (en 1976), « Des gorilles et des hommes » (en 1977) et « Animaux captifs » (en juin 1978).

Il en profite pour créer son personnage de Broussaille : un jeune homme amoureux de la nature, qui se balade, voit des phénomènes qui lui paraissent incompréhensibles, creuse dans les bouquins, demande des explications et présente des fiches nature qui seront publiées jusqu’en 1984.

        

Un « Papier de Broussaille » inédit.

 

Le même « Papier de Broussaille » remanié pour Le Soir Junior.

En 2002, Frank modernisera cinq « Papiers de Broussaille » pour Le Soir Junior, supplément jeunesse du célèbre quotidien belge Le Soir.

Un autre « Papiers de Broussaille » modernisé pour Le Soir Junior.

Même s’il est alors obligé d’effectuer un long service civil, notre dessinateur continue de participer à l’animation du journal Spirou ou de ses suppléments détachables encartés, avec diverses illustrations, couvertures et gags pour du rédactionnel.

Et même avec quelques pages de bandes dessinées, à l’instar des trois réalisées pour « Le Cirque Balle » (en 1979)

Les trois pages du « Cirque Balle » publiées dans le n°2126 de Spirou, daté du 11 janvier 1979.

ou des quatre sur Auguste Rodin pour la vénérable rubrique de l’« Oncle Paul » (en 1982) : ces dernières seront reprises dans l’album collectif « Les Histoires merveilleuses des Oncles Paul », aux éditions Vents d’Ouest, en mai 1986.

Les quatre planches de l’« Oncle Paul » sur Rodin, publiées dans le n°2301 de Spirou, daté du 20 mai1982.

Par ailleurs, toujours pour le journal Spirou,  il invente aussi, et surtout, un héros constamment déprimé pour annoncer des bonnes nouvelles aux lecteurs : « L’Élan », qui se poursuivra pendant cinq ans, de 1981 à 1986, sous forme d’originaux petits strips.

            Entretemps, Alain  De Kuyssche lui demande de faire des histoires courtes, sujet libre, pour un spécial « Inattendu » (le n°2139 d’avril 1979).Pour la première fois, il anime réellement Broussaille dans une « vraie » histoire : « Le Musée ».

« Le Musée » : trois pages publiées dans le n°2139 de Spirou, daté du 12 avril 1979.

D’autres courts épisodes comme « Pamplemousse » (en 1980),

Les quatre pages de « Pamplemousse », publiées au n°2195 de Spirou, daté du 8 mai 1980,

« Jeu d’approche » (en 1981) et « Le Temps à perdre » (en 1982) marquent le début des histoires de Broussaille, autres que dans « Les Papiers de Broussaille » – certains étant déjà écrits par Bom.

Pourtant, Broussaille, qui est désormais un peu considéré comme un double de son créateur, ne sera reconnu comme un véritable héros de bandes dessinées, à part entière, qu’en 1982.

Ceci grâce à un scénario de cinq pages (« La Chapelle aux chats ») que propose Bom à Frank, au détour d’un couloir.

Les cinq pages de « La Chapelle aux chats », publiées dans le n°2295 de Spirou, daté du 8 avril 1982.

            Il sera suivi par bien d’autres récits complets (signalons aussi quatre pages réalisées pour une histoire collective scénarisée par André-Paul Duchâteau et Alain De Kuyssche, mettant en scène Boule et Bill avec Broussaille, dans le n°2173 de décembre 1979 – reprises dans l’album « Bill a disparu ! » aux éditions Vents d’Ouest, en 1990) puis par de grandes aventures poétiques, surréalistes et philosophiques, avec Broussaille comme héros.

Ainsi se succéderont « Les Baleines publiques » (1984), « Les Sculpteurs de lumière » (en 1986, où l’on découvre l’oncle de Broussaille auquel Frank a donné les traits de René Hausman, dessinateur dont il admire le travail, tout comme celui de René Follet, depuis l’enfance), « La Nuit du chat » (1989),« Sous deux soleils » (1994 et 2000), « Un faune sur l’épaule » (2002)…

Original de la planche-5 de « Sandrine des collines», seconde histoire de l'album « Sous deux soleils ».

            Les deux complices et amis décrivent alors la maturation de ce jeune adolescent sur un mode écologique ou fantastique, mais toujours sensible et proche de la vie quotidienne.

Cette série a obtenu une douzaine de prix et de distinctions dont le prix des Alpages de Sierre (en 1985), le Grand Prix de Grenoble (en 1989) et l’Alph’Art du public à Angoulême (en 1990). En 1992, le CRDP du Poitou-Charente réalise même un important dossier pédagogique sur « Broussaille », destiné aux lycéens de France pour animer les cours de sciences naturelles, de Lettres et d’Arts Plastiques.

            Pendant cette période, à l’instar de nombreux autres dessinateurs belges de bandes dessinées, Frank collabore régulièrement avec la FSC (Fédération des Scouts Catholiques de Belgique) pour laquelle il illustre, conçoit ou coordonne plusieurs calendriers ; notamment ceux de 1989 et de 1991, ainsi que de nombreux documents pour les louveteaux. Bien entendu, la nature en est la principale inspiration.

            Pour les éditions Delcourt, Frank conçoit et illustre, avec André Franquin, René Hausman, André Juillard, Régis Loisel, Laurent Vicomte ou Max Cabanes, pour ne citer que ceux-là (on peut y voir aussi les premiers dessins publiés de Claire Wendling), le livre « Entre Chats » dédié à ces attachants félins, en 1989.

            Notons aussi sa participation à l’album collectif « Du Souchon dans l’air » aux éditions Delcourt (quatre pages pour « J’ai dix ans », en 1988)

Quatrième planche de « J’ai dix ans », scénario de Makyo, dans l'album « Du Souchon dans l'air » aux éditions Delcourt, en 1988.

et à un numéro spécial du mensuel (À Suivre) des éditions Casterman (quatre pages intitulées « Rêve de terre », en 1991, reprises, avec une autre histoire avec Broussaille et le personnage du faune, vedette de l’aventure « Un faune sur l’épaule », dans l’album « La Source », aux éditions Pyramides, en 2002),

Les quatre pages de« Rêve de terre », publiées dans le n° hors-série d’(À suivre) « Silence, on rêve » de juillet 1991.

alors qu’il continue à égrainer quelques dessins, couvertures et courtes bandes dessinées dans Spirou (dont deux planches, datant en fait de 1986, intitulées « Lindbergh » dans le n°2858 du 20 janvier 1993).

Les deux pages de « Lindbergh », publiées dans le n°2858 de Spirou, daté du 20 janvier 1993.

            Notre passionné du monde animal (il a élevé plus de cinquante espèces de reptiles dont  dix-neuf crocodiles, et se consacre à présent en priorité aux poissons) entreprend, dès 1991, la trilogie animalière et réaliste de « Zoo » pour la prestigieuse collection Aire Libre des éditions Dupuis. Pour participer à son écriture, il sollicite le scénariste Philippe Bonifay qu’il a rencontré, quelques années avant, au détour de plusieurs festivals de bandes dessinées, et avec lequel il a sympathisé. Le premier tome sort en 1994, le second en 1999 et le troisième en 2007 : un livre reprenant toutes les illustrations faites autour des planches est paru en 2009 (« La Visite » aux éditions Dupuis).            L’amour que porte Frank aux animaux le mène aussi à réaliser quelques dessins pour des associations de protection de la nature ; ainsi collabore-t-il régulièrement aux publications des réserves naturelles et ornithologiques de Belgique (RNOB – Natagora), ainsi qu’avec l’Espace Naturel régional du Nord Pas-de-Calais (ENR). Il a aussi collaboré avec le parc animalier Paradisio (aujourd’hui Pairi Daiza) où il a notamment conçu la partie indonésienne, et a travaillé pendant de longues années à un projet cher à son cœur : l’Atelier Zoo (un vrai zoo où le but n’est pas scientifique ou protectionniste mais artistique : où des conteurs, dessinateurs, sculpteurs ou peintres travailleraient en direct ; le meilleur de leurs prestations étant projeté sur des écrans accompagné d’explications).

            En 1993, il ébauche la série « Matu » pour l’éditeur japonais Kodansha : une expérience de courte durée puisque seulement six pages sont publiées dans le magazine Morning ; notre dessinateur s’est aussi rendu au Japon à trois reprises, à l’invitation d’un ami diplomate (Patrick Nijs, consul général de Belgique à Osaka).

Les six pages de « Matu » réalisées pour le magazine Morning de l'éditeur japonais Kodansha.

            Il faut quand même préciser que Frank Pé est également un grand voyageur qui sillonne, régulièrement, le monde de la culture et de la nature, que ce soit aux États-Unis, au Zaïre, au Burundi, en Australie ou au Japon.            Engagé en tant que free-lance, fin 1996, Frank travaille aussi pour le studio de la Warner Bros, aux États-Unis, sur un ambitieux film d’animation « Excalibur, the Magic Sword » (le premier titre en était « The Quest for Camelot »). Il est chargé de fournir du matériel visuel (personnages, décors, monstres…) : un travail de « mercenaire » très différent des travaux d’« auteur » qu’il réalise en bandes dessinées. Hélas, la décision malheureuse et tardive de destiner ce film, dont la conception et l’esprit ont changé au fil des années, aux très jeunes enfants, rendra son apport négligeable.

            Frank renouvellera pourtant l’expérience quelques années plus tard en collaborant, en tant que consultant animalier, à plusieurs longs-métrages réalisés par Cartoon-Films à Berlin (« Plume et l’île mystérieuse » en 2006, « Dodo » en 2008, «  L’Étoile de Laura 2 » …), pour la Warner Allemagne.

            Il est vrai, aussi, que Frank aime se diversifier et mène souvent diverses activités de front ; n’hésitant pas à s’initier à de nouvelles formes d’expressions. Cela va de la décoration d’un mur dans le centre-ville de Bruxelles (à la demande de la ville, il a réalisé, en 1991, le dessin d’une grande fresque murale avec Broussaille et son amie Catherine au Plattesteen, à deux pas de la Grand Place ; première station de ce qui est devenu, depuis, un long itinéraire de murs peints exposant aux yeux des flâneurs les grands héros de bande dessinée) à  la mise en scène d’expositions ou de spectacles (animation avec des « Zooribles »à Comblain-au-Pont, en 2009, par exemple), en passant par la sculpture. Notons que l’un des personnages de « Zoo » est un sculpteur animalier, empruntant beaucoup à Rembrandt Bugatti qui, lui, a vraiment existé et qui est une autre influence prépondérante dans l’œuvre, parfois emprunte de spiritualité, de Frank. À noter qu’à ce jour, une vingtaine de ses bronzes a été éditée et commercialisée par l’association Sur la pointe du pinceau.

            Un des chevaux de bataille de Frank, depuis quelques années, est la réalisation de grands dessins en direct, en couleurs acryliques, dans les festivals de bédé ou dans des musées. C’est là sa réponse personnelle à la « crise des dédicaces ». En dessinant des fresques entre cinq et vingt mètres de long sur un mètre cinquante de haut, il offre au public cette magie toujours renouvelée du dessin en train de se faire, ce qui, à ses yeux constitue l’essence même des séances. Il a aussi créé, avec quelques confrères, un spectacle dessiné en direct, accompagné de l’accordéoniste Didier Laloy, pour le pavillon belge de l’Expo Universelle de Shanghaï.

Autre formule, le «  spectacle Zoo » où, en deux heures, Philippe Bonifay scénariste-comédien et Frank au pinceau en direct, racontent sur scène, accompagnés par un musicien, toute la saga de « Zoo ».

            Toujours soucieux de rendre aux Grands Anciens de la bande dessinée ce qu’il leur doit, Frank a beaucoup travaillé sur les hommages (voir ses «  Portraits héroïques » aux éditions Dupuis, en 2008).

Une grande exposition sur le thème d’Alphonse Mucha a également tourné dans plusieurs lieux culturels en Belgique et en République Tchèque (livre à paraître en 2012).

On pourrait aussi parler de l’admiration qu’a le dessinateur pour le cinéaste russe Andreï Tarkovski, dont on retrouve la poésie et le sens du dépouillement, ou encore la dimension fantastique, dans des dessins où rien n’est esthétiquement gratuit : il a d’ailleurs créé, encore tout récemment, tout ce que le héros dessine dans le film « Quartier lointain », adapté du célèbre manga de Jiro Taniguchi et qui est sorti sur les grands écrans le 24 novembre 2010 !

Fausses couvertures d'albums réalisées pour le film « Quartier lointain ».

            Mais il lui faudrait certainement plus d’une vie pour réaliser tout ce dont il aurait envie… : d’autant plus que les éditions Dupuis l’ont aussi sollicité, depuis un certain temps déjà, pour une aventure de « Spirou et Fantasio » qu’il pourrait bien réaliser avec le scénariste Zidrou…

 Tous les travaux (ou presque) de Frank sont visible sur son superbe : http://www.frankpe.com

Merci à Michel Vandenbergh du Centre Belge de la Bande Dessinée pour son aide habituelle et son habilité (sans parler de sa rapidité) à nous scanner de nombreux documents difficiles d’accès et à l’ASBL Sur la pointe du pinceau : http://www.surlapointedupinceau.be.

                                                                                              Gilles RATIER

PS : Pour en savoir plus sur Frank Pé, il ne faut pas hésiter à consulter, en plus, le n°70 des Cahiers de la Bande dessinée (de juillet-août 1986), le n°4/5 de Champagne (de 1987), le n°4/5 de Polémicker (d’octobre 1991), le n°1 de Rêve-en-Bulles (du quatrième trimestre 1991), le n°7 de Auracan (de septembre-octobre1994), le n°1 de L’Indispensable (de juin 1998), le n°3 de la première formule des DBD : Les Dossiers de la Bande Dessinée (de juin 1999), l’ouvrage « Entretien avec Frank » aux éditions Aplanos (en 2000), le n°0 de On a marché sur la Bulle (septembre 2003), le programme du seizième festival BD de Sollies-Ville (en août 2004) et le n°18 des [dBD] (de novembre 2007).

Galerie

8 réponses à Frank : l’esthétique de la nature et de l’émotion !

  1. Alexandre dit :

    Merci pour ces belle et complète rétrospective du travail d’un auteur que j’apprécie beaucoup. J’ai découvert un certain nombre de ses travaux ici, notamment la très belle histoire de La chapelle aux chats. Il est dommage que celle-ci n’ait pas été reprise dans les albums de Broussaille.
    Cela fait un long moment qu’on annonce une aventure de Spirou & Fantasio par Frank Pé, et j’espère que cela se fera, car c’est la promesse d’un magnifique album.

    • Wurm Philippe dit :

      Quelle superbe revue « d’inédits » (en album) du grand Frank Pé !
      Merci pour ce travail de redécouverte qui nous met plein de nostalgie à la figure.
      Frank Pé est un rêveur qui fait rêver et cela manque tant à notre époque, j’espère qu’on retrouvera tous ces travaux dans une belle édition prochainement.
      En attendant, bon travail Frank, que les rêves continuent…!!!

  2. Cecil McKinley dit :

    À quand un ouvrage reprenant toutes ces merveilles inédites en album? Une intégrale des « Papiers de Broussaille » et de ses histoires courtes parues dans Spirou serait plus que bienvenue! Un manque!

    • Gwenaël Jacquet dit :

      Des nouvelles toutes fraîches : il est bien prévu une intégrale Broussaille chez Dupuis ! Mais je n’ai pas encore de date ! Patience !
      La bise et l’amitié
      Gilles

  3. jean marie desurmont dit :

    C’est la première fois que je viens sur ce site et je regrette de ne pas l’avoir connu plus tôt. Quand à Frank Pé , je vais relire attentivement l’article ci-dessus et vais me replonger dans les spirous indiqués pour y retrouver toutes ces pages merv eilleuses. Amicalement….

  4. Arzack dit :

    Très bonne nouvelle pour l’intégrale de brousaille! si toutefois tous les « papiers » y sont, ainsi que toutes les histoires courtes non parues en album, il n’y a pas que « la chapelle aux chats »!

    et on voudrait également une intégrale de l’élan! un gros livre de strips, miam!

    et il y a aussi beaucoup d’histoires courtes non parue sen album, dont certaines sont sur ce site.

    mais bien entendu, on voudrait aussi un nouveau brousaille, celui évoqué autrefois sur la destruction de son quartier pour en faire des bureaux européen, le quartier léopold à bruxelles.

    cet album se fera-t-il un jour?

    merci!

  5. Silvain dit :

    Très bonne nouvelle cette annonce d’une intégrale « Brousaille », en espérant que ce soit une véritable intégrale avec les histoires courtes et les « papiers » !
    D’après la fin de l’article de Gilles Ratier et divers sites, Frank Pé travaillerait actuellement sur un one-shot de « Spirou » sur un scénario de Zidrou. D’après des infos sur Internet (à vérifier), un tome 4 de « Zoo » ne serait plus d’actualité et un éventuel nouvel album de « Brousaille » serait à attendre après le one-shot de « Spirou », mais là, ce n’est vraiment pas sûr. Toutes ces infos sont à prendre avec précaution et au conditionnel: vérifications et patience s’imposent.

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