« Anedoki » T1 par Mizuki Kawashita

La créatrice d’« Ichigo 100% » et d’« Hatsukoi Limited » revient avec un nouveau manga. Enfin, nouveau dans le sens où c’est le dernier paru en France. Le sujet, lui, est plus qu’éculé. Au programme, petites culottes, décolletés plongeants, midinettes et un petit coté pervers destiné a émoustillé la gente masculine. On est en terrain connu…

Sur le chemin de l’école, Kouta Ochiai croise une étrange jeune fille. Alors qu’il matait ce « canon », un coup de vent inattendu dévoile sa culotte. Comme il fait une chaleur étouffante, elle l’oblige à partager sa glace. Tout de suite, Kouta imagine que cette fille vient de lui faire un baisé indirect, en trempant ses lèvres ;  juste là où il avait léché ce cornet de glace. La jeune fille, comprenant tout de suite ses pensées, le traite de pervers. Honteux de s’être fait prendre, il s’enfuit en échappant son carnet d’élève. Contrairement à Cendrillon, ce n’est pas le prince, mais la bimbo qui se servira de cet indice pour retrouver le jeune homme. En fin de journée, après avoir fini ses cours, Kouta la retrouve devant chez lui, alors que son père part précipitamment à l’autre bout du Japon pour un soi-disant rendez-vous d’affaires. Ne pouvant laisser seule ce jeune homme de 13 ans, Natsuki Hagiwara, 17 ans, décide de devenir sa servante.

C’est avec cette situation des plus loufoques que l’histoire d’« Anedoki » débute. Ce scénario est digne des pires pornos disponibles sur le marché. Qui pourrait croire qu’une jeune fille de 17 ans, sortie d’on ne sait où, puisse venir habiter chez un enfant de 13 ans, afin de lui préparer ses repas, faire sa lessive et bien plus encore. Qui plus est, elle n’hésite pas à se promener en petite tenue, se propose de prendre un bain avec lui, se faufile dans sa chambre à la nuit tombée, etc. Complètement surréaliste.

Vu les autres mangas de Mizuki Kawashita, rien de bien étonnant. Le sujet principal étant toujours les culottes que portent les jeunes filles. Voir leur absence de culottes dans certains chapitres d’« Hatsukoi Limited ». Pourtant, il y avait un semblant d’histoire porté par l’exagération des sentiments amoureux des adolescents. Avec « Anedoki », la mangaka n’y va pas par quatre chemins. Cette fille est une bombe sexuelle et le jeune homme sur lequel elle a jeté son dévolu est un pervers, caché dans un corps d’enfant. Le fil conducteur de l’histoire n’est qu’un prétexte pour mettre en scène des situations plus ou moins embarrassantes, à la limite de la pédophilie.

La pauvreté du scénario a obligé l’éditeur japonais à arrêter la série très rapidement. C’est pourquoi elle ne fait que trois volumes, soit 26 chapitres plus deux bonus, et un épilogue de quatre pages se déroulant quatre ans plus tard, lorsque Kouta a atteint l’âge de Mizuki lors de leur première rencontre.

Je viens de vous dresser un tableau bien noir concernant ce manga. Pourtant, il faut lui reconnaître de grandes qualités. Si le scénario est simpliste, il permet de vite comprendre la position de chacun des protagonistes : la construction narrative étant faite pour accrocher immédiatement le lecteur. Pas besoin de s’embêter avec des non-dits ou des propos compliqués. Ici, tout est simple, facile à suivre et extrêmement clair en ce qui concerne les intentions des personnages. Pourtant, certaines zones d’ombres existent, cela pimente un poil le récit. Ce premier volume n’est qu’une mise en bouche, l’intrigue progresse plus rapidement par la suite. Il est clair que si l’on se fit à ce manga, tous les humains ne sont que des pervers frustrés.

Question graphisme, Mizuki Kawashita est au sommet de son art. Ses dessins sont toujours aussi beaux, les courbes de ses jeûnes filles sont particulièrement avenantes. Ses culottes en dentelle toujours très détaillées. Ses jupes bien plus courtes que ce que les tenues officielles d’écolières préconisent. Bref, c’est un régal pour les yeux, si l’on a moins de 20 ans.

« Anedoki » comme le reste de la bibliographie de Mizuki Kawashita, est dans la lignée du courant « moé » que l’on observe depuis des dizaines d’années. Ce sont des produits de divertissement, manga, animé ou jeux vidéo mettant en scène des jeunes filles encore enfants, mais laissant entrevoir des atouts physiques ou sentimentaux généralement réservés a des personnages plus adultes. C’est cette ambiguïté, entre deux âges, qui a aussi fait le succès de certains animés japonais. Il y a un public pour ça, autant leur servir, sans détour, ce qu’ils attendent.

« Anedoki » est clairement réservé à un public peu regardant sur la complexité du scénario et plutôt attiré par des dessins alléchants et par l’omniprésence du Fan service.
Après l’arrêt de cette série, Mizuki Kawashita s’est tout de suite remise au travail. Elle a quitté le rythme trépidant du magazine Jump pour celui, moins contraignant, de son homologue mensuel SQuare 19, réservé a un public adulte. Elle en profite pour écrire une histoire avec un zeste de fantastique  « G-Maru » : un robot venant du futur rend visite à Aruto, une jeune fille désirant devenir dessinatrice de manga shôjo. le robot lui confira être fan de son travail du temps ou il était humain. Au final elle produira des mangas érotiques puisque le robot, croyant bien faire, a remis son dernier manuscrit à un grand éditeur. Sauf qu’il s’est trompé puisque c’est un éditeur d’œuvres cochonnes. Voilà comme la jeune et jolie Aruto va commencer sa carrière de mangaka. Pour le moment, seule une dizaine de chapitres sont parus. Je pense que les fans seront au rendez-vous pour suivre ce genre d’histoire plus aboutie, mais gardant un côté totalement loufoque et bien évidemment de nombreuses scènes osées.

Gwenaël JACQUET

« Anedoki » T1 par Mizuki Kawashita
Éditions Tonkam (6,99 €) – ISBN : 978-2-7595-0774-0

ANEDOKI © 2009 by Mizuki Kawashita/SHUEISHA Inc.

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