Bo-Doï n°37 de janvier 2001

Enki Bilal, dont l’exposition rétrospective Enkibilalandeuxmilleun ouvrira ses portes le 20 janvier prochain, est l’invité d’honneur du premier bodoïandeuxmilleun .

Enki Bilal, dont l’exposition rétrospective « Enkibilalandeuxmilleun » ouvrira ses portes le 20 janvier prochain ( Bibliothèque historique de la ville de Paris, Hôtel d’Angoulême Lamoignon, 22 rue Malher 75004 Paris) est l’invité d’honneur du premier « bodoïandeuxmilleun ».
Répondant aux questions de Jean-Marc Vidal, Bilal évoque son travail, susurre avec regret qu’en France, personne n’ait vraiment pris le temps d’analyser sérieusement le fond de ses albums, la critique sacrifiant la richesse de ses récits à la force de son dessin, et, quittant sans tristesse ce 20ème siècle qu’il n’a pas trouvé vraiment humain, annonce son envie de se diriger vers les « êtres » au cours de ce 21ème siècle.
Christain Desbois, commissaire de l’exposition « Enkibilalandeuxmilleun », évoque pour sa part sa rencontre avec Bilal, la vision qu’il a de l’artiste et annonce que l’exposition est déjà prévu au Québec, au Japon et en Inde mais ni à Bruxelles (pour réjouir nos amis belges, nous citons :« Bruxelles fait partie de ces villes qui n’ont pas notre culture de la bande dessinée »), ni à Angoulême « qui ne sont pas des étapes indispensables. Elles n’ont qu’un dénominateur commun, c’est que Paris se trouve entre les deux » !

Autre gros titre à la une du magazine, « L’Italie bouffe la BD franco-belge » annonce de manière un peu provocatrice un dossier signé Jean-Pierre Fueri sur le rachat, en octobre dernier, du groupe Flammarion par le groupe de presse italien Rizzoli. Une provocation reflétant en réalité quelques inquiétudes si on se souvient que c’est Rizzoli qui mit fin à Linus, l’historique magazine transalpin de BD (dans les pages duquel s’exprimèrent entre autres Hugo Pratt, Crépax, Toppi, …) et que deux éditeurs majeurs du neuvième art, Fluide Glacial et Casterman appartiennent aujourd’hui à Flammarion.
Après le rappel de ce douloureux passé suivi des réactions (plutôt attentistes) de quelques auteurs des éditions Casterman (aucun de Fluide Glacial !) sur ce rachat, on se prend à regretter que le magazine n’ait pas ouvert ses colonnes à un responsable du groupe Rizzoli pour lui demander ce qu’il comptait faire de Fluide Glacial et de Casterman.
Jean Pierre Fleury poursuit son dossier « transalpin » en présentant la BD italienne d’aujourd’hui, au travers des éditions Bonelli et de leurs héros, Tex Willer, Martin Mystère, Dylan Dog, Nick raider et Nathan Never, dont les aventures sont principalement commercialisés en fascicules pocket noir et blanc, d’une centaine de pages, vendus en kiosque à 12 francs, et qui ne souffrent dans ce pays d’aucune concurrence , en dehors des publications Disney.
Les énormes chiffres de ventes qu’atteignent ces fascicules (Tex Willer dépasse les 500.000 exemplaires et Dylan Dog a même atteint le million d’exemplaires !) ne pouvaient qu’inspirer des éditeurs français. Après l’échec de Glénat, et sa collection 2 heures ½, Semic et Hors Collection tentent à leur tour l’aventure.

Côté rédactionnel figurent également au sommaire une interview de Juanjo Guarnido, le dessinateur de l’excellent polar noir animalier Blacksad (scénario de Juan Canales) paru en novembre dernier chez Dargaud, ainsi qu’une introspection imaginaire de Spawn. Le héros cadavérique de Todd McFarlane fête en effet son centième épisode dans le magazine sur le divan de la psychanaliste Laurence Erlich.
Bo-Doï permet également à ceux qui ne le connaissent pas, de découvrir l’illustrateur André Barbe, et ses « pépées », qui s’expose au musée de l’érotisme à Paris.
Maëster, dont « Cuvée Maëster », un recueil d’illustrations, est sorti aux éditions du Cycliste en octobre dernier, ainsi que Dodo et Ben Radis, qui viennent de publier Sur la route des 70’s aux Humanos, ont également leur place dans ce numéro de janvier 2001.

Ce riche contenu rédactionnel ne doit pas pour autant faire oublier que Bo-Doï, offre également à ses lecteurs de longues pages de lectures dessinées.
Les hilarants détectives Spoon et White, de Yann et Léturgie père et fils (Dupuis) ouvrent le bal avec de la première partie de leur troisième aventure « Niaq Micmac », aussi bondissante et humoristique que les précédentes.
Autre prépublication en cours dans le magazine : « L’outrage », le premier tome de Tiresias (Casterman), la nouvelle série sur fond de mythologie grecque signée de Christian Rossi et Serge Le Tendre, deux auteurs qui entre autres collaborations communes, avait développé « La gloire d’Héra » un album situé à la même époque, il y a quelques années.
Le lecteur de Bo-Doï pourra également découvrir le dernier volet de « Le manuscrit », dessiné par Béhé, premier tome du Décalogue (Glénat). Les neuf tomes suivants de cette série signée de Frank Giroud au scénario, dont la trame conte le destin à travers les âges du « Nahik » un livre aussi envoutant que mystérieux qui contiendrait les dernières volontés du prophète Mahomet, seront ensuite illustrés par 9 autres dessinateurs.

Toutes les habituelles rubriques, critiques, carnets de voyage et autres courrier des lecteurs figurent bien évidemment au sommaire de ce premier numéro de l’année.

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