Mauricio de Sousa

Qu’est-ce qu’on voyage avec notre nouvelle rubrique ! Après la Finlande, le Canada et bientôt l’Italie, nous voici au Brésil !

 

 

Si l’on en croit nos amis encyclopédistes Patrick Gaumer et Claude Moliterni, dont les ouvrages nous ont bien aidés pour écrire cet article, la bande dessinée (que l’on nomme là-bas historias, ou quadrinhos quand on désigne les créations plus contemporaines) y a toujours été bien représentée, et ceci dès 1869 ; même si de nombreux auteurs du cru ont construit l’essentiel de leur carrière à l’étranger : ce fut notamment le cas d’Alain Voss et de Sergio Macedo dans les années 1970 et, plus récemment, des talentueux Léo (« Aldebaran » et « Kenya ») et José Roosevelt (l’un des piliers de La Boîte à bulles). Figurez-vous que le Brésil organisa même la première exposition au monde sur le 9ème art ! C’était le 18 juin 1951, au centre culturel de São Paulo… Cependant, la production locale a toujours été dominée par les publications Disneyennes (« Mickey », « Donald » et autres « Picsou ») et par une bande dessinée juvénile particulièrement active. Voilà qui explique, sans doute, le fait que le principal bédéiste brésilien (qui représente, à lui tout seul, plus de 70% du marché local) ait adopté un graphisme bon enfant, influencé par les dessins animés de Walt Diney, mais aussi par les mangas d’Osamu Tezuka, avec lequel il était d’ailleurs très ami. Né en 1935, Mauricio de Sousa, qui signe de son seul prénom, a multiplié les créations depuis ses débuts, en 1959 : la plus célèbre d’entre elles étant une gamine malicieuse nommée « Mônica ». Inspiré par sa propre fille, ce sympathique personnage (qui fut un temps mascotte de l’Unicef) a été créé en 1963, dans le magazine Cebolinha, avant d’avoir son propre magazine, en 1970 ; ce dernier se vendait à près de 200 000 exemplaires, rien qu’au Brésil. Au fil des années, ce sont plusieurs centaines de millions de ces fascicules un peu naïfs qui ont envahi le marché de cette république fédérale d’Amérique du Sud ; sans parler des multiples produits dérivés, des films d’animations, des jeux vidéos et des parcs à thème construits à São Paulo ou à Rio de Janeiro… Ses personnages enfantins ayant donc obtenu énormément de succès, Mauricio de Souza, honoré par le prestigieux Yellow Kid Award, est aujourd’hui à la tête de la MSP (Mauricio de Souza Productions), un véritable empire qui est la quatrième plus grande compagnie d’animation dans le monde. Après avoir été intégrées (dès 1987) dans Globo, le plus important groupe médiatique brésilien, ses publications sont désormais éditées, dans le monde entier, par Panini Comics (mais pas en France, pays où une traduction furtive fut quand même proposée, en 1998, dans l’éphémère Journal de Monica édité par IPS Cardinal).

 

Outre les enfants, l’autre passion de notre dessinateur local au trait si caractéristique, c’est le football ! Et oui, je vous rappelle que nous parlons du Brésil : le pays qui a vu naître les plus grandes vedettes de ce jeu collectif !!! Mauricio avait déjà proposé les aventures d’un « Pelé » enfant (de 1976 à 1982) en bandes dessinées et avait même le projet de croquer Diego Maradona. Mais, depuis le 28 décembre 2005, il a assouvi de nouveau ses rêves en proposant des strips, plutôt réussis, qui mettent en scène l’un des meilleurs joueurs du monde : Ronaldhinho (Ronaldo de Assis Moreira), alors que cette star du ballon rond  n’était qu’un enfant. Dans sa BD, « Ronaldhinho Gaucho » est donc un très jeune footballeur virtuose, obnubilé par le dribble, dont la passion fait tourner en bourrique famille et amis. C’est assez amusant et même attachant, et cela permet surtout de faire découvrir (ou redécouvrir) le style rond et expressif de cet incontournable créateur complètement méconnu dans nos contrées. C’est traduit en langue française à l’initiative des éditions du Caméléon (filiale du groupe Média Participation) qui ont déjà publié deux albums cartonnés de 30 pages proposant chacune 4 strips (« Le roi du dribble » et « Vive le foot ») : ces gags étant également disponibles sous forme de quatre recueils brochés de 21 pages de 3 strips chacune. Une lecture de circonstance en ces temps de Championnat d’Europe !

 

 

 

Gilles RATIER

 

 

 

 

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