« Sara et les contes perdus » T1 & T2 par Jenny

Après être passée au format classique des franco-belges avec « Mathilde », la dessinatrice de « Pink Diary » revient à ses premiers amours : le manga. La nouvelle BD de Jenny, « Sara est les contes perdus » propose un recueil en noir et blanc de plus de 180 pages, mais publié dans le sens de lecture européenne. Pour le coup, l’histoire emprunte les clichés les plus classiques des œuvres japonaises et le dessin n’a rien à envier à celui de ses confrères asiatiques.

Sara est une jeune fille moderne. Elle aide sa mère qui tient une librairie en faisant notamment la lecture lors d’ateliers destinés aux jeunes enfants. Un jour, un petit garçon bien étrange l’entraîne au fond de la remise et lui montre un passage secret vers une pièce qu’elle n’avait jamais remarquée. Elle emporta chez elle un des nombreux livres qu’elle contenait. En l’ouvrant, une lumière vive apparu, suivi d’une petite fée du nom de Clotie. Endormie depuis cent ans, elle est venue pour confier une mission à Sara. Le livre qu’elle a emprunté est vide, elle a libéré tous les contes écrits dedans. Du coup, ces personnages sont dispersés dans notre monde et Sara doit les retrouver. Pour faciliter sa tâche, Clotie lui offre une barrette magique lui permettant de se transformer à volonté.

Loin d’être original, le scénario peut rappeler celui de « Card Captor Sakura » ou encore « Moonlight Act ». Il n’y a rien de bien particulier dans cette idée de quête ou les contes traditionnels servent de fil conducteur. Néanmoins, la construction narrative et l’enchaînement des situations sont assez agréables. On sent bien que ce manga est destiné aux petites filles auquel leurs parents ont sûrement dû raconter les histoires des frères Grimm ou autres « Contes de Perrault ». Le premier conte exploité étant celui de « Blanche Neige et les sept nains. C’est avec le second tome que l’histoire se densifie légèrement. Certains passages sont plus sombres. Le passé de Clotie resurgie tout en restant bien mystérieux. L’entraînement de Sara est rude et tout ne se passe pas vraiment comme elle pouvait l’imaginer. Mais n’est-ce pas le propre des contes d’avoir une fin difficile, voire tragique ?

Quant au dessin, Jenny s’en sort très bien. Elle progresse indéniablement d’album en album. S’inspirant des classiques du manga, il est facile de retrouver le principe des transformations de « Sailor Moon » avec la jupette traditionnelle des Magical Girls. Le tout est très féerique, ce qui semble logique vu le sujet. Les personnages sont bien identifiables. Le trait est léger tout en restant bien détaillé. Les cases arrivent à alterner un dessin réaliste avec des expressions caricaturales voir comique.

Clairement destiné à un très jeune public féminin, ce manga à la française se lit avec beaucoup de plaisir. Seul regret, l’histoire n’avance pas vite. Si le but est de passer en revue tous les contes traditionnels, il faudra beaucoup de tomes pour cela. Jenny étant une des rares auteur(e)s françaises travaillant à un rythme quasiment japonais, nous n’avons pas de crainte à avoir de ce côté-là.

Gwenaël JACQUET

« Sara et les contes perdus » T1 & T2 par Jenny

Édition Delcourt (7,99 €) ISBN : 978-2-7560-2690-9 (T1) – ISBN : 978-2-7560-2693-0 (T2)

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