Cette belle adaptation du livre de Bruno de Stabenrath sur sa jeunesse avec Xavier Dupont de Ligonnès (paru chez Gallimard en 2020) — que proposent Erik Arnoux au scénario et Francesco Trifogli aux dessins — ne cherche, en aucun cas, à résoudre l’enquête policière autour de l’une des affaires criminelles les plus sidérantes de notre époque. En effet, cet album raconte surtout une histoire humaine : celle d’une amitié trahie, car confrontée à l’incompréhensible. En 240 planches fort bien maîtrisées, autant graphiquement que narrativement, les auteurs réussissent à nous émouvoir et à nous captiver, en accentuant en images ce témoignage intime du parcours d’un homme qui veut absolument découvrir pourquoi son ami serait devenu un monstre…
Lire la suite...La première bande dessinée suédoise
Oskar Andersson, le pseudonyme O.A., est sans doute le premier créateur des bandes dessinées en Suède, né à Stockholm le 11 janvier 1877. A vingt ans, il trouvait une situation comme dessinateur dans un journal humoristique qui s’appelait Sôndags-Nisse.
O.A. lisait toutes les bandes dessinées américaines qui lui tombaient sous la main: The Yellow Kid, The Katzenjammer Kids, Little Bears and Tigers, etc. La plus connue des bandes dessinées d’O. A. s’appelle Mannen som gôr vad som falier honom in ( L’Homme qui fait tout ce qui lui vient à l’idée ). Il s’agissait d’un surhomme qui avait une voiture pliée dans sa poche intérieure et qui, d’une façon souveraine, jetait son parapluie quand la pluie a cessé de tomber. Cette bande dessinée rendait hommage à la libre volonté de l’homme individuel et elle était une protestation contre les choses mécanisées dans l’existence.
Mannen som gôr vad som falier honom in était une bande dessinée de bonne qualité. Elle aurait sans doute pu devenir un très grand succès même à l’étranger si on l’avait publiée plus régulièrement. Malheureusement, on n’a publié qu’une vingtaine d’histoires entre 1902 et 1906.
O.A. s’est suicidé en 1906. Sur sa pierre tombale, qui se trouve sur l’Île Ekerô, en dehors de Stockholm, on peut lire l’inscription: ,< Ici se repose O. A. ».
Sture Hergefors







