COMIC BOOK HEBDO n°28 (31/05/08)

Cette semaine, Marvel Zombies 2: planquez-vous!!!

 


-MARVEL ZOMBIES t.2 : EVIL DEAD (Panini Comics, 100% Marvel).


Les Marvel Zombies ont débarqué dans Ultimate Fantastic Four #21 en septembre 2005, sous l’égide de l’excellent Mark Millar. Une vraie réussite qui arriva au bon moment, il faut dire, puisque c’était durant la période où l’horror ressurgit en force au sein des comics. Malgré tout, le pari était gonflé d’amener du gore et de l’horrifique dans un univers plus constitué de fantastique et de science-fiction qu’autre chose… Mais, sous le trait impeccable de Greg land, le succès fut immédiat. Par la suite, Robert Kirkman (l’un des scénaristes les plus importants pour le renouveau de l’horreur dans les comics, avec par exemple Walking Dead) fut en charge d’écrire une suite à ce contexte sous forme de mini-série nominative publiée l’année dernière en France dans la collection 100% Marvel, génialement dessinée par Sean Phillips.


 


C’est le deuxième opus de cette « suite » qui nous est proposé aujourd’hui. Une suite quelque peu atypique puisque accueillant un héros venu du cinéma, j’ai nommé Ashley J. Williams, dit Ash, le protagoniste principal des films Evil Dead et publié chez Dynamite. Un crossover très particulier, donc, et quelque peu décevant, disons-le tout de suite. Autant l’apparition des zombies dans Ultimate FF était géniale, autant la mini-série de Kirkman et Phillips était jouissive et remarquable, autant la présente suite tient plus de la recette qui marche et qu’on décline sans réelle fulgurance, en impliquant un personnage assez emblématique pour attirer l’œil du lecteur… Je sais que beaucoup de fans, frétillants d’excitation face à cette nouvelle dimension marvélienne palpitante, ne seront pas d’accord avec ce jugement un peu dur, mais c’est comme ça et pis c’est pas autrement. Disons que c’est du bon « entertainment », mais pas une œuvre sensationnelle comme le fut l’opus de Kirkman et Phillips. En gros, on sent qu’on tire sur la ficelle… Pourtant, je consacre la chronique de cette semaine à cet ouvrage car il représente une étape importante dans la continuité Marvel, et contient tout de même les couvertures génialissimes d’Arthur Suydman, couvertures qui valent à elles seules le détour et qui justifient l’achat de cet album….


 


Étape importante, car après Red Sonja, ce Marvel Zombies enfonce le clou des collaborations envisagées entre Dynamite et Marvel. C’est aussi, par la présence d’Ash, une nouvelle expérience tentée pour faire se rencontrer le cinéma et les comics, phénomène qui gagne toujours plus de terrain actuellement. Enfin, le fait que les Marvel Zombies continuent à susciter l’imagination des auteurs et enclenchent de nouveaux projets dans la continuité de l’idée de Millar peut susciter certains potentiels aptes à engendrer des œuvres passionnantes. Rendez-vous manqué ici, donc ? Ne soyons pas trop durs, car l’album propose tout de même quelques bons moments et offre des scènes savoureuses, mais il faut bien avouer que l’album nous laisse un peu sur notre faim (sans jeu de mot), et accumule les ficelles un peu faciles. L’humour féroce qui s’alliait si bien au gore avec Kirkman devient ici une suite de blagues potaches qui – à part quelques exceptions qui sauvent la mise – tombent à l’eau et finalement plombent l’ambiance par des hiatus dont on se serait bien passés. La personnalité d’Ash, grande gueule et outrancier, est plus pénible que marrant, et dénote carrément avec l’univers Marvel. Preuve qu’on ne peut décemment pas faire de crossover avec n’importe qui…


 


Et puis il y a les dessins… C’est Fabiano Neves qui succède à Phillips, et là aussi c’est un peu la déception, à cause d’un trait un peu trop lisse, sans réelle personnalité, voire parfois trop décalé par rapport au propos, tendant vers un certain comique qui dénote carrément. Il est épaulé par Fernando Blanco, et, heureusement, par Sean Phillips qui continue à se charger du dessin des zombies eux-mêmes : ouf ! Les dessins horrifiques de Phillips sont toujours aussi noirs et puissants, et chaque apparition de zombie crève d’un seul coup l’écran au milieu d’un contexte graphique assez fade. Ce contraste seul fait que le spectacle prend de l’épaisseur. Quant à l’histoire, elle revient sur le fameux premier jour de l’épidémie, et mélange le récit originel avec le parcours d’Ash qui doit combattre ces deadites (morts-vivants) en retrouvant le Nécronomicon, fameux livre maléfique que connaissent bien les lecteurs de Lovecraft. Le périple ira de New York à la Latvérie, avec qui vous savez au bout du chemin.


 


Comme je vous le disais, l’intérêt de cet ouvrage réside dans les couvertures de Suydman. Les mots manquent face à une telle magnificence de formes et de couleurs, face à tant de virtuosité oscillant entre hyperréalisme, clair-obscur et flou génialement exprimé… Comme d’habitude, Suydman a pris pour base à ses délires zombiesques les couvertures les plus emblématiques de Marvel pour les décliner avec génie en spectacle macabre. Petit plus par rapport au volume 1 : les fameuses couvertures qui ont inspiré Suydman sont reproduites en fin d’ouvrage, ce qui permet d’apprécier encore plus le travail de cet artiste grandiose.


 


 


 


Cecil McKinley

Galerie

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