ZOO, TOME 3 DE FRANK PE

Rarement, une série en 3 tomes aura mis autant de temps pour aboutir. Encore plus rarement, les lecteurs auront attendu le dénouement avec une telle fidélité

Le docteur Célestin, appelé à la guerre, a dû quitter son zoo, ce havre où se reconstruisent humains et animaux. Sans nouvelles de lui, Anna part à sa recherche.

 

Rarement, une série en 3 tomes aura mis autant de temps pour aboutir. Encore plus rarement, les lecteurs auront attendu le dénouement avec une telle fidélité. Et exceptionnellement, le résultat aura su maintenir la qualité, l’esprit et la force des débuts. Malgré les 13 années passées depuis la parution du tome 1, on ressort encore bouleversé du monde de Zoo. Sobrement intitulé t3, la conclusion confirme la maestria graphique, et surtout chromatique, de Frank qui joue des couleurs chaudes et de la grisaille pour mieux évoquer la fuite des jours heureux et la désespérance de la vie dans les tranchées. Quant à Bonifay, il nous livre un récit tout en retenue et pourtant d’une grande puissance évocatrice, brossant l’horreur de la guerre en quelques pages où dominent les silences, et délivrant les clefs des personnalités aux détours de la trame générale. Alors que l’on attendait un récit de guerre, cet opus procède par ellipse, fonctionnant comme une quête sur les traces du docteur dont on découvre indirectement l’abnégation et le courage au cœur de la dévastation des paysages, des corps et des esprits. Entraîné dans l’abjection des tranchées et la négation de ses principes, cette personnalité exceptionnelle peut encore, à travers ses actes et ses mots, susciter l’espérance, par delà l’inhumanité de la guerre et l’irrévocabilité de la mort elle-même. Une superbe mise en abyme de la destinée humaine.

 

Joël Dubos

 

 


Zoo, t3, Frank Pé, Philippe Bonifay, Dupuis, 14 €


Pour tous, récit de vie, à partir de 12 ans, 3 étoiles


 

 

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