SUPER-HEROS EN KIOSQUE D’OCTOBRE 2007.

La sélection mensuelle de ce qui se fait de mieux dans le monde des comics VF en kiosque.

 


 


Super bonjour les super-ami(e)s ! En parallèle à votre chronique désormais hebdomadaire sur les sorties de comic books VF en librairie, voici donc un « Super-Héros de… » nouvelle formule, entièrement consacré aux parutions en kiosque. Maintenant intitulée « Super-Héros en Kiosque de… » (mais où vais-je chercher tout ça ?), vous pourrez lire chaque mois cette chronique qui n’annoncera pas les parutions à venir mais qui reviendra plutôt sur ce qui s’est récemment passé d’important chez votre marchand de journaux. Car si l’édition en beaux livres des grandes œuvres de l’univers du comic book est un plaisir intense et maintenant indispensable (quand on y a pris goût, difficile de s’en passer !), il n’en reste pas moins que l’évolution de cet univers se construit bien régulièrement dans les comics qui paraissent en kiosque (Civil War en est bien évidemment un exemple criant). Bah oui, c’est comme ça et pas autrement. Non mais alors…


Désolé pour le retard de cette première édition, et rendez-vous très bientôt pour le deuxième numéro !


 


Tous ces comics sont bien sûr encore disponibles dans les librairies spécialisées.


 


 


 


MAGAZINES


 


-COMIC BOX 49.


Voici un numéro tout à fait passionnant de Comic Box. Non pas que les autres n’étaient pas passionnants, mais celui-ci est particulièrement réjouissant compte tenu du contexte actuel extrêmement riche en événements et de la passion plus que jamais palpable des rédacteurs de cette belle revue.


Xavier Fournier nous y propose article intéressant sur l’un des faits les plus marquants du moment : la mort de Captain America. Après un historique solidement bâti des différentes morts de Cap de par le passé et des récentes polémiques qu’il a suscitées depuis le 11 septembre 2001, il revient notamment sur les interprétations fumeuses qui ont été faites de cet événement par des médias généralistes. Bravo Xavier ! Vous pourrez également lire des articles sur l’actualité de Spawn, sur le phénomène The Initiative (incontournable !), mais aussi sur Spider-Girl ou Boom ! Studios. Et toujours des entretiens de très bonne qualité, avec au menu cette fois-ci Jim Lee, Alan Davis, Robert Kirkman, Daniel Way et Michael Golden. N’oublions pas les deux bandes dessinées présentées qui sont toutes deux vraiment dignes d’intérêt. Tout d’abord l’épisode #0 de Devi, un petit événement puisque c’est la première production de Virgin Comics à paraître en France. Une œuvre indoue de toute beauté, aux images de toute beauté, et dont l’héroïne est… vraiment de toute beauté ! L’autre BD, apparemment plus légère, complète l’hommage rendu par Fabrice Sapolsky au dessinateur Mike Wieringo récemment disparu. C’est en effet ce dernier qui avait dessiné cet épisode de Stan Lee Presents où Lee s’amuse à se mettre lui-même en scène avec le Silver Surfer. En attendant le numéro 50 de Comic Box (ce sera en décembre), vous pourrez toujours patienter en lisant le hors série « Comic Box Noir » dédié aux ambiances de polars et de crimes fantastiques.



 


PANINI COMICS


 


-CIVIL WAR EXTRA #3.


Troisième numéro de ce titre absolument indispensable pour qui veut comprendre entièrement les rouages de Civil War. Contrairement à ce qui avait pu être annoncé à un moment, ce troisième numéro ne sera pas le dernier à paraître en France puisque sortira au mois de décembre un n°4 entièrement constitué de la mini-série Fallen Son dédiée à la mémoire de feu Captain America. Mais revenons à notre n°3, toujours aussi passionnant (et le mot est faible).


Tout d’abord, nous assistons à la fin de l’excellentissime saga en onze parties Embedded où nos deux journalistes Sally Floyd et Ben Urich enquêtent avec obstination et courage pour découvrir les vraies raisons de cette guerre civile. Mais pourquoi donc Christian Grasse s’évertue-t-il à appeler ce dernier « Phil Urich » dans ses éditos ? Phil Urich (qui prit un temps l’identité du Bouffon Vert et qui s’occupe maintenant d’Excelsior, un groupe de soutien pour jeunes super-héros) est le neveu de Ben, pas ce « vieux » journaliste du Daily Bugle qui est un personnage récurrent – et ô combien important ! – de l’univers Marvel, qu’on croise depuis des années et des années dans les pages de Spider-Man ou Daredevil, par exemple (depuis presque trente ans, en fait, puisque ce personnage a été créé par Roger McKenzie dans le Daredevil #153 daté de juillet 1978). C’est vraiment une erreur grossière, d’autant plus que pratiquement pas une page d’Embedded ne se passe sans qu’on appelle Urich par son prénom : bah alors, M’sieur Grasse, on pédale dans la choucroute ? Vous nous aviez habitué à plus de rigueur… J’avoue qu’Embedded est la série annexe à Civil War que je trouve la plus réussie, la plus intrigante ; sans doute parce que se placer du point de vue des journalistes – et donc des citoyens – pour expliquer le phénomène sous un éclairage plus social que super-héroïque est une… initiative (hum) vraiment bienvenue et intéressante, et démontre encore une fois que le monde des super-héros ne cesse d’élargir ses frontières. Le récit et le dénouement de cette histoire sont tout simplement prenants : un must. Mais nous ne sommes pas au bout de nos émotions : après un épisode aussi réjouissant que décalé nous montrant comment Howard the Duck aborde le problème du recensement (très drôle, ajoutant une dimension supplémentaire et carrément ébouriffante à CW), vous pourrez lire le premier épisode de ce qui constitue l’après Civil War : j’ai nommé The Initiative. Nous allons donc apprendre ce que nous prépare Monsieur-Iron Man-le-gros-traître-plein-de-fric pour mettre en œuvre la belle politique sécuritaire de son pays (moi, franchement, il m’écœure ce mec). The Initiative est LA série à suivre pour comprendre que Civil War a été tout sauf un pétard grandiose mais mouillé, ni une nouvelle fausse révolution. Civil War est l’une des plus grandes révolutions qui aient secoué le monde des super-héros. Ce numéro de « Civil War Extra » se termine par les deux premiers épisodes de The Confession, un récit revenant sur les derniers moments qui ont lié Iron Man à Captain America avant la tragédie. Émouvante, vibrante, poignante, dramatique, cette histoire ne manquera pas de vous faire couler quelques larmes… The Confession est sur le fond comme sur la forme un véritable petit chef-d’œuvre puisqu’il est signé par l’un des duos les plus géniaux de ces dernières années : Brian Michael Bendis et Alex Maleev. Une merveille… douloureuse.


 


-MARVEL ICONS #30 : LE RÊVE EST MORT.


Par la force des choses, cette chronique rétrospective rend quelque peu vain tout commentaire sur l’événement qui transfigure non seulement ce titre mais aussi tout l’univers Marvel… Cap est mort. Non pas sous les assauts d’un super-vilain tout en pouvoirs ni à cause de quelque truchement paranormal, non : « juste » par quelques balles de métal, tirées d’un flingue, que tenait sa bien-aimée sous influence. Gasp ! Civil War n’en finit plus de nous remuer, de nous surprendre, et l’on ne peut qu’être admiratif et rester coi devant le talent des scénaristes impliqués dans ce raz-de-marée (ici en l’occurrence Ed Brubaker)… Certes, comme l’a souligné l’article de Xavier Fournier dans Comic Box, ce n’est pas la première fois que Cap disparaît. Mais cette fois-ci le contexte est si perturbant, si intense, si bouleversant et réaliste que l’onde de choc marque comme jamais. Bah ils veulent nous faire craquer, à Marvel, ou quoi ?!? Les dernières images de l’épisode en question, où l’on voit l’œil sans vie et ouvert de Cap sur un brancard, provoquent une vive émotion. Puis un épisode musclé et ironique de New Avengers qui fleure bon le ninja, signé Bendis et Yu, nous embarque dans une nouvelle aventure qui laisse quelque peu en suspend la viabilité de ces Nouveaux Vengeurs tous recherchés par le gouvernement. Les Vengeurs Secrets sauront-ils rester les Nouveaux Vengeurs dans un contexte aussi tendu, voire invivable ? Les Quatre Fantastiques, eux aussi, ont été meurtris par cette guerre civile. L’épisode que vous trouverez dans cette publication est celui qui est censé fêter les 45 ans d’existence de la première équipe de super-héros Marvel du Silver Age. Mais, encore une fois, le contexte de Civil War rend la fête bien amère…Ben Grimm est revenu, Johnny Storm est gracié, mais Red et Jane sont au bord de la rupture, et décident de faire un break (les appellera-t-on jamais un jour en France Reed et Sue ?). Pour les remplacer, ce sont la Panthère Noire et Tornade qui officient. Un tournant pour les FF ? Juste un virage, mais difficile à négocier… La revue se termine sur deux épisodes « sans titre » qui émaillent Civil war depuis le début et qui instaurent des parallèles entre cette guerre civile et d’autres conflits de notre histoire réelle. Marvel Icons #30 est aussi disponible dans une édition variant arborant une couverture de toute beauté signée Maleev et contenant 16 pages de bonus qui – si elles n’ont rien de révolutionnaires – nous offrent un touchant hommage plein de nostalgie au héros disparu.


 


-MARVEL UNIVERSE #5 : BEYOND !


Après la saga Annihilation qui aura occupé les quatre premiers numéros de ce titre fraîchement débarqué dans nos kiosques et plein de promesses, voici l’intégralité de la mini-série Beyond ! qui nous est offerte ici. Beyond… Beyond… Ça vous rappelle quelque chose ? Pour sûr ! Souvenez-vous, c’était dans les années 80… Guerres Secrètes, publiées aux éditions Lug dans la revue Spidey. Ah, quel choc cela avait été ! Nous découvrions, ébaubis, la notion de crossover… Bonne nouvelle pour les anciens lecteurs qui dans un moment de folie inexcusable se sont débarrassés de leurs vieux Spidey et pour les jeunes lecteurs pour qui cette époque pas si lointaine équivaut à une sorte de précambrien, Panini sortira fin novembre l’intégrale de Secret Wars en un volume. Chouette ! En attendant, voici une mini-série dont la lecture est un pur moment de bonheur, inattendue et énergique. En tout premier lieu, les super-mecs et nanas kidnappés par le Beyonder forment une équipe on ne peut plus éclectique ! Jugez vous-même : Spider-Man, Médusa, Kraven le chasseur, Gravity, Venom, Deathlock, la Guêpe et Hank Pym, Hood et FireBird. Comment va se passer cette promiscuité de tous les dangers ? Eh bien disons que c’est assez sportif, et que les rebondissements et retournements de situation sont légion dans ce récit ingénieusement écrit par Dwayne McDuffie et cosmiquement mis en image par Scott Kolins. Assez en tout cas pour que je ne vous dévoile rien de l’histoire, puisque malgré moi j’ai déjà dû vous mentir en vous présentant cette saga afin d’en sauvegarder l’intrigue.


Et comme chaque apparition du Beyonder est un séisme très remarqué chez Marvel, la présente aventure met en scène des personnages on ne peut plus omnipotents ou mythiques de son histoire. Nous y croisons le Fantôme de l’Espace, le Gardien, Galactus, l’Étranger, et découvrons des secrets historiques. Une publication que je vous conseille vivement si vous voulez passer un excellent moment.


N’oubliez pas, le prochain numéro de Marvel Universe sortira en décembre et nous proposera la saga complète de Silent War, une histoire importante mettant en scène les Inhumains et dont vous devez connaître la substance si vous êtes des habitués de l’univers Civil War. Écrite par le talentueux David Hine et dessinée par Frazer Irving (un grand artiste à suivre), c’est l’un des événements en kiosque de cette fin d’année.


 


-X-MEN #129 : ET SI… LÉGION AVAIT TUÉ XAVIER ET MAGNETO ?


Eh oui, après la suite de L’Avènement et la Chute de l’Empire Shi’ar, Supernovas ainsi qu’un nouvel épisode de New X-Men, vous pourrez lire dans cette revue l’un des délices de chez Marvel : les fameux What if ? qui nous ont rendu dingues pendant longtemps et que Quesada a remis au goût du jour. C’est donc un épisode récent que nous avons sous les yeux – même très récent puisqu’il date de février 2007 ! Réalisé par Remender et Wilkins, il revient sur le contexte de l’Ère d’Apocalypse, avec beaucoup d’événements en peu de pages, dans une ambiance colorée et cosmique au dénouement whatifien au possible. Une réussite, quoi !


 


-ASTONISHING X-MEN #29 : PROBLÈMES MULTIPLES.


Moi je vous le dis, il ne fait pas bon être mutant en ce moment… C’est du moins ce qui ressort de la lecture de ce titre regroupant les grandes séries mutantes de Marvel. En effet, que ce soit dans X-Men, New Excalibur, X-Factor ou Exiles, ce qui frappe avant tout c’est que chaque équipe vit en son sein de très grandes tensions, des méfiances, des violences et des non-dits qui empoisonnent leur existence. Du coup, toutes ces séries apportent par leur contenu très contrasté une facette intéressante de la vie des personnages. On est très très loin des partners se tapant dans la main ou souriant de leurs victoires. Ici l’humain a rattrapé le surhumain, et les mutants ont beau avoir des p… de pouvoirs, ils semblent n’avoir jamais été si perturbés intimement et déboussolés par ce qu’ils ont à assumer.


Dans X-Men : Phoenix Warsong, la méfiance est plus que jamais de mise envers Emma Frost, et Cyclope est très très tendu. Dans New Excalibur, les remarques incessantes entre les membres de l’équipe finissent par les faire se battre les uns contre les autres, mettant en péril l’existence du groupe. Dans X-Factor, Jamie Madrox (l’Homme-Multiple) doit apprendre à mieux gérer ses doubles car certains ont des mœurs quelques peu dérangeantes pour la vie de l’original, ce qui plonge son quotidien dans un merdier pas possible. Enfin, dans Exiles, tout le monde n’est pas d’accord avec la notion de ce qu’il y a à changer ou pas dans une réalité, selon leur sens moral et dans un contexte dramatique. Pfouh ! Une mention spéciale pour l’épisode de Factor-X, vraiment très très réussi, drôle, fin, cruel et lucide, ainsi que celui de New Excalibur dont certaines ambiances graphiques sont magnifiques (les dessins de Jim Calafiore encrés par Mark McKenna et mis en couleurs par Tom Chu sont vraiment très beaux).


 


-WOLVERINE #165 : DÉJÀ-VU.


Si la série Wolverine : Origins souffre d’un dessin peu inspiré et passe-partout, on ne peut pas en dire autant d’Evolution qui sous le triple art de Simone Bianchi, d’Andréa Silvestri et de Paul Mounts (que des hommes) atteint des sommets de beauté. Un sens des lumières certain, un modelé de trait souple et puissant, et des couleurs très contrastées font de cet arc une lecture indispensable, surtout que c’est l’impeccable Jeph Loeb qui déroule les mots. Attention cependant si vous achetez cette publication : ça griffe et ça mord.


 


-SPIDER-MAN #93 : LES BLESSURES DE LA VIE.


Un numéro qui laisse des événements terribles en suspend pour publier un programme diversifié. Après la suite de L’Envol et un épisode assez intime et émouvant revenant sur le passé de la famille Parker, vous aurez le plaisir de lire Confession Publique (paru dans Spider-Man Special #1 en novembre 2006 mais qui se situe avant Civil War), une aventure qu’il est plaisant de mettre en relation avec les répercussions récentes de la guerre civile sur la vie de Spider-Man et de la viabilité de son identité secrète. Une très bonne histoire qui ne manque ni de piquant ni de surprises…L’intérêt de ce numéro ne réside pas dans ce seul épisode, puisqu’il est suivi de deux courts récits, l’un très décalé par son graphisme et son histoire et s’attardant sur le destin d’un médecin qui a tout plaqué, et l’autre d’une beauté plastique extraordinaire puisque c’est David Finch qui dessine une Chatte Noire… euh, disons… qui donne envie de ronronner, quoi…


 


-ULTIMATE SPIDER-MAN #53 : LA SAGA DU CLONE (2).


Un numéro d’Ultimate Spider-Man historique puisqu’il comprend l’épisode #100 de cette série qui fut le véritable fer de lance des débuts de l’univers Ultimate chez Marvel. Écrite depuis le départ par le très prolifique et inventif Brian Michael Bendis, Ultimate Spider-Man a tenu ses promesses et a même amorcé des sagas de tout premier ordre. Cet anniversaire est l’occasion de vous proposer en plus des épisodes 3 et 4 de l’incroyable Saga du Clone quelques pages de bonus sympathiques : un petit texte de Ralph Macchio revenant sur l’aventure Ultimate S-M, de beaux crayonnés de couvertures signés Mark Bagley, une interview de Bendis qui nous en apprend un peu plus sur le travail de ce scénariste pour cette série et son avenir, une chronologie des différentes sagas qui ont constitué la trame du titre, et un résumé des deux livres Ultimate Mary Jane, projet très américain dont on ne sait trop quoi penser… Ce numéro est aussi l’occasion de mettre en avant l’incroyable longévité du duo Bendis/Bagley sur ce titre, puisqu’au final ils auront collaboré ensemble sur 110 épisodes, battant ainsi le record détenu jusqu’alors par Stan Lee et Jack Kirby sur Fantastic Four (102 épisodes consécutifs, tout de même…). Pour dire un mot de la saga en cours (celle du Clone), on ne peut que constater qu’on est en plein délire ! La couverture est très réussie, et l’on attend la suite des événements dès décembre.


 


-ULTIMATE FANTASTIC FOUR #20 : GUERRE COSMIQUE (1).


La transition entre l’ancienne et la nouvelle équipe artistique est bel et bien amorcée : bye bye Millar et Land, voici Carey et Ferry. Autre ton, autre style, le tournant se veut annonciateur d’une nouvelle dynamique pour nos quatre héros. En effet, avec l’arc God War c’est un nouvel élan qui est envisagé, sur le long terme. Les faits et implications de Guerre Cosmique vont puiser dans des éléments mythiques de l’histoire de Marvel pour les réarticuler en marquant les esprits. Ainsi, l’ombre du terrible Thanos se profile à l’horizon. L’histoire de Mike Carey démarre bien et semble pleine de promesses, et les dessins de Pasqual Ferry sont plaisants, dénotant encore une fois une esthétique qui se répand de plus en plus dans les comics, à savoir le travail photographique de décors urbains insérés dans les images. Simple mode, ou passage aux images du troisième millénaire ?


 


-INFINITE CRISIS 52 #6 : IMAGINE


Le titre le plus palpitant de chez DC en ce moment (heure française) continue de nous faire vibrer sans jamais faiblir en intensité. Pour preuve ce nouveau numéro bourré à craquer de rebondissements et de révélations en veux-tu en voilà. Est-ce le rythme de parution hebdomadaire de 52 qui a engendré cette narration renouant avec les procédés de la grande époque des récits à suivre dans la presse américaine ? Très certainement… To be continued ! Le coefficient de cliffhanger s’en retrouve multiplié par 16 puisqu’en un mois les lecteurs auront eu quatre fois plus de numéros, réalisés par quatre scénaristes s’occupant chacun d’une facette de ce contexte passionnant. De quoi perdre la boule ! Nous suivrons une nouvelle fois les projets hypocrites de Lex Luthor, les rapports entre l’Homme Élastique et le casque du Dr Fate, entre folie et désespoir, les frasques de la pétulante Renée Montoya accompagnée par La Question, les derniers événements frappant Black Adam et Isis, mais aussi l’énigme autour de l’identité de Supernova ou la formation fragile d’une nouvelle JLA ainsi que le comportement violent de ce petit bonhomme de robot de Skeets : n’en jetez plus ! Chose remarquable, il y a beaucoup d’humour dans 52. Ainsi, après qu’une collaboratrice de Luthor aie tiqué en entendant l’un de ses protégés hurler « Je me présente : Nuklon… et je vais t’atomiser ! », Lex lui rétorque froidement : « Je sais. Quatre scénaristes pour écrire ça… On tâchera de modifier les dialogues au montage. » Bravo ! Sans compter cet engin de malheur de Renée Montoya, qui n’a pas son pareil pour lancer des répliques qui tuent… On se rend compte en avançant dans la lecture de 52 (nous en sommes à la 24ème semaine, donc pratiquement à la moitié), que le syndrome Civil War semble pousser la rédaction de DC à impliquer de plus en plus d’éléments politiques et autres ramifications réalistes à l’intérieur de leurs séries. Quelle direction va prendre l’univers DC dans les prochaines années, voilà qui constitue l’une des questions les plus excitantes à venir…


Vous retrouverez entre les épisodes et les couvertures originales la suite des récits courts revenant sur l’origine des super-héros DC, avec cette fois-ci Adam Strange, Green Lantern, Wildcat et Booster Gold.


À suivre !


 


-SUPERMAN & BATMAN HORS SERIE #2 : DANS LA PEAU DE BIZARRO.


Je ne sais pas vous, mais moi je suis littéralement fasciné par le trait de Frank Quitely. Il y a je ne sais quoi de… de… d’indéfinissable dans le velouté ultra précis de son trait qui laisse pantois d’admiration, limite hypnotique, ou envoûtant. Et puis il y a le talent immense du scénariste écossais Grant Morrison, l’un des plus intéressants depuis 20 ans (tout simplement), qui revisite ici le mythe de Superman avec une science et une connaissance du personnage hallucinantes. La série All Star Superman est donc un véritable chef-d’œuvre porté par deux auteurs exceptionnels, un vrai trésor de beauté, d’intelligence, d’humour, de savoir et d’émotions qui rend carrément accro. Je pourrais m’arrêter là, mais je n’aurais alors rien dit du véritable trésor de cette série. Car la véritable pépite de All Star Superman ce n’est pas sa double signature prestigieuse, ni l’indéniable souffle nouveau qu’elle offre à Superman, non. La pépite de cette série c’est Jamie Grant, son encreur et coloriste attitré. C’est lui qui donne ce velouté fou au trait de Quitely, c’est lui qui – par un travail époustouflant de colorisation numérique tout en nuances et aux connaissances chromatiques d’une très grande acuité – insuffle une atmosphère indescriptiblement belle à cette œuvre inspirée. Jamais les couleurs du costume de Superman n’avaient été aussi intenses, profondes et électriques, éclatantes et sensibles. Le bleu semble transcendé par je ne sais quelle incandescence interne, et le jaune et le rouge retrouvent leur spécificité complémentaire dans une harmonie chaude et puissante. Les gris des décors sont travaillés de telle manière qu’ils vibrent sans jamais être ternes. C’est vraiment magnifique.


Les épisodes de ce numéro, formant une aventure complète, sont un parfait délire. Oui, un récit délirant où Superman atterrit sur le monde cubique des Bizarros (vous vous souvenez ? Bizarro, le double quelque peu raté de Superman). Un monde où Superman perd peu à peu ses pouvoirs, l’empêchant par ce fait d’espérer quitter un jour cette planète très… spéciale où existe même un… Zibarro (on n’est pas loin de Zantafio, là !). Zibarro, seule créature semblant avoir une once de conscience parmi une population réduite à l’état de corps ne s’exprimant qu’à l’envers et avec une syntaxe proche du degré zéro, est un personnage poignant qui ne rêve que de rapports normaux avec autrui, réduit à côtoyer des zombies sans jamais pouvoir construire quoi que ce soit de digne « humainement » (allégorie ?). Un magnifique personnage, donc. Notons que Morrison s’est apparemment fait plaisir en écrivant les dialogues très improbables de cette histoire, où la syntaxe martyrisée devient un acteur à part entière de l’intrigue. C’est beau, c’est très intelligent, c’est passionnant, philosophique et profond, dans une atmosphère de farce tragique. Un must, vraiment… Oui, le rythme de parution de cette série est assez compliqué à suivre (elle avait commencé en juin et septembre 2006 dans All Star Superman, puis disparut pendant presque un an avait de reparaître dans Superman & Batman Hors Série pour deux numéros supplémentaires dont celui-ci), oui ça fait long à attendre, mais tout fan digne de ce nom se doit de suivre les traces de cet ovni irrégulier qui revient en kiosque lorsque les vents cosmiques sont cléments. In-dis-pen-sa-ble !


 


-JUSTICE LEAGUE OF AMERICA #0 : HIER, AUJOURD’HUI, DEMAIN.


Petite publication mais grand événement ! DC relance la JLA en revenant aux sources du mythe et en la rebaptisant pour le coup Justice League of America. Ça c’est du revival ou je ne m’y connais pas ! Ce numéro #0 vous est gracieusement offert, vous le trouverez accompagnant les titres 52, DC Universe et Superman & Batman. Pour ouvrir en fanfare le renouveau de cette super-équipe classique de l’univers DC, Brad Meltzer a pondu un scénario chorale où des époques passées, présentes et futures de la Ligue de Justice d’Amérique sont révélées par jeux de miroirs. Cet incessant va et vient narratif donne un peu le tournis, mais surtout il intrigue par les bribes de scènes du futur qu’il aborde avec un sens dramatique très travaillé. Ces multiples scènes sont aussi l’occasion pour ce numéro initial d’être dessiné par une multitude d’artistes souvent grandioses, comme Dick Giordano, Tony Harris, George Pérez, J.H.Williams III, Luke McDonnel, Jim Lee, ou Phil Jimenez, par exemple.


 


-DC UNIVERSE #27 : LA LIGUE DE JUSTICE D’AMÉRIQUE.


Ça y est, c’est parti pour la Ligue de Justice d’Amérique ! Épisode n°1 qui s’emploie à la constitution de la nouvelle équipe : qui Superman, Batman et Wonder Woman vont-ils choisir pour faire partie de la toute nouvelle Ligue ? Les décisions sont épineuses à prendre, et propices à quelques règlements de compte amicaux. Cette ouverture tourne aussi beaucoup autour du personnage de Red Tornado, dans 42 pages d’exception. Puis une aventure des Teen Titans à la recherche d’un traître dans leurs rangs, suivie d’un épisode de Green Lantern remarquablement dessiné par Ivan Reis. Et l’on finit avec un petit avant-goût de Brave World.


 


-SUPERMAN & BATMAN #5 : RETOUR À L’ACTION (1).


On commence avec une aventure assez pittoresque et décalée de Superman (Pour notre Anniversaire) qui nous montre avec humour que l’emploi du temps d’un Superman n’a rien à voir avec un boulot à temps partiel ! Léger et très agréable à lire, un très chouette épisode. MAIS ! Le clou du spectacle, THE chef-d’œuvre, c’est bien sûr l’épisode de Batman paru initialement dans Detective Comics #821 : Jet Set, réalisé par le décidément génialissime J.H.Williams III : un chef-d’œuvre, vous dis-je. Williams III laisse éclater tout son génie dans des planches d’une beauté qui laisse sans voix, sublimées par les couleurs de John Kalisz. C’est baroque, Pop Art, Art Nouveau, sombre, étonnant, contrasté, le tout composé avec un brio qui crève l’écran. Une pure merveille écrite par Paul Dini et qui ne fut malheureusement qu’une expérience unique puisque J.H.Williams III n’a réalisé que ce seul épisode, passant ensuite la main à Don Kramer. Dommage ! Rarement l’étrangeté aura été aussi belle et terrifiante que dans ces planches sublimes…


 


 


     Cecil McKinley.

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