PLUS DE LECTURES DU 26 NOVEMBRE 2007

Notre sélection de la semaine : “ L’envolée sauvage T.2 ” par Arno Monin et Laurent Galandon, “ Le désespoir du singe T.2 : Le désert d’épaves ” par Alfred et Jean-Philippe Peyraud, et “ Max & Nina T.5 : Ca n’arrive qu’aux autres ” par Ben Radis et Dodo.

 

 

Cliquez sur l’appareil photo pour découvrir les couvertures des albums chroniqués.

 

 

 

L’envolée sauvage T.2  ” par Arno Monin et Laurent Galandon

 

Editions Bamboo (12,90 Euros)

 

Nous avions déjà remarqué le premier opus, mais ce deuxième (et dernier) tome confirme et même amplifie notre bonne impression du départ ! Ce très beau diptyque est principalement situé en pleine Deuxième Guerre mondiale, dans la campagne française. Recueilli au départ par un curé et sa bonne, un jeune orphelin juif, poète, rêveur et passionné par les oiseaux, est envoyé dans un institut pour mineurs délinquants de la capitale, tenu, d’une main de fer, par un vieil ami de séminaire du brave «père» adoptif. Mais quand le port de l’étoile jaune est imposé, le garçon se retrouve sujet de railleries et, avec ses amis, il organise sa fuite pour échapper aux patrouilles allemandes. Finalement arrêté, il sera interné dans un camp de concentration où il doit s’occuper des faucons du commandant… Le dessin chaleureux d’Arno Monin est de plus en plus maîtrisé et se dégage, progressivement, de ses influences (même si le mélange de différents styles mangas et du graphisme d’Olivier Berlion est encore très évident)… Quant à la narration de Laurent Galandon, elle gagne en clarté et en efficacité, sans perdre une once d’humanité et d’émotion : au final, ce récit, qui fait honneur au catalogue des éditions Bamboo, ne peut pas ne pas vous laisser insensible !

 

 

 

Le désespoir du singe T.2 : Le désert d’épaves ” par Alfred et Jean-Philippe Peyraud

 

Editions Delcourt (12,90 Euros)

 

Josef, artiste indécis en panne d’inspiration, s’apprête à rejoindre Joliette, sa fiancée, pour fuir la ville en pleine révolution… Mais il pense toujours à Vespérine, sa muse inaccessible, épouse d’un politique paralytique. Menés par un passeur peu scrupuleux, ils se font embarquer dans une longue marche à travers un désert d’épaves. Ce deuxième volet d’une romance impossible, dans un monde évoquant l’Europe du début du XXème siècle, enchaîne son lot d’évènements inattendus et de rebondissements, entre badinages, préoccupations écologiques et guerre civile. Jean-Philippe Peyraud continue de développer un univers totalitaire très intéressant, tout en nous réservant quelques beaux moments d’émotions, alors que le trait épuré, et de plus en plus expérimental, d’Alfred exprime véritablement toute la violence de cette ambiance chaotique… En tout cas, l’adéquation des divers savoir-faire de ces deux-là (qui n’est pas aussi évidente que l’on pourrait croire, surtout quand il s’agit de nous disséquer des personnages qui doutent et qui ont du mal à faire des choix), fait merveille pour l’occasion de cette grande aventure politique et sentimentale !

 

 

 

Max & Nina T.5 : Ca n’arrive qu’aux autres ” par Ben Radis et Dodo

 

Editions Vent des Savanes (12,50 Euros)

 

Après la rencontre, la vie de couple et le mariage, puis les enfants, voici l’adultère ! Décidément, avec cette série à l’ironie tendre et mordante, la scénariste Dodo, et son compagnon illustrateur Ben Radis, tente de chroniquer tous les grands moments de la vie de deux jeunes amoureux «bien d’aujourd’hui»… : même si cela devait être pareil en d’autres temps… L’avantage de cette bande dessinée, c’est que ses deux héros à la physionomie canine (le style animalier de Ben Radis, oscillant entre Walt Disney et la ligne claire, est toujours aussi efficace) subissent judicieusement toute les tensions dramatiques avec une bonne grosse dose d’humour et de bonne humeur, comme ils le supportaient déjà dans les précédents opus. Les ravages réalisés par les tromperies et les mensonges conjugaux sont ici finement introduits, et la crise inévitable de toute vie de couple moderne est mise en scène de façon aussi mordante que réaliste. Dodo et Ben Radis s’en tirent haut la main, car faire rire (ou pleurer) avec ces situations souvent dignes d’un simple vaudeville, ce n’est pas si facile que ça…

 

 

 

Gilles RATIER

 

 

Galerie

Les commentaires sont fermés.