« Sardine de l’espace » T10 (« La Reine de l’Afripe ») par Mathieu Sapin et Emmanuel Guibert

Voici notre Sardine revenue, accompagnée, comme toujours de ses joyeux compagnons : son tonton et pirate préféré, le Capitaine Etoile jaune, et le P’tit Lulu, plus en forme que jamais.
Dix chapitres composent ce dixième volume qui nous entraîne dans des contrées exotiques et très insolites.

Les cinq premiers épisodes emmènent le trio en Afripe, la planète des vêtements sauvages.

Sardine de l'espace

C’est là que Supermuscleman, le Président – Dictateur général de l’univers, emmène sa future épouse, Vénuche, en safari de fiançailles. Il est accompagné, bien sûr, de son indispensable docteur Krok, le savant fou. Sardine s’inquiète pour le sort des vêtements sauvages livrés à la frénésie de la Vénuche. C’est une mission de sauvegarde des espèces protégées de la plus haute importance pour nos pirates ! La fiancée, au vocabulaire plus que limité, se livre sur le terrain à la chasse aux chaussures, doit faire face aux redoutables anneaux du boa à résilles, fuit devant un troupeau d’élégants très déterminés, barbote dans le lac Lapisse à la pêche aux bijoux et entreprend l’ascension du Cachemire en croisant des troupeaux de lainages qui poussent d’étranges cris. Supermuscleman, très éprouvé par le périple, finit par se rendre compte de l’insondable bêtise de sa fiancée. Comme quoi il n’est pas complètement idiot !

Sardine de l'espace

Le sixième épisode, intitulé « La Folle Genèse » est un petit bijou d’humour et d’autodérision. Il célèbre joliment le centième épisode de la « Sardine » et les lecteurs qui auraient raté le début peuvent ainsi comprendre comment est née cette folle série et faire la connaissance de ses créateurs inspirés. Nous vous laissons le plaisir de découvrir le Dieu Sfaroune, le prophète Guibole, le frère Oualtérou, la princesse Iouka et un certain Saint-Sapin …

Enfin, nos héros font un petit tour au cercle molaire, tirent une pieuvre éplorée des griffes de racketeurs / raquetteurs sans scrupules, découvrent l’art contemporain avant de terminer leurs pérégrinations dans une contrée effrayante où sévissent les impitoyables rangeurs.

De la bonne et belle aventure en perspective !

Au fil des albums, l’esprit de la « Sardine » évolue et glisse doucement vers l’absurde. Les nombreux jeux de mots, très savoureux, les citations et les clins d’œil qui en font tout le sel offrent plusieurs niveaux de lecture. Les enfants, auxquels cette série était destinée au départ, s’y amusent, et les adultes s’y retrouvent également, sans jamais s’ennuyer.

Sous couvert d’humour et de dérision, les auteurs glissent dans leurs récits quelques messages, en soulignant les travers de notre société, en pointant l’égoïsme et l’individualisme, en fustigeant les puissants et la communication de masse. Tout cela avec une apparente légèreté et sans asséner de leçons de morales trop appuyées. C’est là l’une des grandes qualités de la « Sardine de l’espace », que l’on peut consommer ainsi sans modération.

Catherine Gentile

« Sardine de l’espace » T10 (« La Reine de l’Afripe ») par Mathieu Sapin et Emmanuel Guibert

Éditions Dargaud (11,55 €) – ISBN 978 2205 06718 7

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Une réponse à « Sardine de l’espace » T10 (« La Reine de l’Afripe ») par Mathieu Sapin et Emmanuel Guibert

  1. cristie dit :

    C’est rigolo je connaissais pas