PLUS DE LECTURES DU 16 AVRIL 2007

Et encore des albums à lire : “ Mary Céleste T.1 : Les enfants sauvages ” par Marc-Renier et Rodolphe, “ Le maître de Benson Gate T.1 : Adieu Calder ” par Renaud Garreta et Fabien Nury, “ Chess T.1 : Tu n’es qu’un pion ” par Michaël Minerbe, Bruno et Sylvain Ricard et “ Seuls T.2 : Le maître des couteaux ” par Bruno Gazzotti et Fabien Vehlmann.

 


Mary Céleste T.1 : Les enfants sauvages ” par Marc-Renier et Rodolphe


Editions Albin Michel (12,50 Euros)


Alors que son sort n’est pas encore vraiment réglé, la SEFAM (plus connue sous le nom d’Albin Michel BD) nous propose toujours de superbes albums à ne pas rater, à l’instar de cette nouvelle collaboration entre un imaginatif et sensible scénariste et un délicat et minutieux dessinateur. De la rencontre de Rodolphe et de Marc-Renier allait naître la série «Melmoth», trop tôt interrompue : seulement deux albums chez Dargaud. Ils se sont retrouvés quinze ans après pour une commande sur la vie de George Sand («Le Dernier visiteur de George Sand», aux éditions du Patrimoine, en 2006) puis pour donner vie à un autre héros-enfant, livré aux folies du destin : Mary Céleste est une jeune orpheline de douze ans, confiée à la garde d’un oncle inquiétant qui vit dans un château gothique, au fin fond d’une forêt allemande. La jeunette va s’apercevoir qu’elle possède le don de communiquer avec les esprits et le fantôme d’un enfant assassiné, qu’elle est la seule à pouvoir voir, la prévient que son dernier parent veut la tuer pour toucher son héritage. Nous sommes en plein romantisme et fantastique, des genres où la plume du scénariste de «Kénya» ou de «La maison Dieu» fait merveille. Quant au graphisme de l’illustrateur du «Masque de fer» et de «Black Hills», il est complètement adapté (et même transcendé) par l’ambiance picaresque de cette belle saga, riche en coups de théâtre !


 


Le maître de Benson Gate T.1 : Adieu Calder ” par Renaud Garreta et Fabien Nury


Editions Dargaud (13 Euros)


Voilà une grande série qui s’annonce encore avec cette saga familiale ! Ils sont frères ; l’un est violent, charmeur et impulsif, l’autre est plus fragile, semble mieux élevé, mais se fait quand même embarquer dans un mauvais coup. Ces deux jeunes hommes, bien différents, viennent d’être nommés héritiers de leur père, un grand magnat d’un empire pétrolier acquit à la sueur de son front, à la fin du XIXème siècle, à Boston… Scénario ambitieux et maîtrisé, dessin soigné et réaliste, couleurs justes…,  tout est donc réuni pour que cette BD, qui se présentera sous forme de diptyques indépendants et qui se déroulera sur 12 albums, devienne un succès de librairie !


 


Chess T.1 : Tu n’es qu’un pion ” par Michaël Minerbe, Bruno et Sylvain Ricard


Editions Humanoïdes associés (12,90 Euros)


C’est la deuxième collaboration bédéesque des deux frangins Ricard (après le récit de leur voyage au cœur d’un Liban en guerre : «Clichés Beyrouth 1990», chez le même éditeur, en 2004). Il s’agit d’une aventure d’anticipation géopolitique, située en 2022, après une catastrophe nucléaire qui a favorisé l’émergence du Moyen-Orient et d’un Nouvel Empire Chinois. Après une mission qui ne se déroule pas comme prévu, un mercenaire désabusé se retrouve en charge d’un enfant qui sert de transporteur biologique de contrebande… La narration, comme le dessin, est froide, mais efficace… Pourtant, les scénaristes sont surtout performants dans la retranscription des sentiments humains, et c’est d’ailleurs la deuxième partie du récit qui nous émeut le plus (surtout grâce aux rapports, bien rendus, entre le guerrier pessimiste et l’enfant au corps modifié). Quant au dessin carré du nouveau venu qu’est Michaël Minerbe, il surprend par son côté passerelle entre le trait «manga » et un graphisme plus traditionnel. A suivre, donc…


 


Seuls T.2 : Le maître des couteaux ” par Bruno Gazzotti et Fabien Vehlmann


Editions Dupuis (8,50 Euros)


Après un premier tome très concluant (d’ailleurs il fut couvert de prix, tel celui du «Grand Prix des lecteurs du Journal de Mickey»), voici la suite très attendue de cette série apocalyptique, tout public, mais qui s’adresse, quand même, en priorité aux jeunes, à partir de 9ans. Même si les thèmes exploités ont été très souvent utilisés dans d’autres médias et si l’intrigue ne progresse pas vraiment dans ce deuxième épisode, l’ensemble se lit avec un total plaisir : ce qui est de plus en plus rare, dans l’immense production actuelle. Cinq enfants, d’origines et de milieux sociaux différents, se réveillent seuls au monde, dans une ville où tous les adultes ont disparu. Livrés à eux-mêmes, ils vont devoir organiser leur survie. L’apparition d’un étrange personnage portant un masque de fer augmente encore leurs peurs. Comme le trait de Bruno Gazzotti est toujours très efficace, et que la plume de Fabien Vehlmann, qui jongle entre humour et angoisses, est bien aiguisée, on espère vraiment que le 3ème épisode ne tardera pas trop !


 


Gilles Ratier


 

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