Angeline, t4, Menphis Tenesse

Kattleen a pris la succession d’Adeline dans l’exécution des contrats et s’en sort parfaitement. Jusqu’au jour où elle part à la recherche de son père pour solder un lourd passé. Mais elle retrouve un homme transfiguré par la foi, qui l’entraine dans un long road movie vers un gourou acculé par ses trafics louches. Le drame est en marche.

 

 

Conduit sur un rythme haletant, multipliant les morceaux de bravoure et les rencontres explosives, cet album conduit vers un Disneyland sectaire et nihiliste, inspiré aussi bien de David Koresh que des prêcheurs évangéliques américains. Avec ses héros complexes, aux agissements troubles et qui ont depuis longtemps franchi la frontière qui sépare le bien du mal (notamment une héroïne éponyme prise entre son passé et ses responsabilité de maman), la série nous livre l’envers du rêve américain, sur un mode convenu et inquiétant. La mise en dessin use d’un trait réaliste et moderne, avec de très nombreux plans américains et des cadrages horizontaux en cinémascope, pour servir un scénario écrit à deux mains par deux anciens de la série Sous le soleil, selon une logique très cinématographique. Le scénario multiplie encore les références à la culture américaine par diverses reprises d’images (par exemple p 10, 28 ou 36-37) et développe des dialogues percutants, au vocabulaire peu châtié, qui donne un ton résolument contemporain à l’ensemble. Une bd de genre pour adultes et grands adolescents.

 

 

Joël Dubos

 


Angeline, t4, Menphis Tenesse, Adeline Blondieau, Eric Summer, Serge Fino, 12,90 euros

 

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