« Hatsukoi Limited » T1 par Mizuki Kawashita

L’auteur(e) d’« Ichigo 100 % » revient chez Kazé avec une nouvelle comédie romantique : « Hatsukoi Limited ». Ce qui signifie littéralement « premier amour »… Avec ce titre, tout est dit, l’histoire va tourner autour des premiers émois entre adolescents. C’est un sujet que Mizuki Kawashita maîtrise parfaitement : elle nous l’a déjà prouvé.

Mizuki Kawashita est une dessinatrice ne faisant pas du Shôjo, mais du Shônen. C’est-à-dire qu’elle a su adapter sa vision féminine à un public exclusivement masculin. Elle sait parfaitement ce qui peut plaire aux « mâles », sans tomber dans le grivois. Du coup, ses œuvres sont remplies de contre-plongées sur des mini-jupes bien trop courtes qui laissent, négligemment, apparaître une culotte avec bien souvent un petit animal « mignon » dessiné dessus. Pourtant, il faut reconnaître que l’on est loin de la bande dessinée porno ou même érotique. Les personnages sont souvent entreprenants, mais il n’y a jamais réellement de scène de sexe brute. Tout passe par l’imagination et la manière de décortiquer les sentiments de l’autre. C’est pourquoi « Hatsukoi Limited » commence naïvement par cette phrase simple : « Vous est-il déjà arrivé de tomber amoureux ? ».

Dès le début nous suivons un groupe de cinq lycéennes qui déblatérèrent sur leur vie amoureuse et rêvent qu’un Don Juan vienne leur faire la cour. Cela ne va bien sûr pas se passer aussi simplement. Ayumi va être la première à recevoir une déclaration en bonne et due forme. Mais celle-ci est plus venue d’un gorille que du prince de ses rêves. Surtout qu’elle découvrira, un peu plus tard, que le fameux prince n’est autre que le frère de son prétendant. On se retrouve dans le schéma classique du triangle amoureux, source de quiproquos et conflits. Le reste des scènes reprennent, elles aussi, tous les poncifs de ce genre d’histoire romantiques. J’évoquais le quintet d’amis, figure récurrente du manga avec des personnages ayant tous leurs personnalités bien affirmées, de la meneuse à la plus timide. Pourtant, même si tout est basé sur un schéma préétabli et ressassé depuis des décennies dans les mangas, voire en littérature, Mizuki Kawashita arrive à captiver son lectorat assez facilement. Notamment grâce à un dessin fin et juste, mettant parfaitement en valeur les corps de ses héroïnes, tout comme les jeunes hommes qu’elles côtoient. Ses personnages ont du charme sans être vulgaires. Ici, pas de gros seins, de t-shirt mouillé, de poses lascives ou de sous-vêtements une taille trop petite. Les jeunes filles ont une poitrine normale, mais bien mise en valeur par des drapés tombant impeccablement et ne laissant voir que l’essentiel. Le choix des vêtements n’est pas laissé au hasard. Ni sorti d’un catalogue bas de gamme, ni de chez un grand couturier, tout est simple et à la fois recherché en fonction du caractère du personnage et de la vison que pourrait en avoir un adolescent. Chaque détail est travaillé à la perfection, les décors sont nombreux et posent clairement l’action dans un univers réaliste et familier. L’ambiance qui s’en dégage sonne juste.

Prévue en seulement quatre volumes, l’histoire a la particularité de ne pas se focaliser sur un seul et unique personnage. C’est tout le groupe de jeunes filles que l’on suit, au fur et à mesure de leurs pérégrinations amoureuses. On dirait presque que ce manga se passe en temps réel, naviguant de scènes en scène en fonction de l’intérêt de l’action. Du coup, cela donne une fraîcheur et une construction particulièrement agréable à suivre. Bien sûr, au milieu de tout ça, il y a les quiproquos, les bagarres, ainsi les rencontres fortuites, ou pas d’ailleurs ; histoire de bien pimenter le récit. Bref, il se passe plein de choses, mais les situations sont tellement bien amenées que cela en devient évident. Le lecteur se laisse bercer par la vie, somme tout pas si compliquée, de ces adolescents, avec leurs questions existentielles habituelles.

Vu le succès d’« Ichigo 100 % », il était logique qu’un éditeur français s’intéresse à ce titre. Ce n’est pourtant pas Tonkam qui a raflé la mise cette fois-ci, mais la branche manga de l’éditeur Kazé. Et pour le numéro un, ils ont fait les choses en grand. Deux éditions sont disponibles, une simple et une collector. Cette dernière comprend : le premier volume identique à la version simple entouré d’une jaquette protectrice en carton avec fourreau pour ranger le marque-page exclusif ainsi que trois cartonnettes reprenant les visuels des volumes suivants. Le tout avec un tirage unique de deux mille exemplaires non réédité. Cette édition spéciale ne coûte qu’un petit euro quarante-cinq de plus que l’édition simple et offre une belle protection supplémentaire à cet ouvrage. Les amateurs pourront également se procurer l’intégrale de la série animée tirée du manga. 12 épisodes également édités par Kazé, cela va de soi.

« Hatsukoi Limited » devrait plaire à un très large public, aussi bien masculin que féminin. Les situations oscillant entre les passages sérieux et les passages comiques sont bien dosées. Du coup, avec sa narration dynamique, l’histoire tient bien sur la longueur et ne devrait pas s’éterniser avec seulement quatre volumes. Une collection facile à commencer d’une comédie sentimentale classique sur l’univers des ados scolarisés.

Gwenaël JACQUET

« Hatsukoi Limited » par Mizuki Kawashita
Édition Kazé, collection « Shonen up »  (6,50 €) – ISBN édition normale : 978-2820302199

(7,95 € ) – ISBN édition collector : 978-2820302656

À gauche la couverture « normale » de la série. À droite la version collector avec en dessous l'image globale ayant servi de base à cette jaquette enveloppante.

HATSUKOI LIMITED.© 2007 By Mizuki Kawashita / SHUEISHA Inc.

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