SUPER-HEROS DE NOVEMBRE 2006

La sélection mensuelle de ce qui se fait de mieux dans le monde des comics en parution française : les news, les sorties d’albums chroniquées et les parutions en kiosque.

Cliquez sur l’appareil photo pour découvrir les couvertures des albums et revues.


 


NEWS


 


Tout d’abord, un petit rectificatif dû aux aléas de l’édition : le graphic novel Father (signé Joe Quesada et mettant en scène Daredevil) dont j’ai annoncé la parution le mois dernier ne sortira finalement qu’en 2007 selon Marvel France -à moins d’une bonne surprise. Je reviendrai bien évidemment sur cet album lorsqu’il sortira, nous l’attendons avec impatience.


 


Quant à l’arrivée de Sandman chez Panini Comics avec l’album Sandman : Jouons à être toi qui vient de paraître, je lui consacrerai ce mois-ci un article de fond , cette série absolument géniale de Neil Gaiman valant bien plus que le détour. Incontournable.


 


Attention, Ultimate Fantastic Four devient mensuel jusqu’à la fin de l’année avant de repasser au rythme bimestriel en 2007. Je vous conseille de suivre ce titre, l’un des meilleurs du moment (voir ci-après).


 


Ce mois-ci pas mal de choses très intéressantes, en attendant le mois de décembre qui débutera en beauté avec un gros album sur Jack (le King) Kirby, plus qu’alléchant, et d’autres chouettes parutions.


 


Les incontournables en librairie: Sandman : Jouons à être toi et Top 10 : The Forty-Niners.


Les incontournables en kiosque: Wolverine 154 et Ultimate FF 14.


 


 


 


EN LIBRAIRIE


 


8 NOVEMBRE:


-BLACK HOLE, l’intégrale (éditions Delcourt, collection Contrebande). Oui, je sais, Black Kole de Charles Burns appartient plus à l’école indépendante ou underground contemporaine qu’à celle des super-héros. Mais dans la collection Contrebande de chez Delcourt (qui propose un panel assez éclectique de toute une bande dessinée venue d’ailleurs, accueillant par exemple Sienkiewicz ou McFarlane) nous propose aujourd’hui de redécouvrir dans son intégralité une œuvre vraiment prenante, étrange, ne pouvant laisser de marbre les amateurs de fantastique puisqu’elle  nous raconte les mutations subies par les adolescents d’une petite bourgade américaine par le biais d’une maladie appelée « la Crève ». Nous suivons ces pestiférés dans le quotidien de leur isolement, emmenés par le dessin sombre et contrasté de Burns dans un cauchemar redoutablement efficace. Une bande importante qui ne peut laisser indifférent.


 


9 NOVEMBRE:


-TOP 10 : THE FORTY-NINERS (Panini Comics, collection 100% ABC). SUPERBE ! Après l’arrivée de Vertigo voici le label Wildstorm qui fait son entrée chez Panini Comics. Démarrage en trombe avec la série Top Ten, créée par Alan Moore dans le cadre du logo « America’s Best Comics » (Tom Strong, Promethea…) qu’il a institué chez Wildstorm. Je pense que vous connaissez déjà cette série d’un Alan Moore bien inspiré et dessinée avec talent par Gene Ha. Si ce n’est pas le cas, sachez juste que le principe de Top Ten est un monde où toute la population  (y compris les animaux) est dotée de super-pouvoirs. Le récit, vu sous l’angle d’un commissariat, le Top Ten, nous relate en différentes chroniques le quotidien des super-flics de Neopolis. Ce postulat de départ offre à Moore toutes les digressions possibles du genre, multipliant les clins d’œil plus ou moins irrévérencieux au monde « normal » des super-héros de nos lectures habituelles, en profitant au passage pour épingler avec humour et cruauté lucide quelques gros travers de nos sociétés moralisantes tout autant qu’immorales. Du Alan Moore, quoi ! Et c’est tant mieux. Il règne dans cette œuvre une réelle étrangeté, avec des costumes souvent ridicules et des pouvoirs un rien décalés dans un contexte sérieux –mais à tiroirs. Cette étrangeté est renforcée par le très beau travail de Gene Ha, entre réalisme et hommage à toute une imagerie quelque peu nostalgique, fourmillant de ces détails qui font les grandes relectures. Dans Top Ten : The Forty-Niners, qui sort donc ce mois-ci, nous retrouvons Gene Ha au dessin (Zander Cannon avait repris la série régulière), très joliment mis en couleurs par Art Lyon. Cet album nous permet de faire connaissance avec les premiers agents de la force policière Top Ten aux lendemains de la Seconde Guerre Mondiale,  et de découvrir les origines troubles de Neopolis. Parfois, avec bonheur, on a l’impression de ne pas avoir bien lu telle bulle, ou vu tel costume tellement c’est surprenant, inventif :  on a vraiment l’impression de lire un vieux Timely comic sous acide ! Et pourtant tout démontre la cohérence remarquablement bien pensée et agencée de cet univers par les auteurs. Une petite merveille que cet album : je vous mets au défi de ne pas passer un excellent moment en lisant cette curiosité jouissive et prenante. Et si ma parole ne vous suffit pas, sachez que l’album a reçu cette année l’Eisner Award du meilleur album. Ahlalaa, cet Alan Moore…s’il n’existait pas…


 


-X-MEN 6 : LA FIN : HUMAINS ET X-MEN (Panini Comics, collection 100% Marvel). Suite et fin de cette saga concoctée par Chris Claremont et dessinée par Sean Chen, commencée dans les volumes précédents. Une fin en forme d’épilogue où, après 144 pages de lecture fébrile vous aurez enfin toutes les clés de ce récit intense traversé par un conflit galactique et des rêves en devenir… Décidément, 100% Marvel est une bien belle collection…


 


-IRON MAN: EXTREMIS (Panini Comics, Marvel Graphic Novels). Nouveau départ pour le vengeur doré dans cette histoire concluant l’univers qu’a mis en place Warren Ellis, avec Adi Granov aux dessins. À lire en armure.


 


-SPIDER-MAN : LE DERNIER COMBAT (Panini Comics, Marvel Deluxe). De l’originalité à n’en pas douter dans cet opus de plus de 300 pages nous présentant l’intégralité de cette aventure de Spider-Man dans le cadre de « Marvel Knights », puisqu’il est signé Mark Millar. Cela nous promet de belles surprises… Une autre bonne surprise vient du graphisme puisque ce sont Terry Dodson et Frank Cho qui officient. Les connaisseurs apprécieront à sa juste mesure la présence dans cet album de l’ébouriffante Chatte Noire (miam). Ce « dernier combat » risque d’être épique, puisque Spider-Man et la Chatte Noire vont devoir affronter non seulement le Bouffon Vert mais aussi les vilains les plus vilains de tous les super-vilains attitrés au Tisseur de toile. Bouh !


 


-LA LIGUE DE JUSTICE : LA NOUVELLE FRONTIERE 3 (Panini Comics, DC Heroes). Troisième et dernier volet de cette aventure de belle envergure où tous les plus grands super-héros de l’Age d’Argent de DC joignent leurs forces pour sauver notre planète en danger. Un album vraiment très chouette dessiné par le facétieux Darwyn Cooke, cet artiste au trait proche des cartoons, amenant une fraîcheur et un humour non négligeable dans le monde des super-héros. La couverture est particulièrement réussie.


 


23 NOVEMBRE:


-ONSLAUGHT (Panini Comics, Marvel Omnibus). Encore quelques hésitations sur la date de sortie exacte de cet album, vraisemblablement fin novembre… Pour fêter ses 10 ans (ce sera exactement en février 2007), Panini France  réédite son premier crossover : Onslaught, véritable épopée de plus de 800 pages rééditée ici dans son intégralité (!!!). C’est donc un véritable pavé que vous allez pouvoir longuement dévorer dans sa continuité, à savoir les 31 épisodes (dont plusieurs doubles) ainsi que toutes les couvertures originales et de nombreux inédits. Onslaught est l’un des plus importants crossovers de l’histoire de Marvel, sûrement le plus long jamais réalisé à ce jour : les X-Men, les Vengeurs, les Quatre Fantastiques, Hulk, Spider-Man et pour ainsi dire toute la grande famille des super-héros se retrouvent ici afin de vaincre ensemble Onslaught, entité engendrée par les psychés combinées du Professeur Xavier et de Magneto, possédant par conséquent les pouvoirs de ces deux derniers. Quand on sait que le bambin mesure 3 mètres, pèse 407 kilos et qu’il est particulièrement belliqueux, on comprend mieux l’étendue du combat ! Du lourd, donc, pour les amateurs des 90s.


 


-MARVEL ILLUSTRATION BOOK 2 (Panini Comics, Marvel Illustration). Après le succès du premier volume, voici un deuxième bel ouvrage d’illustrations hautes en couleurs du monde des super-héros Marvel. Tout au long des pages, vous pourrez admirer de magnifiques œuvres signées par de nombreux artistes, dont le très talentueux Greg Land.


 


-BATMAN 1964-1965 (Panini Comics, Archives DC). Voici le deuxième volume consacré à Batman dans la collection Archives DC. Pas de longs commentaires de ma part, à mon avis superflus pour dire à quel point ces rééditions sont salutaires pour la mémoire des comics. C’est un réel bonheur de relire ces aventures issues de l’Age d’Argent et fleurant bon les sixties. Indispensable à tout passionné. Aux manettes à l ?époque : Gardner Fox, Bill Finger, Ed Herron ou Carmine Infantino… Alors à vos batportefeuilles et direction la batlibrairie, mes petits Robins !


 


 


 


EN KIOSQUE


 


DELCOURT COMICS


 


28 OCTOBRE:


-LES CHRONIQUES DE SPAWN 9. Chouette ! Spawn est de retour, de surcroît dans un numéro spécial de 100 pages ! Au programme : Spawn #153 et #154 par McFarlane, David Hine et Philip Tan, Spawn #155 et #156 par Hine et Tan, ainsi que Cy-Gor par Rick Veitch et Joel Thomas, plus un mini-poster et d’autres images.


 


PANINI COMICS


 


3 NOVEMBRE:


-X-MEN 118. Chris Claremont et Chris Bachalo nous invitent à suivre les dernières aventures de Rachel Summers et de sa famille mutante. Et nous retrouvons les New X-Men dans un épisode marqué par le deuil…


 


4 NOVEMBRE:


-WOLVERINE 154. ATTENTION : UN NUMERO À NE PAS LOUPER ! Ce titre nous propose souvent des œuvres intéressantes, signe que Wolverine reste l’un des super-héros les plus appréciés des créateurs… et des lecteurs. Ce mois-ci vous allez pouvoir lire deux histoires très originales et de factures visuelles différentes par Stuart Moore (scénario) et C.P. Smith (dessins). Comment faire sortir un nourrisson d’un pays en proie aux violences des guérillas incessantes? Voilà tout l’enjeu de la première histoire (Le Colis), remarquablement écrite, remarquablement dessinée, remarquablement mise en couleurs : un petit chef-d’œuvre. T’Challa, alias La Panthère Noire, monarque du Wakanda, confie à Wolverine une mission inhabituelle et périlleuse en Afrique: sortir du Zwartheid la fille du Président -assassiné dans ce pays qui subit quotidiennement les violences armées d’un général fomentant un putsch. Par voie terrestre et livré à lui-même, Wolverine devra surmonter tous les dangers –intérieurs et extérieurs- afin d’amener sans dommages l’avenir de ce pays en lieu sûr, synonyme de paix possible. Ici nous sommes très loin des histoires des super-héros avec super-pouvoirs et super-combats. Wolverine se retrouve face au quotidien impitoyable de toute une population à la fois victime, embrigadée, amputée, violée… et doit s’adapter à la vérité tangible des évènements, celle des humains et non des mutants. Les faits relatés ici sont un écho malheureusement plus que réaliste sur l’actualité de notre monde actuel, celle qu’on nous sert avec une compassion plus que douteuse au journal télévisé. En ce sens, on ne peut que louer ce genre d’intention de la part d’auteurs de comic books impliquant les super-héros si irréels dans des récits engagés contre les barbaries réelles de notre monde réel (on se rappellera avec intérêt du formidable Batman : Death of Innocents de O’Neil, Staton et Sienkiewicz, qui nous parlait des civils victimes des mines anti-personnelles). La grande force de ce récit est d’éviter les clichés et un manichéisme dangeureusement facile. On n’aura donc pas droit aux fameuses équations super-héros sauvage/petit bébé innocent, ou gentil justicier/méchants soldats. Tout est contourné pour ne revenir qu’à la simple narration de l’échappée incertaine d’un homme et d’un nourrisson, où un certain constat de notre monde s’ébauche entre deux violences inévitables. Et j’insiste encore sur l’extrême qualité graphique de cette histoire qu’IL FAUT LIRE !


La deuxième histoire (L’homme Blessé), assez courte, nous relate avec précision comment Wolverine vit intérieurement  le processus de son pouvoir autoguérisseur après avoir été violemment blessé. Une chronique de la souffrance et de la volonté de s’en sortir, très réussie.


Bref, un numéro de Wolverine exceptionnel en attendant l’arrivée le mois prochain de Wolverine-Origines, très attendue puisque cette nouvelle série régulière vient dans la continuité des révélations qui ont été faites à Logan sur ses origines dans House of M.


 


-MARVEL ICONS 19. Un numéro ultra-musclé ! Les Nouveaux Vengeurs dévoilent enfin leur vrai visage, les Quatre Fantastiques affrontent Hulk, la fille de Crâne Rouge revient, et Jessica Jones accouche. Qui dit mieux ? Le tout sous la houlette de Bendis, Cho, Strakzynski, Brubaker, McKone et Gaydos. Pas mal du tout, donc !


 


8 NOVEMBRE:


-SUPERMAN 17. Décidément intéressant, ce titre nous permet de suivre des aventures signées entre autres par John Byrne, Jeph Loeb ou Ed McGuinness.


 


10 NOVEMBRE:


-ASTONISHING X-MEN 18. Brubaker et Hairsine nous promettent un récit apparemment éprouvant pour les Astonishing X-Men. En plus d’X-Factor et des Exilés, nous retrouvons la suite d’Excalibur par Claremont et Ryan.


 


15 NOVEMBRE:


-BATMAN & SUPERMAN 8 : INFINITE CRISIS vol.1. Attention mesdames et messieurs ! C’est parti ! Tous les super-héros et les criminels de l’univers DC vont se retrouver dans cette épopée historique qui va bouleverser leur existence. Ecrite par Geoff Jones et dessinée par Phil Jimenez, c’est une nouvelle pierre du concept Infinite Crisis qui s’écrit ici.


 


18 NOVEMBRE:


-ULTIMATE FANTASTIC FOUR 14. LE TITRE QU’IL FAUT ABSOLUMENT SUIVRE DE PRES ! Comme je vous le disais en introduction, Ultimate Fantastic Four est très certainement l’un des titres les plus intéressants du moment. Après un très beau passage de Mike Carey et du grand Jae Lee sur la série, nous avons pu découvrir depuis cet été le travail de Mark Millar et Greg Land. Greg Land est à mon avis l’une des grandes révélations de ces dernières années. Il a fait ses débuts chez DC en dessinant les couvertures de Birds of Prey. Puis il dessina la série Sojourn pour Crossgen, avant de débarquer chez Marvel où, après plusieurs couvertures, il se lance dans le magnifique Phoenix : Endsong que vous avez pu lire cette année dans Astonishing X-Men. Le style de Greg Land, à la fois réaliste, effacé, contrasté, photographique, est en complète complémentarité avec l’encrage de Matt Ryan et les couleurs de Justin Ponsor, ses deux compères attitrés. C’est vrai que l’art de Land frôle souvent le kitch, mais entre nous… sérieusement… le résultat est proprement fascinant de froideur, de réalisme fantastique, non ? Il est vrai que ce genre de graphisme est assez à la mode depuis un certain temps, mais je trouve personnellement que depuis Jae Lee personne n’est parvenu à ce niveau de simplicité contrastée, enjolivée par un gros travail de couleurs. Quoi qu’il en soit, je pense que vous n’avez pas oublié l’incroyable aventure vécue par nos héros dans les deux derniers numéros, Crossover, où l’on voyait des super-héros zombies envahir le monde. L’idée était vraiment bonne, et les dessins de Land ont trouvé dans ce contexte une puissance plus que pénétrante dans l’effroi ; certains de ses dessins de figures mythiques zombifiées sont proprement stupéfiants, de toute beauté. Génial ? Oui, j’ai envie de dire génial. Dans ce numéro 14, nous pourrons lire le dénouement de Tomb of Namor. À suivre avec attention ! Et comme je vous le disais dans les news, ce titre va paraître mensuellement jusqu’à la fin de l’année : n°14 en novembre, donc, n°15 en décembre, et à nouveau un rythme bimestriel à partir du n°16 de février 2007.


 


-X-MEN HORS SERIE 26 : COLOSSUS. Un hors série intéressant se penchant sur les liens entre la famille de Colossus et de tristes figures de l’histoire russe ainsi que des ennemis des X-Men. Par le Loup Blanc, tout ceci risque d’être douloureux ! Par David Hine et Jorge Lucas (non non, pas George : Jorge).


 


-X-MEN EXTRA 59 : DECIMATION – THE 198/GENERATION M. Suite de Decimation, inquiétante période narrée par Hine et dessinée par Muniz. Paul Jenkins et Ramon Bachs, eux, commencent l’aventure Generation M.


 


 


       Cecil McKinley.


 

Galerie

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