« DOCTEUR JUSTICE »

Excellente réédition de Docteur Justice chez Toth, un album de 202 pages préfacé par François Cortegianni.

 Docteur Justice

 

Benjamin Justice, un nom de héros qui ne prête pas à confusion, est né dans les pages de Pif-Gadget n° 69 le 19 juin 1970 sous les plumes de Raphaël Marcello (dessin) et Jean Ollivier (scénario). Docteur de son état, il travaille pour l’O.M.S. (Organisation mondiale de la santé… celle qui a décoré Morris pour avoir supprimé la cigarette de Lucky Luke) et se rend aux quatre coins du monde pour des missions humanitaires. Expert en arts martiaux (merci à son maître Hiamuri) sans en avoir l’apparence, le docteur Justice mène un combat digne, mais sans concession, contre tous les exploiteurs de la misère humaine : truands, canailles et autres trafiquants venus de tous les horizons. Imposée à la grande époque des films de Bruce Lee, cette sympathique série (publiée sous forme d’histoires complètes) obtient en son temps un réel succès, au point de voir la création d’un « magazine » à son nom, Docteur Justice (col­lection « Sélection Pif-Gadget » : vingt-deux numéros d’avril 1973 à septembre 1977), et même d’accéder au panthéon des navets du grand écran en 1976 grâce à celui qui avait, entre autres, réalisé cet excellent film La Char­treuse de Parme (1948) avec Gérard Philipe et Renée Faure : Christian-Jaque. Plusieurs éditeurs produiront des recueils d’histoires de Doc Justice : les éditions du Kangourou (trois volumes de 1973 à 1976), les éditions Vaillant et G.P. (un volume en 1980), les éditions Mes­sidor-La Farandole-Vaillant-Miroir Sprint (quatre volumes de 1986 à 1988) et enfin, plus récemment, Soleil Productions (trois volumes en 1994). Une réédition paraît en 2006 aux éditions Toth. .PM

 

 

 

 Jean Ollivier est né à Paimpol en 1925. Il est d’abord devenu scénariste pour Yves Le Loup, dès sa création par René Bastard en juillet 1947 dans le journal Vaillant. Il ne va plus arrêter, par la suite, de travailler pour cet hebdomadaire dont il devient d’ailleurs le rédacteur en chef. Il écrit Le Cormoran pour Lucien Nortier, puis Paul Gillon (1947-1968), P’tit Joc pour A. Joy, Muñoz et C.-H. Juillard (1952-1962), Ragnar le Viking pour Coelho (1955-1969), en partie Jacques Flash pour P. Le Guen (1956). Toujours dans Vaillant puis Pif-Gadget, on le retrouve scénariste de Davy Crockett (1957-1969), Wango (1957-1960), Robin des Bois (1965-1975), Loup noir (1969-1982), Docteur Justice (depuis 1970), Le Furet, Érik le Rouge, Ayak, Cogan, Yvain le Chevalier.

 

Ollivier travaille aussi pour les petits formats Ivanhoé, Lancelot, Caméra 34, pour le magazine Vaillante (avec Arkya), pour le quotidien L’Humanité avec Saint-Ange, pirate du diable. Il est aussi présent dans les albums de poche Dargaud de la collection « Drames et énigmes », en 1969, avec Le Cas Landru et Raspoutine. Il collabore, chez Larousse, à partir de 1978, à L’Histoire de France en bandes dessinées et La Découverte du monde en bandes dessinées Chez Hachette, dans les années quatre-vingt, il signe plusieurs albums ; trois volumes de Croc-Blanc dessinés par Sonk, Gavroche de Chéret. Il travaille aussi pour les éditions Glénat dans Vécu (1987) et la collection « Le Marquis » avec des bandes érotiques qu’il signe sous le pseudonyme de Marcau.

 

Dans L’Écho des savanes, il prépublie La Nuit barbare (album Albin Michel, 1988), puis succède en 1991 à Charlier comme scénariste de Barbe-Rouge chez Alpen, puis Dargaud. Il est décédé en 2005.

 

Spécialiste du récit humaniste, aussi bien comme scénariste de bandes dessinées que comme auteur de romans pour la jeunesse (notamment dans la collection « Histoire Junior » chez Hachette), Jean Ollivier possèdait toutes les qualités d’un grand écrivain de l’aventure.

 

 

 

Raphaël Marcello est né le 16 novembre 1929 à Vintimille. Bien qu’Italien, Marcello accomplit l’essentiel de sa carrière en France. Il débute dans la bande dessinée en 1948 dans l’hebdomadaire Paris-Jeunes avec Loana et Le Masque chinois. Il travaille parallèlement dans le récit complet collection « Victoire » avec Nick Silver (1948-1950) et collabore à la presse quotidienne avec des adaptations littéraires, dans L’Aurore : Ben Hur (1951-1952), Jane Eyre (1954-1955) ; dans Franc-Tireur : Jenny l’ouvrière (1955-1956) ; dans Paris-Journal : Gigolette (1957-1958).

 

À partir de 1952, il signe Oliver Twist, Gil Blas et Bug Jargal dans Héroïc. Il conçoit Le Cavalier inconnu dans Pépito (1955-1970), dessine Bob et Franck dans Bugs Bunny (1956). On le retrouve dans Lisette et Lisette Magazine, à partir de 1959, pour des récits complets. Il est aussi dans le petit format « Monty » avec Canadian Boy (1960). À la même époque, il œuvre dans Mireille avec Mylène, danseuse étoile, dans L’Intrépide-Hurrah ! avec Le Diamant noir, dans Rintintin avec le personnage homonyme (1961-1972).

 

Il continue une collaboration intensive avec la grande presse, notamment au Parisien libéré avec Roger la Honte (1953), à Paris-Jour avec La Chartreuse de Parme (1959-1960), L’Oncle Bernac (1960), La Princesse de Clèves (1961), Le Rouge et le Noir (1966).

 

Dans Pif-Gadget, il publie Docteur Justice à partir de 1970, Amicalement vôtre (1975-1978), Tarao (1982), La Guerre du feu (1982). Il est aussi présent dans Le Journal des Pieds Nickelés avec John Parade, patrouilleur de l’espace (1973-1976), dans Le Journal de Mickey avec Zorro, puis Le Club des Cinq, dans Spirou avec Cristal (1981).

 

En 1987, il collabore à L’Écho des savanes avec La Nuit barbare, éditée en album chez Albin Michel (1988), éditeur chez lequel il publie aussi Amok (1989).

 

Au début des années quatre-vingt-dix, Marcello prend une préretraite à Vintimille, tout en œuvrant en Italie à Tex Willer et à Zagor aux éditions Bonelli. Travailleur infatigable, il reste l’un des meilleurs auteurs de la bande dessinée populaire, grâce à un graphisme particulièrement expressif d’une très grande efficacité. MD

 

 

Éditions Toth.

 

4, rue Creté

 

75009 Paris

 

Prix :18 euros 

Galerie

Une réponse à « DOCTEUR JUSTICE »

  1. Jocelyn Jalette dit :

    Oui, c’est une bonne réédition. Quoi que le format soit un peu petit pour apprécier la précision du trait de Marcello. À quand la suite?