PLUS DE LECTURES N°58 DU 22 NOVEMBRE 2004

Des BD et encore des BD ! En suivant les conseils du « Plus de lectures » vous êtes sûrs de lire (et d’acheter) le meilleur de la production ! Cette semaine, il ne faut pas que vous ratiez : “ Blake et Mortimer : Les sarcophages du 6e continent T.2 ” par André Juillard et Yves Sente aux éditions Blake et Mortimer, “ Torture blanche ” par Philippe Squarzoni aux éditions Les Requins Marteaux, “ Male Call : intégrale ” par Milton Caniff aux éditions Toth, “ Swinging London T.1 : Dead end Street ” par Christian de Metter et Thomas Benet aux éditions Soleil et “ Courtney Crumrin T.1 : Courtney Crumrin et les choses de la nuit ” par Ted Naifeh aux éditions Akileos.

 


Blake et Mortimer : Les sarcophages du 6e continent T.2 ” par André Juillard et Yves Sente


Editions Blake et Mortimer (12,60 euros)


Au cœur de l’Antarctique, une organisation terroriste, dirigée par le mystérieux “Empereur centenaire des Indes”, s’apprête à semer le chaos sur les lieux de l’exposition universelle de Bruxelles afin de déstabiliser les nations occidentales. Le despote met alors en place son plan diabolique qui consiste à envoyer, sur les ondes, l’esprit d’un cobaye qui peut détruire tout ce qui est électrique ou électromagnétique… Des bonnes idées, une narration béton, un second degré permanent et un dessin élégant renouvellent ce grand classique du 9ème art francophone créé, il y a déjà 58 ans, dans les pages de l’hebdomadaire Tintin.


 


Torture blanche ” par Philippe Squarzoni


Editions Les Requins Marteaux (14 euros)


Après ses étonnants et excellents essais politiques et militants en BD (« Garduno, en temps de paix » et « Zapata, en temps de guerre« ), Philippe Squarzoni poursuit dans la même veine avec cet intelligent livre de témoignages et d’analyses. Parti en Israël, en 2002, avec un groupe composé de militants d’ATTAC, l’auteur raconte sa participation à une mission de protection du peuple Palestinien. Ici, Squarzoni défend clairement la cause des civils palestiniens, lesquels subissent des souffrances quotidiennes, et condamne le terrorisme dans un plaidoyer très accessible qui pose de vraies questions.


 


 Male Call : intégrale ” par Milton Caniff


Editions Toth (25 Euros)


Au début de la seconde guerre mondiale, en 1942, le staff de presse de l’armée américaine, soucieux de la santé mentale des boys perdus dans l’Océan Pacifique, fait appel au célèbre dessinateur de « Terry et les Pirates »  pour inventer une héroïne BD destinée à soutenir le moral des troupes. Ce sera Miss Lace, une brune pulpeuse au décolleté vertigineux, américaine, patriote et un peu naïve. Plus de 2000 journaux militaires relaieront les gags de la coquine pin-up, laquelle officie sur tous les fronts : flirtant avec les marines, montrant par inadvertance ses dessous à un pilote de l’air ou provoquant, par inadvertance, des bagarres parmi les hommes de troupes. La maîtrise graphique de l’auteur est époustouflante : il manie admirablement les contrastes et les clairs-obscurs et nous étonne avec sa narration pourtant réduite à une peau de chagrin : en effet, Caniff n’a pas d’autres choix que d’aligner les poses de l’aguichante jeune femme en petite tenue de nuit. La réussite de cette série est d’autant plus exemplaire quand on prend conscience des contraintes que ce type d’exercice imposait. Il est grand temps que la BD s’intéresse plus à son passé pour positionner toute nouvelle création dans une vision plus générale du média et entrer enfin dans un âge adulte.


 


“ Swinging London T.1 : Dead end Street ” par Christian de Metter et Thomas Benet


Editions Soleil (12,50 Euros)


Une célèbre rock star anglaise a été retrouvée mort dans les décombres de son château en Ecosse. Un médium indien, coqueluche de la « jet set » londonienne, et une photographe freelance, issue de l’immigration jamaïcaine, ne croient pas à la thèse officielle du suicide. Musique, drogue, spiritisme et gros sous…, tout est là pour ressusciter l’effervescence du rock londonien des années 70. Avec ce passionnant polar, Christian de Metter délaisse ses peintures habituelles pour un trait noir enlevé et des couleurs réalisées à l’ordinateur, s’inspirant du style novateur du dessinateur anglais Dave McKean.


 


“ Courtney Crumrin T.1 : Courtney Crumrin et les choses
de la nuit 
” par Ted Naifeh


Editions Akileos (20 Euros)


Après avoir vécu des années au-dessus de leurs moyens, les parents d’une frêle jeune fille, vont vivre chez leur vieil oncle dans un quartier luxueux, en banlieue. Dans l’immense manoir victorien, la petite va atterrir en plein cauchemar : la nuit, des « choses » rampent dans les couloirs sombres ; elles grimpent sur son lit et l’observent pendant qu’elle dort. Curieusement, le ton de cet original comics fantastique oscille entre légèreté, dureté et nostalgie, afin de nous montrer la cruauté humaine dans toute sa splendeur : une sorte de « Harry Potter » décalé mis en scène par un Tim Burton cruel et bédéphile !


 


Gilles RATIER

Galerie

Les commentaires sont fermés.