Uchronia, T1, Le duel

Sur l’île de Bornéo, le féroce Caligan parvient à prendre le pouvoir dans des conditions atroces. A Londres, quelques années plus tard, Alister, jeune Don Juan superficiel, se trouve mis en demeure par son père, écrivain de génie, de réaliser un chef-d’oeuvre et part alors à l’aventure.

 

 

Réflexion sur le pouvoir, l’ambition et le talent, cette BD, qui développe une trame tragique dans un univers de « fantasy », laisse une impression mitigée, mais révèle en fin de compte un bon potentiel. Il faudrait d’abord recourir à un sous-genre particulier de la science fiction à rebours pour classer ce récit uchronien (et donc hors du temps), situé dans un XIXe siècle chimérique qui n’aurait pas connu la révolution industrielle. Ensuite, le scénario, habilement composé en une série d’emboîtements en flash-back, regorge de références et produit des effets saisissants, n’hésitant pas à mêler le drame et l’humour. Enfin, le cadre urbain de gigantesques villes dressées à flanc de pics coralliens ou les décors d’un Londres très art nouveau, attisent la curiosité. Il reste que cet album souffre encore d’imperfections : maladresses (la main coupée qui ne saigne pas p7), dessin inégal (pas toujours en phase avec la tonalité du récit, parfois peu abouti et négligeant les arrières plans), ou ressorts dramatiques convenus, trahissent quelques naïvetés mal venues dans la tonalité générale. Il reste que ce conte métaphorique sait ménager le suspense et se lit agréablement.

 

Joël Dubos

 

 

 

Uchronia, T1, Le duel, Kramp, Félix, Bamboo, 12,50 euros

 

 

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