L’impressionnant dessinateur serbe Gradimir Smudja s’est emparé d’un étonnant et méconnu haut fait de bravoure de l’histoire de l’art — qui s’est déroulé à Paris, juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale —, afin de le raconter en bande dessinée dans un diptyque dont le premier tome vient de sortir et où il impose, une fois de plus, son flamboyant style graphique… mais toujours avec beaucoup d’humour et de fantaisie. Le 14 juillet 1939, Jacques Jaujard, directeur du Musée du Louvre en place, va organiser le plus grand déménagement d’œuvres artistiques au monde (4 000 merveilles, dont « La Joconde », « Le Radeau de la Méduse » ou la « Victoire de Samothrace »). Ceci pour éviter qu’elles tombent dans les griffes des nazis : incroyable, mais vrai !
Lire la suite...« Horologiom » T6 par Fabrice Lebeault
Onze ans après avoir mis un terme à son onirique « Horologium » (cinq tomes parus chez Delcourt, entre août 1994 et novembre 2000), le talentueux Fabrice Lebeault remet le couvert en nous proposant un véritable polar à l’ancienne, situé dans ce monde où tout est mécanisé : chaque habitant possédant même une clef sur la tête, symbole de son appartenance et de son intégration à cette société qui permet un conditionnement à l’encontre des sentiments humains…

Cependant, ce nouveau récit se démarque complètement de l’ambiance à la Paul Grimault et Jacques Prévert (« Le Roi et l’oiseau »), référence qui était omniprésente dans le premier cycle : il se déroule, d’ailleurs, avant !
Donc, pas besoin d’avoir lu les cinq précédents volumes (réédités et relookés pour l’occasion) ; d’autant plus que les deux pages situées aux prémices de l’album, en bichromie, résument parfaitement cet univers pour les néophytes !

L’histoire tourne, désormais, autour d’une unité de police (le Service des Violences Privées) qui rappelle, un peu, celle de « Gotham Central » : une série dérivée du comic-book « Batman ».
Le major Meusy, le chef de ce service, sert le système du mieux qu’il peut et s’ennuie… Jusqu’au jour où l’on retrouve un policier de son service décapité : sa tête trônant, seule, dans une rue enneigée ! Comme il est confronté à un criminel particulièrement retors et qu’il est peu soutenu par ses supérieurs, on se demande bien comment il va s’en sortir ; d’autant plus qu’il est secondé par une équipe d’enquêteurs, certes zélés, mais complètement abrutis par la routine !

Rendant ses personnages burlesques complètement crédibles grâce à son attachant et joyeux dessin baroque, Fabrice Lebeault se révèle aussi un maître es-narration : dénouant habilement les fils de cette astucieuse intrigue avec autant d’efficacité que d’originalité !
Gilles RATIER pour bdzoom.com
« Horologiom » T6 (« Le Ministère de la peur ») par Fabrice Lebeault
Éditions Delcourt (13,95 €)










