« X Blade » T1

 » X-Blade  » représente ce qui se fait de plus classique en manga pour ado. Mélange peu subtil de jeunesse, baston, cataclysme, mysticisme et une dose d’érotisme, mais vraiment une toute petite dose pour le coup. Pourtant derrière ce classicisme un peu facile se cache une œuvre qui, au final, ne laisse pas indifférente. La collaboration d’un bon scénariste (Tatsuhiko Ida) et d’un bon dessinateur (Satoshi Shiki) arrive à donner un manga assez intéressant, même s’il ne révolutionne pas le monde de la bande dessinée.

 » X-Blade  » prend place dans un Japon dont sa capitale, Tokyo, a été ravagée par un cataclysme d’origine inconnue. Quatre ans après, une grande partie de la ville est toujours sinistrée et interdite d’accès. Un énorme nuage noir s’élève encore au-dessus des décombres et la population est laissée dans l’ignorance la plus totale.

Une fois la situation posée, venons-en aux protagonistes. Ce manga tourne autour de Haru, un jeune un peu voyou, seul survivant retrouvé au bout d’un mois au milieu des bâtiments écroulés durant la catastrophe. Il ne se souvient de rien, ne sait pas comment il a pu survivre, mais possède maintenant une sorte de sixième sens qui lui permet d’anticiper les mouvements de ses adversaires. Du coup, la bagarre est devenue un jeu pour lui. Il aime provoquer les caïds de toute sorte et en sort toujours vainqueur. La suite lui montera que son manque d’humilité et sa trop grande confiance en soi peut lui jouer des tours. Le second personnage principal de cette histoire n’est autre qu’une jeune fille répondant au nom de Mana. Princesse de son état, elle est en fait un esprit endormi dans un katana depuis 360 ans. La personnalisation des sabres est un classique de la mythologie japonaise mis en avant dans de nombreuses histoires, comme le studio Clamp le faisait déjà dans leur série  » X « . Mana est assez déroutante, extrêmement bien élevée, elle est capable des pires crises de nerfs si on l’embête ou si elle a faim. Sous ses airs de sainte-nitouche, elle se révélera vite être une personne sans gène et abusant de son rang.

Ce manga s’annonce donc bien classique avec son héros adolescent fougueux et son héroïne mystérieuse et légèrement fofolle. Les scènes de combat sont nombreuses et assez bien réglées. La mise ne page joue à fond sur la disposition et le format des cases ; elle met plutôt en avant les passages sereins au milieu de ces combats, afin de monter la facilité déconcertante qu’a Haru à terrasser ses adversaires. Le dessin est soigné, particulièrement vivant et expressif. Même si les protagonistes sont stéréotypés, Satoshi Shiki arrive à les rendre uniques dans leurs expressions et leur manière d’être.

À l’origine, il existe une précédente série en trois volumes dénommée  » Blade  » qui est inédite en France. C’est pourquoi, sur la couverture il est possible de lire en haut à gauche : BLADE project since 1993, date de sortie de ce premier opus. Les personnages sont différents, mais certaines similitudes lient les deux séries. Deux samouraïs ennemis sont projetés à notre époque et se servent d’armes qui, en fait, sont des jeunes filles. Cette édition, datant de 2007, est sortie plus de dix ans après la fin de la série initiale terminée en 1995. Cette première série a été scénarisée et dessinée par Tatsuhiko Ida. Une suite est actuellement en cours de publication au Japon sous le nom de  » X Blade ? (cross)  » avec, cette fois-ci, le même dessinateur qu’  » X-Blade  » : Satoshi Shiki.

Terminé en douze volumes,  » X-Blade  » ravira les adolescents et adolescentes friands de ce genre d’histoires mélangeant fiction, mysticisme et culture traditionnelle. Il est à noter que l’édition française est vraiment soignée. La traduction signée Vincent Zouzoulkovsky est agréable à lire : elle est dans un français assez moderne qui, toutefois, sait respecter les nuances de langage de la version originale. La couverture, quant à elle, est rehaussée d’un vernis sélectif reprenant le titre du manga en relief brillant ; ce qui donne un petit effet agréable à la fois au touché et à la vue. Bien évidemment, les pages couleurs d’introduction sont respectées.

 » X-Blade  » ne va pas révolutionner la BD comme je l’ai précisé en introduction. Néanmoins, cette histoire se laisse lire et le lecteur passera un moment agréable, n’est pas avant tout le but d’un média de divertissement ?

Gwenaël JACQUET.

 » X Blade  » T1 de Tatsuhiko Ida et Satoshi Shiki
Éditions Pika (6,95 €)

IBSN : 978-2-8116-0510-0

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