DÉCÈS DE GILLES CHAILLET

C’est décidément une semaine très dure pour la bande dessinée : après les disparitions de Daniel Hulet et de Jean-Paul Mougin, nous venons d’apprendre, avec beaucoup de tristesse et d’émotion, celle de l’auteur-dessinateur Gilles Chaillet, décédé ce mercredi 14 septembre à Margency (France).

Nous avons beaucoup de peine car Gilles était un ami et nous l’avions revu, une dernière fois, au dernier Salon du Livre de Paris : bien que très affaibli par sa maladie, il avait encore plein de projets…

Nous lui avions consacré un  » Coin du patrimoine « , il y a que quelques temps, dossier que nous vous invitions à relire : http://bdzoom.com/spip.php?article3719.

COMMUNIQUÉ DES ÉDITIONS LOMBARD ET GLÉNAT :
Gilles Chaillet est né à Paris, le 3 juin 1946. Fidèle lecteur du journal « Tintin », il dévorait les aventures du « Chevalier Blanc » et de « Blake et Mortimer ». C’est à cette époque que deux grandes passions s’imposent à lui, la bande dessinée et l’Histoire. Après divers travaux de studio, il fait la rencontre de Jacques Martin qui lui confie la reprise du dessin de « Lefranc ». Il publie les premières planches de la série « Vasco » en 1980 dans le journal « Tintin ». Jusqu’en 2008, il se consacre alors à l’écriture et au dessin de cette fresque magistrale qui ressuscite pour notre plus grand plaisir des pages méconnues de notre passé (22 titres au Lombard). Cette saga figure aujourd’hui parmi les séries de BD historiques de premier plan, tant son auteur s’est toujours attaché à rendre avec minutie les détails du passé. Chez Gilles Chaillet, la rigueur de l’histoire n’entrave en rien la verve et le rythme de la narration, l’intrigue est vive et rend le récit formidablement vivant.
En mars 2001, il publie, avec B. Capo au dessin, le premier titre d’une série historique intitulée « Tombelaine » (Casterman). En janvier 2002, il écrit et dessine « La dernière Prophétie » et en août 2003, c’est avec Olivier Mangin au dessin, qu’il publie « Intox », un thriller contemporain (Glénat).
En 2004 paraît l’oeuvre de sa vie, « Dans la Rome des Césars » (Glénat). En 2008, tandis que continue « La dernière Prophétie », il confie le dessin de « Vasco » à Frédéric Toublanc, puis sur un scénario de Didier Convard, il dessine le premier volet de « Vinci, l’Ange brisé » (Glénat).
En janvier 2009, Le Lombard entame l’édition de la série « Vasco » en Intégrale. Le tome 7 paru en décembre 2010 clôture cette Intégrale avec notamment « Les Mémoires de Voyages de Vasco », un récit un peu atypique où Gilles Chaillet nous ouvre les carnets de voyage d’un Vasco vieillissant. Une occasion pour l’auteur de faire revivre nombre de villes médiévales, d’après des recherches de l’historien Luc Révillon. En mars 2011, parait le péplum « Les boucliers de Mars » aux Editions Glénat où Gilles est au scénario et Christian Gine au dessin.
Scénarisé par Gilles Chaillet et dessiné par Frédéric Toublanc, le tome 24 de « Vasco » (« Le Village maudit ») paraîtra en février 2012 au Lombard.

RÉACTION DE BRUNO FERMIER :
Voici un dessin réalisé par Didier Mada, mon
co-auteur sur la série  » Even « , lequel a souhaité, à sa manière, rendre hommage à Gilles Chaillet.
Il est certain que, sans les conseils de Gilles, je me serais jamais lancé
dans cette aventure de scénario et n’aurais donc concrétisé, avec Didier, ce premier album qui sortira en janvier prochain.
Il était prévu, de longue date, que ce futur ouvrage soit dédié à Gilles…
il le sera d’autant plus aujourd’hui… Avec un immense regret, celui de ne pouvoir lui remettre en mains propres.
Un modeste hommage à un auteur… Et à un homme que j’appréciais énormément.

Galerie

4 réponses à DÉCÈS DE GILLES CHAILLET

  1. Renaud dit :

    La sale semaine !
    C’est bien la retraite mais encore faut-il l’atteindre ….Avec l’ami HULET ça fait vraiment beaucoup pour des auteurs encore jeunes qui avaient beaucoup à dessiner….

  2. katherine hentic dit :

    Quelle semaine, triste en tous les points !
    le jamais deux sans trois se réalise une fois de plus …
    et ..je ne l’ai pas revu !
    oui il était courageux ! et il a pu vivre parce qu’il était plein de projets !
    triste

  3. Anonyme dit :

    C’était dans les années 80.
    Le responsable de la librairie « Sub espace », alors la seule librairie Havraise consacré à la BD, avait invité Gilles Chaillet pour la sortie de son nouvel album  » les barons ».
    Comme il connaissait ma passion pour cette série, il m’avait vivement invité à venir renconter ce dessinateur.
    C’était un samedi avec un temps de chien, si typique de la Normandie.
    Mais pour moi se fut un jour merveilleux !
    je partageais en commun avec Gilles 3 passions :
    la BD
    l’histoire
    le moyen-age.
    Nous ne pouvions que nous entendre.
    J’ai monopolisé Gilles pendant prés de trois heures.
    Pendant qu’il dédicacait mon album avec le dessin d’un château-fort, nous avons refait l’histoire du moyen-âge.
    Les autres clients présents devaient se demander pourquoi cette conférence imprévue ?
    dans les mois qui suivirent, je lui consacrais un modeste article dans la revue interne de mon entreprise.
    Je détaillais la scéne de la bataille se déroulant sous les murs de Rome dans l’album « le prisonnier de satan »
    Gilles devait me répondre gentiment par courrier en me félicitant malgré mon amateurisme.
    Plus tard j’ai eu l’occasion de renconter d’autres dessinateurs pour des dédicaces, mais aucun n’avait cette gentillesse mélée d’une grande simplicité que possédait Gilles.
    C’est avec une grande tristesse que j’ai appris dans votre rubrique son décés.
    Il était trop jeune pour partir et il avait encore bien des oeuvres à créer.
    C’était un grand artiste qui comme son maître « Jacques Martin » avait toujours privilégié le travail bien fait et la qualité professionelle au détriment de la facilité et de l’argent vite gagné.
    Au revoir Gilles Chaillet et merci pour votre oeuvre.

    Jacques Guillerm

  4. Al Coutelis dit :

    J’aimais bien Chaillet, un vrai dessinateur de BD, consciencieux et appliqué, pas un faiseur comme on en voit tellement par les temps présents, encensés par des médiocres et les syndicats d’autosatisfaits (les branlotins en un mot pour les mal comprenants) un mec sympa, toujours à rire de tout, te parlant de son taf avec des mots simples, ouvert et accueillant.
    Je l’ai traité de fou furieux à Arles en 2004 quand j’ai vu son magnifique plan de la Rome antique et on avait bien rigolé encore.
    Par la suite j’ai appris que ce plan en perspective était tellement juste historiquement qu’il servait aux congrès d’histoire et à l’enseignement de l’histoire antique.
    Pour vous dire que ce ne sont pas les Choooses et Truucs ou les Machins célébrés par les feuilles à la mode qui prendront sa place dans mon coeur pour dire les choses en essayant de ne pas trop tomber dans le pompeux.
    Je suis bien triste.

    Puis y a Mougin et Hulet qui y sont passés.
    Je me suis engueulé mille fois avec Mougin mais je respectais son idée de l’édition et au final il a initié de très belles choses et un genre de livres encore vivant.
    Les temps des enterrements commence.
    Allez, je vais me pajer, je suis un peu fatigué.
    Al Coutelis