Dixie Road 4,

de Jean Dufaux (scénario)
et Hugues Labiano (Dessin),
éditions Dargaud.
L’Amérique des années 30. Après avoir été séparés, Dixie, une jeune fille de 14 ans, Jones, son père et Nadine, sa mère, sont à nouveau réunis, dans un camp de travailleurs, à Silver Creek. Ils pourraient enfin penser à l’avenir de leur famille si les événements ne se précipitaient pas une nouvelle fois


D’une part, une épidémie de dysenterie qui sévit dans le camp engendre un soulèvement populaire lourdement réprimé. D’autre  part, Ernest Pike, un tueur à gage est à leurs trousses. Sauvés par Keena, chargé de veiller sur leur sécurité par les Vreeland, la riche famille de Nadine, les Jones finissent par retourner vivre dans la propriété familiale. Mais Jones n’est pas homme à se laisser enfermer …


 


Tous les marins connaissent l’appel du grand large. Jones, pour sa part, répond à l’appel de la route. Sans doute pour se prouver qu’il peut exister en dehors de son imposante et richissime belle famille. Mais le destin de Jones, qui aurait pu sembler tragique ou héroïque en d’autres temps est ici accessoire. L’Histoire dépasse son histoire. L’Amérique des années 30, la crise économique et la misère que connaissent les travailleurs et leurs familles les amènent à se révolter. Dans le camp de Silver Creek, la répression des autorités, menée par les milices patronales, avec la bénédiction des syndicats (!) , se termine dans le sang. Dixie, Nadine et Jones, plongés au cœur de ces événements, en sont les spectateurs imposés. Pourtant, leur histoire n’est pas celle-là. Il la subisse mais ont d’autres affaires à régler. Et là se trouve la qualité principale du récit de Jean Dufaux, qui joue en permanence sur deux tableaux, entre les retrouvailles (puis la fuite) des Jones et les durs événements de cette Amérique des années 30, en pleine crise ; entre récit personnel et histoire collective. Jean Dufaux prouve, si c’était encore nécessaire, qu’il figure bien parmi les meilleurs scénaristes actuels, en gérant à merveille cette complexité. Hugues Labiano se montre pour sa part à la hauteur du défi narratif fixé par son scénariste, qui n’hésite pas à lui rendre hommage : « Il fallait diriger tout au long du récit une dizaine de premiers plans, acteurs essentiels dont il fallait libérer l’émotion tout en les empêchant de glisser dans la sensiblerie. Caresser de près un visage ou laisser le champ libre à des foules en colère. Caméra intimiste et envolée lyrique, Hugues fut à la hauteur, révélant un vrai style, une personnalité forte. » (Jean Dufaux in Avant première n°11, décembre 2000).


 


 


 

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