2e édition du Festival BD de Dreux : un vrai succès

Le cloître Saint-Thibault n’a pas désempli pendant tout ce week-end consacré à la bande dessinée. Les organisateurs ont pleinement réussi leur pari : attirer à Dreux une belle pléiade d’auteurs et leur public.


 Avec deux fois plus d’entrées que l’an dernier et des auteurs satisfaits (à l’image d’un Patrice Serre qui s’est attardé fort avant dimanche soir), le bilan est incontestablement positif. Les organisateurs, Jean-Baptiste Lanchon et Claude Moliterni, ont, avec François Fillon, le président de Flora Gallica, tenu leurs objectifs. Le public, lui, a eu tout le loisir de rencontrer des dessinateurs et scénaristes parmi les plus réputés. Deux types de visiteurs se sont côtoyés : les fans, venus souvent de loin, habitués des files d’attente et forts d’une organisation sans faille (du siège pliant aux mini glacières), et un public plus familial, parti à la découverte derrière les enfants. Mais tous étaient là d’abord pour ramener un petit dessin.


A vos albums


De fait, les dédicaces restent le temps fort de ce genre de manifestation. C’est aussi l’occasion de comparer les styles : face à un public patient et discipliné, Geg, tout en malice sympathique, fait rire les jeunes et sourire les mamans. Près de lui, l’ambiance est plus studieuse chez Gil Formosa ou Olivier Vatine. Walter Farher, invité de dernière minute, déploie un art élégant et une inépuisable gentillesse. A l’opposé : Cromwel, avec son trait vif et sa casquette perpétuellement vissée sur la tête. Du côté de Patrice Serres, on s’extasie et on discute. La maîtrise technique du maître émerveille. Mais on est également frappé par la science de cet esprit encyclopédique, bien épaulé par son ami et agent Simonpierre Delorme. Les deux compères, rivalisant d’érudition et de verve, retiennent un auditoire fasciné par ce grand écart culturel, qui le promène de l’empereur Quin à la technique des oracles. Un frémissement ? Nicolas Malfin ne relève pas la tête : il sait que sa file d’attente ne désemplit pas. Cette fois encore, il sera le dernier à terminer, emportant même chez lui une brassée d’albums qu’il gratifiera d’un dessin léché et minutieux. Décidément, ici, on ne triche pas avec le lecteur.


Un succès


Les nombreux officiels présents à l’inauguration, du député-maire au sous préfet, ont tous souligné l’intérêt d’une telle manifestation pour la ville et ont promis une aide accrue pour l’an prochain. D’ailleurs, Claude Moliterni, salué comme le Pape de la bd française, envisage une nouvelle montée en puissance pour capitaliser le succès de cette année. Mais l’important ne fut-il pas que, du Musée du vignoble drouais à la Vallée verte, une ambiance particulièrement amicale et chaleureuse ait constamment régné, soigneusement entretenue par Cathy, Nathalie, et l’ensemble des bénévoles de l’association Flora Gallica. Le retour de nombreuses personnes, parmi les visiteurs comme les auteurs, prouve que l’on vient à Dreux avec plaisir. Et ce n’est pas la moindre réussite de ce festival dont on souhaite vivement la pérennisation.


 


Joël DUBOS


 


 


 



 

Dernières nouvelles

 

Plusieurs auteurs vont passer des vacances des plus studieuses, à l’image de Nicolas Malfin, qui achève les 3 dernières planches du 5e tome de sa grande fresque d’anticipation Golden City dont la sortie est annoncée en septembre. Nicolas avoue une certaine frébilité mais aussi un grand plaisir devant la réussite extraordinaire de la série. Gil Formosa prévoit la sortie du second volet de Robur pour janvier. Geg, à l’activité débordante, prépare une tournée promotionnelle dans le sud de la France. Quant à Claude Moliterni, il a plusieurs projets en cours : une anthologie qui couvrira deux cents ans d’histoire de la BD internationale, un recueil ethnologique sur la Corse, un panorama de 40 ans de BD française, et l’affinage de la cotation des albums mise en place sur son site bdzoom.com, dont 10000 pages sont vues chaque jour. Il peaufine également l’écriture d’un ouvrage réalisé avec Patrice Serre sur le premier empereur de Chine. Ce dernier, sinologue averti, travaille pour « L’année de la Chine » et un film d’animation accompagné de 12 albums. L’année à venir sera donc encore très riche.

D.J.

 

 


 


 


 


 

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