« Le Temps est assassin » : le monde de la BD se dispute Michel Bussi, le romancier aux huit millions de volumes vendus…

Après la télévision, les éditeurs de bandes dessinées se disputent les droits d’adaptation des ouvrages écrits par Michel Bussi. En attendant — en juin prochain — la parution de « Ne lâche pas ma main » chez Dupuis, c’est au tour de « Le Temps est assassin » — après « Gravé dans le sable » — de rejoindre le catalogue des éditions Philéas, département du groupe Jungle. Ne boudons pas notre plaisir : l’homme de plume sait tenir son lecteur en haleine…

Nous sommes en Corse, presqu’île de la Revellata entre mer et montagne. Au cours de l’été 1989, à la tombée du jour,sur la route de la corniche, une voiture roulant trop vite rate un virage et tombe dans le vide. Trois corps sont retrouvés morts : Paul, le fils de Cassanu Idrissi (propriétaire d’une bande de terre vierge convoitée par les promoteurs), Palma,son épouse originaire du continent, et leur fils Nicolas. Seule leur fille Clotilde, âgée de 16 ans à l’époque, échappe à l’accident. Quelque 27 ans plus tard, le 12 août 2016, la jeune femme — mariée à Frank, lui aussi d’origine continentale — et leur fille Valentine reviennent pour la première fois sur les lieux du drame. Hantée par son tragique passé, qu’elle souhaite exorciser, Clotilde finit par se persuader que ce n’est pas sa mère qui est morte dans l’accident. Jusqu’à ce que lui parvienne une lettre signée Palma, confirmant ses soupçons. L’intrigue alterne les séquences se déroulant les jours d’août 1989 — qui précèdent la chute du véhicule — et la période actuelle, où les confidences recueillies auprès des divers protagonistes laissent deviner un scénario bien différent de celui retenu à l’époque par la police. C’est avec une habileté diabolique — il en est coutumier — que Michel Bussi conduit peu à peu le lecteur à la découverte de la vérité : une vérité où les rites ancestraux du peuple corse jouent un rôle important…

L’adaptation, fidèle au roman, est réalisée par le scénariste touche-à-tout qu’est Frédéric Brrémaud (né en 1973). Ellepermet de suivre avec aisance une riche intrigue, même si les pavés de textes des séquences réservées au passé sont parfois un peu indigestes (bien qu’indispensables…). Bref, c’est un album de 112 pages copieuses, destiné à un large lectorat amateur de polars classiques.

Illustratrice pour la publicité et autrice de story-boards avant de se lancer dans la bande dessinée, Nathalie Berr publie son premier album en 2001 : « La Maison Dieu », une série en cinq épisodes avec Rodolphe. Suivent « Borderline » (avec Alexis Robin) en 2008 et les trois tomes de la série « Nous Anastasia R. ». Elle campe — de son trait réaliste —des personnages soigneusement travaillés, évoluant dans les décors somptueux de la Corse. Si les femmes autrices de BD sont aujourd’hui légion, Nathalie Berr demeure l’une des rares dessinatrices ayant choisi le réalisme pour terrain de jeu.

« Le Temps est assassin », publié en 2016 par Les Presses de la Cité, a été adapté pour la télévision en 2020 et diffusé par TF1, réunissant 5,31 millions de téléspectateurs.

Henri FILIPPINI

« Le Temps est assassin » par Nathalie Berr et Frédéric Brrémaud, d’après Michel Bussi

Éditions Philéas (19,90 €) — EAN : 978-2-4914-6741-8

Parution 23 mars 2023

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