Enquête, en quête de libertés…

Alors que Warnauts et Raives publient le quatrième et dernier tome de « Purple Heart », leur éditeur réédite « Liberty » : un titre publié chez Casterman en 2010. Points communs ? Les auteurs certes, mais également les États-Unis qui servent de décors à ces aventures sociétales et dénonciatrices, avec, cependant, pour « Liberty » des échappées zaïroises…

À New York, dans les années 1950. Josuah Flanagan, ancien soldat décoré de la prestigieuse Purple Heart, travaille comme enquêteur privé pour un cabinet d’avocats, la plupart du temps sur des enquêtes plutôt compliquées. C’est précisément un ancien camarade de régiment qui lui demande de partir à la recherche de sa nièce, disparue. Précision importante : Winston et sa nièce, Amber, sont noires…

C’est donc sous couvert d’être un homme fortuné, ayant Winston pour chauffeur, qu’ils se rendent en Louisiane : ceci afin de retrouver la jeune femme, partie de Chicago avec l’intention militante de dénoncer le ségrégationnisme local. Sur place, il s’avère que la police ne fait évidemment aucun zèle pour retrouver la jeune femme, d’autant que l’adjoint au sheriff est affilié au Ku Klux Klan.

Ce dernier tome de la série évoque, certes, un sujet bien connu, mais à travers une enquête bien menée, sur fond de bayous louisianais et, au final, des quartiers de Manhattan où « les tensions raciales et le fossé entre les deux communautés semblaient moins criants, mais ce n’était qu’illusion »….

Ces tensions raciales, on les trouvait déjà dans l’album « Liberty » : voir la chronique de Gilles Ratier, paru lors de la première version, éditée dans de plus grandes dimensions, en janvier 2010 : Liberty. Cet album, remanié aujourd’hui dans un format roman graphique pour l’occasion, commence à Kinshasa, en 1974, où l’on attend le combat de boxe du siècle : Mohamed Ali contre Georges Forman. Il y a beaucoup de monde à cette occasion dans la ville et Tshilanda, 16 ans, fille du chef de la sécurité d’un grand hôtel international de la capitale, rencontre à cette occasion Alan : un Américain, manager du groupe qui accompagne James Brown.

Alan s’offre sans vergogne la beauté de l’adolescente qui tombe enceinte, mais heureusement pour Tshilanda, Mike, un musicien de la troupe, la prend sous son aile. L’Afro-américain décide même de l’emmener aux États-Unis et de s’occuper de son futur enfant. Édouard, un diplomate français de Kinshasa, contribuera aussi à favoriser cette extradition pour éviter tout scandale. Aux États-Unis, elle accouche d’une petite fille nommée Liberty… À New York, la vie n’est pas facile. Mike, en proie à ses démons d’ancien du Vietnam, sombre dans l’alcool, la drogue. Le racisme ambiant est puissant, destructeur et Tshilanda tente coûte que coûte de survivre pour assurer à sa fille une vie meilleure. Comme l’indique le titre du premier chapitre : « I’m black » and I’m proud »

« Liberty », c’est avant tout l’histoire de ces deux femmes : une mère et sa fille, née involontairement d’une rencontre avec un Blanc, une fille qui ne comprend pas évidemment pas pourquoi sa mère l’a appelée ainsi « liberty ». C’est tardivement, d’ailleurs, qu’elle découvrira qui est son vrai père ; une fille de la même trempe que sa mère : courageuse, déterminée. Au fil des chapitres, ce sont 40 années de la vie américaine qui s’écoulent sous nos yeux, jusqu’aux années Obama, en passant par la destruction des tours jumelles.

Didier QUELLA-GUYOT ; http://bdzoom.com/author/DidierQG/

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« Purple Heart T4 : Jamabaya Blues » par Warnauts et Raives

Éditions Le Lombard (15, 45 €) – EAN : 9782808205016

Parution 13 janvier 2023

« Liberty » par Warnauts et Raives 

Éditions Le Lombard (21, 50 €) – EAN : 9782808210959

Parution 6 janvier 2023

 

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