Les Cahiers de la BD : un numéro nostalgique…

Après quelques livraisons ayant fait les yeux doux aux romans graphiques et à leurs créateurs, ce n° 21 des Cahiers de la BD nouvelle génération accorde une place de choix aux — déjà classiques — ovnis des années dites « nouvelle BD ». Jacques Tardi, Nicolas Devil, Jean-Claude Forest, Guy Peellaert… étant désormais relégués au rang des antiquités ! Le temps passe, et la nostalgie s’installe chez les déjà vieux lecteurs d’un certain après-âge d’or franco-belge…

Au fil d’un copieux numéro de 180 pages, Les Cahiers de la BD reviennent sur les héroïnes nées au cours des années 1960–1970.

Seule survivante de cette époque, dont l’ultime album est sorti en novembre 2022 : « Adèle Blanc-Sec » (voir « Adèle Blanc-Sec » : Tardi feuilletoniste !).

Créée en 1976, sa carrière en dix albums est évoquée par Jacques Tardi au fil d’un entretien passionnant réalisé par Jean-Laurent Truc.

Nicolas Tellop revient sur les animaux fantastiques et monstres en tous genres présents dans « Les Extraordinaires Aventures d’Adèle Blanc-Sec ».

Véronique Bergen se demande ce que sont devenues les héroïnes de BD, au fil d’un article où l’on croise Valentina, Wonder Woman, Barbarella, Laureline…

On en retrouve quelques-unes dans un article co-écrit par Nicolas Tellop et Vincent Bernière, lequel évoque ces filles pas faciles.

Suit, par son fils Orson, un portrait du Belge Guy Peellaert : créateur entre pop art et culture rock de « Pravda la Survireuse ».

« Saga de Xam » de Nicolas Devil (sur un scénario de Jean Rollin), autre auteur incontournable des albums publiés par Éric Losfeld, fait l’objet d’un long article de Christian Staebler ; et un extrait de cette étonnante saga inclassable — qui vient d’être rééditée par Revival — est proposé.

À ces pages déjà nostalgiques, qui font la part belle aux albums publiés par Éric Losfeld, il faut ajouter un dossier consacré au contemporain Marc-Antoine Mathieu — auteur atypique interviewé par Marius Jouanny —, sans oublier un reportage sur ses expositions réalisées pour l’atelier Lucie Lom.

À noter un article de Christian Staebler bougrement intéressant et oh combien juste sur l’importance du lettrage réalisé à la main, hélas de plus en plus remplacé par le lettrage numérique.

Les romans graphiques sont représentés dans un entretien avec Kikuo Johnson : auteur hawaïen dont un premier titre traduit en français — « Hawaï Solitude » — a été publié en début d’année dernière (Gallimard).

Sans oublier les chroniques de François Ayroles, Maël Rannou, Numa Sadoul (qui se souvient de Jean-Claude Mézières — décédé il y a un an —), Yves Frémion (qui évoque les deux « mères » de « Diabolik » — les sœurs Giussani —), Antoinette de Lornière, Marius Jouanny (qui a rencontré Francis Groux — l’unique survivant des trois cofondateurs du festival d’Angoulême)…

Un numéro riche et varié, à ne pas manquer.

Henri FILIPPINI

Les Cahiers de la BD n° 21 (janvier-mars 2023)

Revue trimestrielle, 180 pages en noir et blanc et couleurs (13,90 €), en kiosques et librairies, info@lescahiersdelabd.fr

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