« Thorgal » T40 : la menace des Atlantes…

Découvert encore bébé au cœur d’une terrible tempête par une expédition viking, Thorgal Aegirsson est, dans ce 40e album, le héros d’un récit plus proche de la science-fiction que de l’heroic fantasy. C’est la conclusion riche en suspense d’un diptyque, qui peut toutefois laisser sur leur faim de « fantaisie » les inconditionnels de cette série, créée voici 40 ans par Jean Van Hamme et Grzegorz Rosinski.

Après avoir débarqué sur les terres désolées des Skraélings, Thorgal, Kriss de Valdor et Jolan découvrent le vaisseau Atlantia, arrivé voici quatre décennies et dissimulé dans une galerie creusée sous les glaces. Les voyageurs venus de l’espace sont plongés dans un sommeil profond par Néokora : une intelligence artificielle. Activée par erreur par Thorgal, cette dernière déclenche l’opération cordycepvaerm, réveillant l’équipage venu de Cristia : terre d’accueil des Atlantes dont les ressources sont épuisées. Néokora a pour mission de contaminer — à l’aide d’un virus mortel — les populations primitives de la Terre, avant l’exode des Atlantes. Lors de leur arrivée sur notre planète, certains membres de l’expédition se sont révoltés contre ce monstrueux projet de génocide. Parmi eux, Varth, le père de Thorgal, et Haynée sa mère qui, fuyant le vaisseau, accouchera en pleine tempête avant d’abandonner le bébé dans un petit canot de sauvetage. Afin d’éviter la catastrophe qui menace les Terriens, Thorgal peut compter sur l’aide de la mystérieuse Slive et des peuplades barbares qui habitent l’île depuis la naissance du monde…

 C’est après avoir terminé un cycle dont il n’avait pas écrit les premiers épisodes que Yann, jusqu’alors auteur inspiré des « Mondes de Thorgal », se lance en solo dans ce diptyque dont il est seul maître à bord. S’appuyant sur les informations apportées au fil des albums écrits par Jean Van Hamme, il imagine une version personnelle sur les origines de l’enfant des étoiles. Optant franchement pour la science-fiction il se lance dans de longues explications qui peuvent paraître quelque peu complexes. Il n’en demeure pas moins que les séquences de bravoure ne manquent pas et qu’il fallait bien un jour revenir sur les origines lointaines du héros. Yann l’a fait avec toute la générosité de son imagination débordante. Pour sa part, tout en conservant son originalité, le dessinateur Fred Vignaux propose des morceaux de bravoure écrits sur mesure, aux images soignées qui n’ont rien à envier à la meilleure époque de cette œuvre culte.

Couverture de l'édition de luxe.

Un luxueux tirage de tête de ce 40e album limité à 300 exemplaires (139 €) est proposé avec un dossier de 20 pages,composé de croquis, de story-boards et d’un ex-libris signé par le dessinateur (EAN : 978-2-8082-1075-1).

 Histoire de faire patienter les amateurs de la série, les éditions du Lombard proposeront, le 3 février prochain, un one shot écrit et dessiné en totale indépendance par Robin Recht : BDzoom.com le chroniquera évidemment dès parution. Cette première histoire de 120 pages de « Thorgal saga » débute avec le décès d’Aaricia, en présence d’un Thorgal aux cheveux blancs. Les premières pages présentées par l’éditeur sont superbes.

Henri FILIPPINI

« Thorgal T40 : Tupilaks » par Fred Vignaux et Yann

Éditions du Lombard (12,95 €) — EAN : 978-2-8082-0347-0

Parution 18 novembre 2022

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