« Le Premier Miracle », l’Apocalypse selon Saint-Gilles…

Conséquence, parmi d’autres, de l’intense production BD de ce XXIe siècle, l’édition préfère s’appuyer sur des sujets préalablement connus, tels que l’adaptation romanesque en bande dessinée. C’est ainsi que le scénariste Didier Convard et le dessinateur Olivier Brazao adaptent en diptyque « Le Premier Miracle » :un roman éponyme, signé de l’écrivain Gilles Legardinier.

Récit contemporain d’aventures et de mystères paru en 2016 chez Flammarion, ce thriller ésotérique mêlant documentation historique et dimension imaginaire est ainsi divisé en deux albums de 62 planches, dont le dernier paraît en octobre. Visuellement, qu’en est-il ? Talentueux dessinateur réaliste, Olivier Brazao confirme sa mue graphique,accomplie avec le premier tome, affirmant son coup de crayon. Dans l’esprit graphique d’un Tito (l’auteur de la série « Tendre Banlieue »), le trait fin et minutieux de Brazao s’attache à transcrire une véracité objective, tout en ne sacrifiant pas totalement au clair-obscur. Son trait est juste, élégant, mesuré, sans emphase. Son dessin s’épanouit notamment dans de superbes décors, également magnifié par la couleur nuancée d’Elvire de Cock : alternance de bleus froids, de bruns chauds et de gris neutres.

Quid du récit ? D’emblée, l’esprit « Blake et Mortimer » préside ce diptyque. Disons quelques mots du premier tome…Aujourd’hui, en France, l’agente secrète britannique Karen Holt enlève un historien des sciences (le trentenaire Benjamin), afin de reprendre les travaux de recherches du mentor de ce dernier : le défunt professeur Wheelan. Ce dernier enquête sur le « Premier Miracle » : un inquiétant événement survenu durant l’Antiquité. Mais le duo est contré par une organisation secrète subtilisant de précieux indices et commandée par le mégalomaniaque descendant d’une figure du mal. Cependant, Fanny, thésarde avec Benjamin, aide bientôt à analyser les diverses reliques collectées par les services britanniques… Quant au second tome, il clôt ces investigations. Benjamin, tombé dans le mysticisme, est hanté par une bible des alchimistes et, de surcroît, comprend que certains des objets archéologiques sur lesquels il enquête sont radioactifs, l’arme atomique paraissant associée au Premier Miracle. Le duo tente alors de trouver des réponses,tandis qu’une épée de Damoclès coiffe le monde : rien de moins que l’Apocalypse…

Ce second tome séduira les inconditionnels lecteurs de Legardinier… et les autres : notamment les amateurs du rocambolesque jacobsien.

Pouvons-nous espérer que le duo d’auteurs s’approprie ces héros pour proposer une suite inédite à ce diptyque ?

Jean-François MINIAC 

« Le Premier Miracle » T2 par Olivier Brazao et Didier Convard, d’après Gilles Legardinier 

Éditions Glénat (15,50 €) — EAN : 978-2-3440-4775-0

Parution 26 octobre 2022

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