Vous reprendrez bien un peu de dragon-thé ?

« La Tapisserie du dragon-thé » vient clore une élégante et très originale trilogie centrée sur l’apprentissage de deux jeunes filles dans un monde fantasy inclusif et bienveillant. En effet, l’univers de la fantasy ne se limite pas à des combats entre orcs, gobelins et autres créatures démoniaques. Non, K. O’Neill développe, dans un univers délicat, un récit d’initiation profond et apaisant comme une bonne tasse de thé à 17 heures.

Dans « Le Cercle du dragon-thé », nous avons fait connaissance avec Greta, Minette et leurs amis. Greta est une jeune fille posée qui commence à se former à son futur métier de forgeronne. Sa mère, une forte femme d’origine gobeline, l’initie aux gestes ancestraux autour d’une enclume. La production familiale, de la ferronnerie d’art, est vendue par le fin et distingué père de Greta. En revenant du marché, l’apprenti forgeronne voit deux loups noirs attaquer un pauvre petit animal. Greta sauve le jeune dragon vert aux cornes ornées d’un étrange feuillage. Le lendemain, elle le ramène à son propriétaire.

« La Tapisserie du dragon-thé » page 11.

Le vieil Hesekiel tient un magasin de thé à la sortie de la ville. Il apprend à Greta que la petite créature qu’elle a recueillie est un dragon-thé nommé Jasmine.

C’est un animal rare et fragile dont les feuilles qui poussent sur les cornes sont récoltées pour produire une infusion très particulière.

Une complicité se noue entre le marchand de thé et Greta qui souhaite prendre soin d’un dragon-thé.

En rentrant chez elle croise, une jeune fille amnésique et timide : l’énigmatique Minette.

Par la suite, Greta et Minette nouent, petit à petit, une amitié sincère. Les deux jeunes filles apprennent dans le même temps à mieux connaitre les dragons-thé et leurs propriétaires : Hesekiel et Erik, son compagnon.

Celui-ci est un ancien aventurier resté paraplégique après un combat contre un dragon violent. Depuis, Erik est cloué sur un fauteuil roulant. Il vit et travaille avec Hesekiel dans le magasin de thé.

En un an, tout doucement, au rythme des saisons, Greta apprend beaucoup avec ses nouveaux amis.

On retrouve dans « Le Festival du dragon-thé » l’univers développé dans « Le Cercle du dragon-thé », un monde d’heroic-fantasy enchanteur, inclusif et bienveillant, avec Hesekiel et Erik jeunes. Dans le village d’origine d’Erik, sa nièce réveille un vrai dragon endormi depuis longtemps. Celui-ci est fort mécontent d’avoir perdu son temps dans ce long sommeil. Ses nouveaux amis l’aide à accepter cet état de fait.

Les doutes de Minette...

« La Tapisserie du dragon-thé » vient clore cette trilogie à nulle autre pareille. Greta a grandi, elle est maintenant proche de l’âge adulte. Elle a accepté de prendre soin d’un petit dragon-thé : Ginseng, après la mort de sa maitresse précédente.

La jeune fille est confrontée à plusieurs soucis : elle peine à aider son timide animal à surmonter son deuil et elle est très anxieuse avant de présenter son travail à la forge à un maître-forgeron qui cherche un apprenti.

De son côté Minette doute aussi de son avenir, mais elle se rend compte que c’est en s’ouvrant aux autres qu’elle peut mieux se comprendre.

La sortie du dernier volume de la trilogie et la réédition des deux premiers est l’occasion de s’attarder sur ce qui fait le charme et la qualité de la série.

Les belles planches de K. O’Neill sont dessinées par infographie, sans contours ni de formes ni de cases. Le trait est simple mais expressif, les personnages se détachent sur de grands aplats de couleurs printanières, des ambiances chaudes parfois agrémentées d’entrelacs végétaux du plus bel effet.

Ce récit d’initiation bienveillant est enrichi de thématiques profondes ; sur le deuil, le passage de l’enfance à l’âge adulte, le respect porté à l’autre, la transmission entre les générations ou la recherche d’un épanouissement personnel à construire tout au long de la vie.

Ce dernier thème tient particulièrement à cœur de K. O’Neill, artiste autodidacte de Nouvelle-Zélande qui se considère comme non-binaire. Dans ses œuvres, on trouve de nombreux personnages LGBT + avec une vision très positive de l’inclusivité. K. O’Neill souhaite en effet que ses bandes dessinées jeunesse, que l’on peut lire dès dix ans, inspirent la bonté, l’acceptation de soi et la responsabilité sociale à tous ses lecteurs.

Greta à la forge...

La trilogie a reçu de nombreuses récompenses dans le monde anglo-saxon, dont l’Eisner Award de la meilleure publication pour enfants (9-12 ans) et du meilleur webcomic en 2018. Récompenses méritées pour une œuvre d’une grande poésie, d’une certaine audace et d’une élégante bienveillance.

 Laurent LESSOUS (l@bd)

« Le Cercle du dragon-thé » par K. O’Neill

Éditions Bliss (15,00 €) – EAN :  978-2-37578-210-1

Parution 15 février 2022

« Le Festival du dragon-thé » par K. O’Neill

Éditions Bliss (17,00 €) – EAN :  978-2-37578-239-2.

Parution 15 mars 2022

« La Tapisserie du dragon-thé » par K. O’Neill

Éditions Bliss (18,00 €) – EAN : 978-2-37578-284-2

Parution 15 avril 2022

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