« Neptune » : un diptyque en huis clos…

Ce 25e album de la série « Les Mondes d’Aldébaran » (créée par Leo, en 1994), avec ses plus de trois millions d’exemplaires vendus, marque un tournant. Abandonnant provisoirement les planètes lointaines luxuriantes aux populations insolites, les protagonistes se retrouvent confrontés à un mystérieux vaisseau spatial venu d’ailleurs qui présente de lourdes menaces pour les humains : une aventure intimiste qui ne manque pourtant pas de suspense.

Le 22 juin 2203, les membres de la station orbitale Albert Einstein gravitant au large de Neptune découvrent la présence d’une antique soucoupe volante. À Paris, Manon qui vient de réussir son concours d’agent spécial de l’ONU est contactée par Luc qui lui propose d’entrer dans son groupe de cinq agents spéciaux d’élite. Elle abandonne son projet de rentrer sur Aldébaran afin de rejoindre Luc et ses hommes. Leur première mission consiste d’entrer en contact avec le mystérieux vaisseau et de tenter d’y pénétrer. Une première visite leur permet de découvrir un robot belliqueux, mais aussi les corps inertes d’un couple de jeunes humains aux vêtements rudimentaires. Plus inquiétant, la soucoupe a été envoyée au large de Neptune à partir d’un gigantesque vaisseau-monde qui, malgré sa vitesse réduite, devrait approcher de la Terre après trois années de voyage. Les responsables de l’ONU demandent à Kim de reprendre du service. Elle est invitée à rejoindre Bételgeuse pour prendre contact avec la mantrisse, afin de lui demander ses fameuses gélules de longévité pour venir en aide aux humains dont elle n’apprécie pas le tempérament guerrier. Ensuite, Kim et Manon de nouveau réunies vont devoir pénétrer au cœur du mystérieux vaisseau…

Après les cycles « Aldébaran », « Bételgeuse », « Antarès », « Les Survivants », « Retour sur Aldébaran » et « Neptune », Leo abandonne provisoirement l’exploration de planètes inconnues pour résoudre le temps de deux albums les mystères que recèle cet immense vaisseau venu d’une lointaine galaxie. Que les habitués des « Mondes Aldébaran » se rassurent, l’imagination de l’auteur est toujours aussi riche et les découvertes ne manquent pas au fil des 60 pages de ce premier épisode ! L’occasion pour lui d’abandonner complètement l’encre et le papier pour Photoshop où il se sent plus à l’aise. Les couleurs de Florence Spitéri permettent au lecteur de retrouver l’univers fascinant, à nul autre pareil, mis au point au fil des albums par le dessinateur.

Bien que ne donnant pas d’informations sur le passé des protagonistes, le nouveau venu peut parfaitement aborder la série avec cet album. Les habitués auront le plaisir supplémentaire de retrouver de vieux amis dont ils partagent les aventures depuis bientôt 30 ans.

Luiz Eduardo de Oliveira est né à Rio de Janeiro, le 13 décembre 1944. Militant politique de gauche, il quitte le Brésil et la dictature militaire pour le Chili, revient au Brésil en 1974 où il travaille dans l’illustration. Il arrive en France en 1981, publie ses premières BD tout en œuvrant pour la publicité. Il collabore à Okapi, puis crée « Trent » avec Rodolphe en 1991 aux éditions Dargaud. Tout en animant « Aldébaran » à partir de 1994, il crée « Kenya » avec Rodolphe. Scénariste, parfois avec le concours de Rodolphe ou de Corinne Jamar, il propose « Dexter London » avec Sergio Garcia, « Terres lointaines » et « Ultime Frontière » avec Franck Picard, « Les Missions fantastiques de Kathy Austin » avec Bertrand Marchal, « Mermaid Project » avec Fred Simon, « Europa » avec Zoran Janjetov, « Demain » avec Louis Alloing… À bientôt 75 ans, il projette un nouveau cycle de cinq albums des « Mondes d’Albéradan ».

Henri FILIPPINI

Et à propos de Leo, penchez vous également sur l’article de Philippe Tomblaine : Leo, planètes à part ! « Aldébaran », une analyse de planche…

« Neptune » T1 par Leo

Éditions Dargaud (13 €) — EAN : 978 2 2050 8966 0

Parution 21 janvier 2022

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