Comprendre la mythologie égyptienne et la vie sur les rives du Nil il y a plus de 3000 ans, avec « Nota Bene »…

La vulgarisation historique est un travail délicat. Il faut s’armer de solides connaissances scientifiques pour pouvoir présenter des faits avérés avec suffisamment d’humour pour intéresser les béotiens sur un sujet donné. C’est ce que réussit avec un talent certain Benjamin Brillaud sur sa chaine YouTube : Nota Bene. Succès décliné depuis deux ans en albums de bande dessinée. Le quatrième tome de la série nous plonge au cœur de l’Égypte antique.

La mythologie de l’Égypte antique continue de nous fasciner. Ses dieux à têtes d’animaux, sa cosmogonie originale, mais aussi des pyramides majestueuses, une écriture en hiéroglyphes qui perdurent sur la pierre depuis des millénaires et des momies fascinantes, tout cela concoure à envouter un très grand nombre de personnes. En une cinquantaine de pages les auteurs de « Nota Bene T4 : La Mythologie égyptienne » s’attachent à donner à comprendre les croyances mais aussi les pratiques religieuses et sociales du peuple égyptien ; du paysan à la famille du pharaon. Vaste sujet, rendu accessible par un texte simple et précis et des dessins d’une grande force visuelle.

« Nota Bene T4 : La Mythologie égyptienne » page 4.

Benjamin Brillaud.

Benjamin Brillaud apparait dans la première planche chevauchant un dromadaire devant la pyramide de Kheops. Il interpelle le lecteur afin de lui présenter les caractéristiques principales de l’Égypte antique. Cléopâtre lui demande de ne pas l’oublier. Il acquiesce et précise :

« Si on pense tout de suite à la mythologie égyptienne, c’est qu’elle a aujourd’hui encore un impact sur notre imaginaire… alors qu’elle regroupe les croyances des anciens Égyptiens, qui ont vécu il y a plusieurs milliers d’années avant notre ère. Ce qui est étonnant c’est qu’on pourrait être tenté de se dire qu’on la connait plutôt bien. Pourtant il n’y a rien de plus faux ! Comme pour le cas de Cléopâtre, elle est source de fantasmes, de raccourcis et d’idées reçues. »

Et pour lutter efficacement contre ces idées reçues, le vulgarisateur va présenter les dieux et la société égyptienne dans toutes leurs complexités.

Après avoir présenté le cadre géographique et les principales sources historiques, Benjamin Brillaud s’attaque à la cosmogonie de la mythologie égyptienne ; de l’océan primordial à l’apparition des premières divinités Atoum, Shou Tefnout, Geb et Nout qui seront suivies de beaucoup d’autres. Il détaille ensuite les démêlés familiaux d’Isis, Osiris et Seth puis les caractéristiques de Thot, dieu de la sagesse, d’Hathor, déesse de l’amour, de la danse, de la musique et de la joie sans oublier Anubis, dieu funéraire à tête de chien ou Sobek, le dieu à tête de crocodile.

Cette Olympe des bords du Nil est évolutive, Benjamin Brillaud n’oublie de préciser les changements dans ce riche panthéon des premiers pharaons, 3 000 ans avant Jésus-Christ jusqu’à la conquête romaine puis il évoque la construction des pyramides, les hiéroglyphes, la vie du petit peuple, les croyances populaires, l’embaument et la momification et les représentations de la vie après la mort et là surprise, les Égyptiens ne croyait à l’existence d’un paradis, mais en différentes zones après la mort que le défunt devait atteindre pour connaitre un plaisir éternel.

de « Nota Bene T4 : La Mythologie égyptienne » page14.

Vous l’avez compris l’album est très riche, son propos va bien au-delà de la simple présentation des dieux du panthéon égyptien. Et pourtant, malgré les nombreuses connaissances apportées le récit n’est jamais lourd, la lecture en est toujours fluide grâce à un humour omniprésent.

La bande dessinée suit les principes des courtes vidéos que poste Benjamin Brillaud sur sa chaine YouTube Nota Bene. Fondée en 2014, la chaine est maintenant suivie par plus de 1,8 millions d’abonnés. On y trouve des courts métrages, maximum 15 minutes, présentant des aspects insolites ou des personnages plus ou moins célèbres de l’histoire. Si le propos est solidement documenté, très factuel, l’approche est décalée, l’humour, parfois subtil, omniprésent.  L’auteur, maintenant à la tête d’une petite entreprise qui emploie quatre personnes, entend faire du divertissement en parlant d’histoire c’est-à-dire : « de parler de sujets sérieux sur le fond et cool dans la forme. »

Excellent vulgarisateur, Benjamin Brillaud, avec l’aide du scénariste de bande dessinée Mathieu Mariolle, réussit à rendre accessible les subtilités de la complexe mythologie égyptienne. Au dessin, Phil Castaza (Philippe Castagnet) succède à Christian Paty qui a œuvré sur les trois premiers albums de la série. Il en conserve le trait semi-réaliste qui tend parfois vers la caricature. Le graphisme est joyeusement expressif dans de grandes cases qui permettent sous un pavé narratif historique sérieux de placer des décors précis agrémentés de quelques gags et anachronismes assumés. Après un tome 3 consacré à la mythologie nordique, suivez Benjamin Brillaud dans son œuvre de vulgarisation historique avec cet ouvrage riche, accessible et amusant.

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Laurent LESSOUS (l@bd)

« Nota Bene T4 : La Mythologie égyptienne » par Phil Castaza, Mathieu Mariolle et Benjamin Brillaud

Éditions Soleil (14,95 €) – EAN : 978-2-3020-9451-2

Parution 24 novembre 2021

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Une réponse à Comprendre la mythologie égyptienne et la vie sur les rives du Nil il y a plus de 3000 ans, avec « Nota Bene »…

  1. c écrit trop petit je comprends rien !!!!!!!!!!!!!!!!