Le virtuose Christian Rossi n’en finit pas de réinventer le western… Après « Golden West », il remet en selle le jeune guerrier apache Woan, lequel était déjà le héros de son précédent album (1) et deviendra l’un des frères d’armes de Geronimo. Dans cette somptueuse tragédie en 118 planches (complétées par six autres pages de croquis et recherches), Rossi approfondit son obsession de la destinée crépusculaire des peuples indiens d’Amérique, en y apportant une dimension aussi épique que spirituelle…
Merci à l’auteur de nous avoir accordé une interview — où il nous en dit plus sur ce nouvel album et ses projets — que vous trouverez à la suite de la chronique…
Les vacances c’est bien, mais les journées peuvent paraitre longues pour des enfants coincés dans un village de montagne, loin de tout et sans réseau. À jouer dans la nature environnante, on peut aisément laisser vagabonder son imagination, comme le fait la jeune Léna. Invente-t-elle ou découvre-t-elle réellement un peuple de grenouilles prêt à s’attaquer aux humains ? Vous le saurez en lisant une belle et tendre bande dessinée jeunesse : « Le Complot des grenouilles ».
Après le Marsupilami, Zorglub ou Champignac, c’est au tour de Seccotine de s’évader des « Aventures de Spirou et Fantasio »pour voler de ses propres ailes. Le premier janvier 1953, Seccotine apparaît pour la première fois dans une « Aventure de Spirou et Fantasio » sous le crayon magique d’André Franquin. Puis la piquante journaliste du Moustique revient de temps à autre chez ses successeurs. Il faut attendre 2026 pour la voir, enfin, obtenir les galons d’héroïne de sa propre série. Parfois, l’obstination paie…
Commençons, pour une fois, par la justification de l’auteur : « J’ai porté ce livre pendant trois ans, pour qu’il devienne un hommage à la montagne où chaque sommet des Écrins devient personnage : un hommage à ceux qui n’avaient pas d’autre choix que de partir pour s’en sortir, un hommage à Mona qui incarne ce que la relation de l’homme à l’animal a de plus juste. »
Pendant six mois, dans l’Europe en flammes du printemps 1916, une troupe de jeunes artistes va investir le Cabaret Voltaire : un lieu de culture appelé à devenir mythique, situé à Zurich, dans la rue où demeura Lénine. Poètes, théâtreux, musiciens, peintres ou plasticiens, ils s’en prennent tous aux codes du vieux monde, en présentant des spectacles iconoclastes prônant l’insoumission des esprits et la révolte des sens. Avec cette mise en images et cases — par moments éclatées — de la genèse du mouvement dada (précurseur du surréalisme), le scénariste José-Louis Bocquet et le dessinateur-fondateur du groupe rock-punk Starshooter qu’est Kent ont réalisé une bande dessinée historique marquante sur l’origine de rébellions artistiques contemporaines.
C’est une grande saga ambitieuse, dense et riche, qui commence avec « Le Secret des Sikah ». Blanche Sabbah envisage six volumes pour décrire les romances et les complots, ainsi que les intrigues et les guerres de familles rivales, dans une épopée médiévale teintée de magie. Elle s’approprie pour mieux les dévoyer les codes de l’heroic fantasy. Elle construit ainsi un récit palpitant aux thématiques contemporaines, féministes et écologistes qui surprendra plus d’un lecteur blasé, quelque soit son âge.
« Astérix et le griffon » continue la course des meilleures ventes en tête du peloton, tandis que ses poursuivants du 9e art sont de plus en plus nombreux à squatter le « Top 20 GfK/Livres Hebdo » tous genres confondus. Du manga, d’abord, avec « Dragon Ball Super » T15 (3e), « Spy Family » T6 version ordinaire (6e) et collector (avec jaquette et plaque métal, 15e), « Solo Leveling » T4 (14e), « Tokyo Revengers » T15 (16e) et « Chainsaw Man » T11 (17e). Coté franco-belge, on retrouve « Le Jeune Acteur » T1 (4e), « Largo Winch » T23 (7e), « Les Strates » (10e, meilleure entrée du « Top 20 BD »), « Mortelle Adèle : Show bizarre » (13e) et « Le Monde sans fin » (19e). Trois autres titres rejoignent le palmarès spécifique à la bande dessinée, que nous détaillons ci-dessous.
Commençons par le nouvel album de Pénélope Bagieu qui, pour la première fois de sa carrière, propose un récit autobiographique. Élaboré au fil du temps, durant les temps morts de la promotion des « Culottées » ou de la conception de « Sacrées Sorcières », l’ouvrage le plus personnel de l’autrice est composé de tranches de vie (les fameuses strates) et notamment de traumatismes vécus durant son enfance, son adolescence ou ses débuts de jeune adulte. Tiré à 80 000 exemplaires par les éditions Gallimard (auxquels s’ajoutent 50 000 exemplaires en cours de réimpression), « Les Strates » déboule à la 4e place du « Top 20 BD ».
C’est en 15e position que débarque le nouvel épisode de « Thorgal » signé, pour cette troisième réalisation commune, des repreneurs Yann (aux textes) et Fred Vignaux (aux dessins). Tiré à 115 000 exemplaires par les éditions Le Lombard, cette 38e aventure du Viking enfant des étoiles, intitulée « Neokora », entraîne Thorgal dans une aventure polaire, face à ses origines.
Poursuivant sur la lancée des deux premiers recueils, dont les ventes cumulées ont atteint les 250 000 exemplaires, « Faut pas prendre les cons pour des gens » T3 est bien parti pour être également un grand succès populaire. Toujours aussi amusant (mais il est facile de se moquer, n’est-ce pas ? On est toujours le con d’un autre !), ce nouvel opus signé par Emmanuel Reuzé (et épaulé ici sur certains scénarios par Jorge Bernstein, Vincent Haudiquet et Nicolas Rouhaud), tiré à 110 000 exemplaires par les éditions Fluide glacial, s’incruste à 16e place du palmarès BD.
Enfin, c’est en 18e position du « Top 20 BD » que pointe « Élise et les nouveaux partisans ». Cette évocation d’un parcours féminin (et féministe) atypique, inspiré de la vie de (et racontée par) Dominique Grange, illustrée par son compagnon de longue date Jacques Tardi, a été publiée à hauteur de 150 000 exemplaires par les éditions Delcourt : pour en savoir plus, voir la chronique de Gilles Ratier Dominique Grange : héroïne de la nouvelle BD de Tardi !.
Laurent TURPIN
Top 20 BD (copyright GfK/Livres Hebdo) du 8 au 14 novembre 2021
Bonjour, absolument pas ! Je ne sais pas pourquoi vous dites ça mais les chiffres GfK sont des données en « sorties de caisse », donc des ventes effectives. Sinon, nous l’aurions dit, non ? Bonne journée. LT
Bonjour. Je peux me tromper, mais il me semblait que les chiffres GfK étaient une vision des ventes d’après sondages des sorties caisses de certaines librairies. Dit autrement, ce ne sont pas des chiffres “sorties de caisses”, mais des chiffres extrapolés d’après des sorties caisses. Un peu comme quand on fait un sondage. Ce sont donc (ou seraient donc, car encore une fois je peux me tromper) des chiffres assez précis et qui donnent un très bon aperçu des ventes effectives. Je rejoins donc ce que vous dîtes, Laurent Turpin., c’est juste pour apporter, je crois, une précision.
Bonjour, oui, votre réponse est en effet plus précise. Kroustillon évoque plutôt les mises en place, qui peuvent faire l’objet de retours. De notre coté, nous évoquons les ventes en termes de classement d’albums, rapportons les tirages que nous communiquent les éditeurs mais nous ne bénéficions pas (sauf exception) des chiffres de ventes.
Faut pas se fier au terme « meilleures ventes », ce sont simplement les plus gros stocks de livres en magasin, donc sortis de chez l’éditeur
!
Bonjour, absolument pas ! Je ne sais pas pourquoi vous dites ça mais les chiffres GfK sont des données en « sorties de caisse », donc des ventes effectives. Sinon, nous l’aurions dit, non ? Bonne journée. LT
Bonjour. Je peux me tromper, mais il me semblait que les chiffres GfK étaient une vision des ventes d’après sondages des sorties caisses de certaines librairies. Dit autrement, ce ne sont pas des chiffres “sorties de caisses”, mais des chiffres extrapolés d’après des sorties caisses. Un peu comme quand on fait un sondage. Ce sont donc (ou seraient donc, car encore une fois je peux me tromper) des chiffres assez précis et qui donnent un très bon aperçu des ventes effectives. Je rejoins donc ce que vous dîtes, Laurent Turpin., c’est juste pour apporter, je crois, une précision.
Bonjour, oui, votre réponse est en effet plus précise. Kroustillon évoque plutôt les mises en place, qui peuvent faire l’objet de retours. De notre coté, nous évoquons les ventes en termes de classement d’albums, rapportons les tirages que nous communiquent les éditeurs mais nous ne bénéficions pas (sauf exception) des chiffres de ventes.