Tintin, c’est incontestablement l’aventure…

Comme il est dit dès l’édito, la communauté scientifique souffre depuis le début de la crise sanitaire de remises en cause, de méfiance, de défiance et, c’est pourquoi ce huitième numéro de Tintin c’est l’aventure lui consacre son gros dossier : l’occasion, évidemment, d’observer ce que les aventures d’Hergé révèlent sur le sujet, au-delà de son loufoque génie, le professeur Tournesol qui occupe évidemment une place de choix dans ce numéro…

Christophe Quillien redessine ainsi ce « Tintin, aventurier de la science » et le rôle important qu’ont la recherche et l’innovation dans ses aventures, jusqu’à l’étonnant diptyque lunaire. Experts ou farfelus, quelquefois les deux, les personnages d’Hergé sont certes mémorables, mais ils nous interrogent encore sur le rôle et les missions de ces « savants plus ou moins dans la Lune » (dixit la Castafiore). En interrogeant Pierre Papon, éminent scientifique, la réponse est très vite apportée : il vaut mieux « parier sur la science » qu’en nier l’intérêt !

Côté BD, ce numéro offre une interview et dix planches inédites de Miles Hyman (avec une sorte de Milou robot et une installation lunaire fascinante), ainsi qu’un entretien et des dessins parisiens d’Emmanuel Guibert, sans oublier l’interview de l’autrice Cy sur son album « Radium Girls », chez Glénat. Côté Histoire et civilisations, deux gros sujets : la guerre du Chaco en Bolivie dans les années trente et les Sioux, ceux d’aujourd’hui, en lutte notamment contre un oléoduc ; deux sujets auxquels font écho évidemment les albums d’Hergé.

Côté voyages, enfin, la revue a invité Philippe Gougler : l’animateur (évidemment nourri par les aventures tintinesques) de la très intéressante série documentaire « Des trains pas comme les autres ». Il faut retenir aussi l’article passionnant sur « Le tourisme noir ou l’attrait pour la désolation ». Le dark tourism est en effet très à la mode : lieux de catastrophes, quartiers pauvres ou lieux de mémoire traumatique attirent plus qu’on ne pense et l’auteur s’interroge sur les raisons qui nous poussent à aimer le macabre.

Fin août, le n°9 aura pour thème Tintin et la révolution, des Soviets aux Picaros, avec  des planches inédites de Nicolas Barral. Rappelons enfin la chronique consacrée ici-même à « Hergé au sommet » paru aux éditions Sépia.

Didier QUELLA-GUYOT ; http://bdzoom.com/author/DidierQG/

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Tintin c’est l’aventure  n° 8

Prisma Editions (15, 99 €) – EAN : 9782810431670

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