Michel Bussi adapté en BD jeunesse : « N.É.O. », une dystopie parisienne bien construite…

Michel Bussi est l’un des romanciers français les plus lu. À l’automne dernier est paru « N.É.O. », son premier roman pour la jeunesse. Cette dystopie young adult a été très vite adaptée en bande dessinée par le duo Maxe L’Hermenier – Djet qui s’était déjà approprié « La Rivière à l’envers », autre succès de l’écrivain normand. Lire « N.É.O. », c’est découvrir un Paris postapocalyptique uniquement peuplé de bandes de gamins.

Dans un futur proche, l’humanité a été décimée par un poison inodore, incolore, indétectable, qui s’est mélangé à l’air. Tous les adultes ont disparu, plus ou moins rapidement, laissant seuls à la surface de la Terre, les enfants encore en gestation au moment du drame. 12 ans plus tard, deux bandes rivales occupent un Paris gagné par une revégétalisassion galopante. L’une habite le tipi, c’est-à-dire la tour Eiffel, l’autre le château, rien de moins que le Louvre.

Les deux groupes de gamins se méfient l’un de l’autre. L’un est végétarien, vit de ses cultures alors que l’autre, carnivore, mange le produit de ses chasses dans les rues et les bois de l’ancienne capitale.

Or, un danger les menace. Une étrange maladie frappe les animaux et fait peser un risque de famine sur le clan du tipi. Ils en viennent à soupçonner ceux du château d’être à l’origine d’un empoisonnement. Un jeune garçon, Zyzomis dit Zyzo, est envoyé espionner le clan adverse. Il s’introduit dans l’ancien musée mais est vite fait prisonnier.

Zyzo se lie d’une amitié sincère avec Alixe, la reine sans réelle pouvoir du château. Elle lui en apprend beaucoup sur la pandémie à l’origine de leur monde ainsi que sur le fonctionnement de son groupe. Curieux et intéressé, Zyzo découvre une organisation plus démocratique, les bienfaits d’une éducation collective ainsi qu’un fonctionnement social basé sur la confiance. Il va désormais œuvrer au rapprochement des deux clans au bord d’un affrontement fratricide.

Zyzomys pénètre dans le château du Louvre, ...

Maxe L’Hermenier et Djet récidivent avec talent. Après leur belle adaptation de « La Rivière à l’envers », ils ont trouvé le ton juste et le rythme adéquat pour transposer le premier volume de la tétralogie annoncée « N.É.O. », première incursion de Michel Bussi en littérature jeunesse.

Cette dystopie nous présente dans un Paris reconquis par la végétation depuis 12 ans, l’affrontement larvé entre deux groupes de gamins que tout semble opposé. Beaucoup de surprises et de rebondissements dans cette version urbaine et futuriste de « Sa majesté des mouches ».

Les auteurs détaillent le parcours et la psychologie d’une dizaine de personnages, de quoi intéresser de jeunes lecteurs en plus d’une intrigue dense qui révèle au compte-goutte les mystères de ce monde sans adulte.

« Faut jamais oublier de saluer Mona !»

Entre influences du manga, des jeux vidéo et du classicisme de l’école franco-belge, le dessin rond et coloré de Djet dynamise un récit de science-fiction qui aborde intelligemment des thématiques pertinentes comme l’importance de l’amitié, la nécessité de l’éducation, l’amour au cœur de toute vie humaine, la puissance d’une nature mise à mal par l’activité humaine mais aussi et c’est plus subtil le côté obscur de toute société humaine traversée par les intrigues, la manipulation et la volonté de puissance.

« Néo T1 : La Chute du soleil de fer » page 27

Nous vous conseillons de faire connaissance avec Alixe, Zyzo et leurs camarades dans des rues de Paris que l’on se plait à reconnaitre. Le deuxième volume de la série nous les présentera deux plus tard, à 14 ans, quand ils se lanceront dans des explorations plus lointaines, découvriront des mystères de leur passé et aussi leurs premiers sentiments amoureux. Cela promet…

Un tournoi dans la cour carrée du Louvre...

Laurent LESSOUS (l@bd)

« N.É.O. T1 : La Chute du soleil de fer » par Djet et Maxe L’Hermenier, d’après Michel Bussi

Éditions Jungle (14,95 €) – EAN : 978-2-822-23259-3

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