La 40e symphonie de Mozart en musique et en images pour les petits et les grands…

C’est une des œuvres les plus connues du compositeur viennois ; la 40e symphonie de Mozart peut s’apprécier dès le plus jeune âge. Sur proposition du directeur de l’Orchestre national de Picardie, deux auteurs de BD se sont inspirés de ce chef d’œuvre pour concevoir un album sans paroles pour tout public dès le plus jeune âge. L’album « À l’unisson » peut se lire en silence, on peut aussi en partager la lecture avec ses enfants ou mieux encore le feuilleter en musique.

La petite Luce est l’héroïne des albums « Passe-passe », « Dessus-dessous » et « Pas de deux » des mêmes auteurs chez le même éditeur. Nous la retrouvons au début de l’album bien sage, un soir à l’heure du coucher. La maison familiale est située dans une clairière, à proximité d’une forêt peuplé d’animaux sauvages. Pendant que son papa commence à écouter l’enregistrement sur disque vinyle de la 40e symphonie de Mozart, Luce monte à l’étage se laver les dents. La musique berce la tendre histoire que lui lit sa maman dans son lit. La petite fille s’endort alors paisiblement. Un violent orage éclate et le bruit la réveille. Sa chambre se peuple d’ombres menaçantes ; ses peluches deviennent inquiétantes et sa propre ombre devient cauchemardesque. Pour se défendre, Luce s’empare de l’un de ses jouets, une baguette de fée qu’elle utilise comme pour diriger un orchestre. Elle se retrouve transporter en pleine nature…

« À l’unisson » page 6.

Commence alors le deuxième mouvement de la symphonie, – Andante -, Luce recherche sa baguette volée par des oiseaux, afin de combattre sa peur matérialisée par son ombre noire gigantesque. Dans le menuet du troisième mouvement, elle mène cette ombre à la baguette sur la scène d’une salle de spectacle. La fillette affronte victorieusement ses peurs les plus enfouies dans le dernier mouvement, – Allegro assai -, Mozart peut récupérer sa partition et diriger un orchestre symphonique bien installé sous les frondaisons des premiers arbres de la forêt.

Amadeus

Cette bande dessinée muette à une genèse originale. Pierre Brouchoud a eu un coup de cœur pour le travail de Delphine Cuveele et Dawid sur les trois volumes de leur série « Les Mômes ». Le directeur de l’Orchestre national de Picardie leur a proposé de créer une bande dessinée en écoutant la 40e symphonie de Mozart. Défi relevé haut la main par le duo d’auteurs.

La scénariste s’est d’abord imprégnée de la musique puis s’est questionné sur ce que lui évoquaient ces notes : « Il était assez facile de remarquer la tonalité dramatique, quelque chose à la fois de très léger, et de très en tension. Pour écrire une histoire, il faut trouver un fil, et après on déroule (..) J’avais peur de ne pas trouver d’idées. À partir de là, le fil premier est arrivé : je me suis demandé de quoi j’avais peur quand j’étais petite. Et comme beaucoup d’enfants, j’avais peur quand il y avait de l’orage la nuit à cause des ombres projetées dans la chambre. C’est la première scène de l’histoire. »

L'orage qui déclenche les peurs de Luce...

Luce s'empare d'une baguette féerique...

Le récit suit la forme de la symphonie, les quatre mouvements musicaux rythment quatre séquences narratives distinctes, par exemple le menuet est matérialisé par une scène de danse endiablée. De même, le dessin de Dawid colle aux rythmes et aux thématiques de Mozart : la durée des mouvements est respectée tout comme le tempo de certains passages. Le dessin tout en douceur est ici un contrepoint intelligent, jamais redondant à une musique immersive.

« À l’unisson » pages 30-31.

Il existe une édition collector de « À l’unisson » qui est vendue avec un DVD permettant de visionner le spectacle, un BD-concert lors duquel sont projeté des planches de l’album sur grand écran. Le DVD contient aussi divers bonus : Interviews, jeux, making-off, … Pour les Picards ou les présents au prochain festival BD d’Amiens, signalons un concert symphonique avec projection de l’album le 5 juin prochain à la Maison de la culture d’Amiens. Et pour le pédagogues, une visite du dossier pédagogique « À la rencontre de la symphonie classique et d 9e Art » s’impose !

« À l’unisson » final champêtre !

Encore un mot pour vous signaler chez le même éditeur la sortie d’un livre pour des lecteurs un peu plus vieux, autour de dix ans. Récit tendre, émouvant et drôle, « Les Bonshommes de pluie » narre l’été d’Héloïse, entre enfance et adolescence. Sur la Côte d’Opale, en vacances dans un camping près de Calais, la pré-adolescente est anxieuse par rapport à un avenir incertain. Des camarades lui font peur avec des histoires de fantômes qui hanteraient des maisons abandonnées sur le littoral : les bonhommes de pluie. Héloïse va découvrir ce qui se cache derrière ces étranges silhouettes, ce qui lui fait changer sa façon de voir les choses et rentrer un peu plus vers l’âge adulte. Une bande dessinée jeunesse subtile avec de l’aventure et une thématique sociétale d’une grande actualité.

«Les Bonhommes de pluie » page 13

Laurent LESSOUS (l@bd)

« À l’unisson » par Dawid et Delphine Cuveele

Éditions La Gouttière (10,70 €) – EAN : 978-2-35796-019-9

« À l’unisson, édition DVD » par Dawid et Delphine Cuveele

Éditions La Gouttière (19,70 €) – EAN : 978-2-35796-032-9

« Les Bonhommes de pluie » par François Duprat

Éditions La Gouttière (13,70 €) – EAN : 978-2-35796-022-0

 

 

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