Poursuite castillane avec « Elio le fugitif »  !

Conclue en cinq volumes, la série « Elio le fugitif » ne fait pas dans la dentelle. Ça bastonne et ça charcute à tout va. Elio, le héros de cette aventure, a pourtant un bon fond et une morale irréprochable, malgré son passé qui l’a conduit directement en prison. Un shonen pur jus qui nous entraîne dans une quête menée tambour battant dans une Espagne médiévale surréaliste.

L’histoire début au XIVe siècle, en Castille, dans la bien nommée prison d’Hell Dorado. Une immense brute s’apprête à affronter un jeunot presque gringalet. Contre toute attente, c’est ce dernier qui remporte le combat et surtout un ticket vers la sortie. En effet, le règlement de cette prison stipule qu’il est possible d’être libéré si on arrive à vaincre mille adversaires en combat singulier. Or, cela n’était jamais arrivé avant qu’Elio ne réussisse cet exploit. Doté d’une force et d’une agilité surhumaines, le jeune homme va peu profiter de sa liberté. Croisant la route de Lara, une jeune fille noble accusée à tort d’un meurtre, il décide de la sauver en s’enfuyant avec elle. Durant leur cavale, ils vont croiser la route d’une tueuse à gages qui va révéler les origines insoupçonnées de la jeune fille.

Course-poursuite, combats et complots sont au menu de ce manga. Même s’il a situé son action dans l’Espagne du Moyen Âge,  Masami Hosokawa s’affranchit de toute vraisemblance historique pour simplement raconter son histoire, telle qu’il l’entend. La plupart des personnages ont des aptitudes surhumaines et il ne faut pas chercher un brin de crédibilité. Les combats sont montés de façon à être, avant tout, spectaculaires. On est plus proche de l’univers de « Ken le survivant », avec ses têtes qui tombent au moindre coup de lame ou aux poings qui terrassent des montagnes de muscles en une seule frappe. C’est dynamique et l’histoire avance rapidement. Que demander de plus : une intrigue en béton ? Et bien elle est également présente  : Lara serait, en fait, de sang royal  ! Voilà qui explique beaucoup de choses, et notamment pourquoi de nombreuses personnes sont à ses trousses.

« Elio le fugitif » est le premier manga publié en France de Masami Hosokawa. Pourtant, au Japon, cet auteur est réputé pour ses séries modernes mettant en scène des voyous dans la plus pure tradition du manga de Furyo. Sa série « Sugarless », se passant dans un lycée où règne la loi du plus fort, est l’un de ses plus gros succès. Avec 18 volumes et une adaptation live, elle a renouvelé un genre très populaire auprès des adolescents. Avec « Buriki no Archist », c’est au baseball qu’il s’est attaqué avec une série de 14 volumes. On est loin des séries de sport traditionnel et bien gentilles comme Mitsuru Adachi sait si bien les faires. Même « Rookies » de Masanori Morita paraît sobre à côté. En déplaçant l’action de sa dernière création en Castille, il peut dépeindre un monde chevaleresque sans réelles contraintes. C’est pourtant une série assez courte, avec seulement cinq tomes. On peut espérer que les deux autres grands succès de Masami Hosokawa ont leur sortie déjà planifiée, si « Elio le fugitif » conquiert le coeur du lectorat français.

Les éditions Glénat ont fait un excellent travail d’adaptation pour cette saga héroïque. Même si le format reste traditionnel, la couverture est rehaussée d’une encre métallique qui fait briller les chaînes que porte le héros, ainsi que son nom et les enluminures l’entourant. À recommander aux fans de baston et de princesses en détresse.

Gwenaël JACQUET

« Elio le fugitif » par Masami Hosokawa
Éditioins Glénat (6,90 €) – EAN 9782344045510

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